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Evènement - L’enfer des tranchées reconstitué dans l’Isère

Isère le 27 février 2014 - La Rédaction - Actualités - article lu 2124 fois

Il y aura des tranchées creusées pour plusieurs mois, seize postes militaires reconstitués avec mannequins, illustrations sonores et panneaux pédagogiques, un film, un spectacle son et lumière et des expositions thématiques « Regards de Mémoire 1914-2014 » (mémoires de femmes, d’enfance, de guerre, du quotidien, d’aviateurs, brisées, du monde, d’ici, des troupes alpines), qui permettront de revenir sur différents aspects de ce qui s’est passé alors, en collaboration avec des musées (Pégoud, dauphinois, mémorial Le Linge) et en partenariat avec les ONAC (offices nationaux des anciens combattants) de l’Isère et du Rhône, avec le Souvenir français.

Financé et parrainé par le ministère de la Défense, la région Rhône-Alpes, le conseil général de l’Isère, des entreprises, ce sera le seul événement de cette envergure, en-dehors de ceux organisés sur les anciennes zones de front et à Paris. Ce pari pour le centenaire de la Grande Guerre vient alors que les Historiales organisent, depuis 25 ans, des spectacles son et lumière. Le projet débute en 2009, avec Christian Bocuse, président, Serge Revel, à l’écriture et Denis Neyret-Belot, pour les plans. L’entreprise de travaux publics Giroud-Garampon de Massieu a creusé les tranchées, avec l’aide de conducteurs bénévoles, dont certains participent au spectacle. L’événement, labellisé par le comité national du Centenaire, est le plus important dans le Sud-est de la France. Cinq personnes en insertion seront embauchées pour l’entretien du site et quatre jeunes, en contrat service civique, pour l’accueil et la médiation culturelle. Une trentaine d’associations locales les épauleront : « Les textes sont vérifiés à Paris par la direction de la Mémoire, du Patrimoine et des archives du ministère de la Défense », explique Serge Revel, auteur des écrits des expositions, de l’histoire des frères Joseph, etc. Des élèves du lycée des métiers Elie-Cartan (La-Tour-du-Pin) ont confectionné pantalons et autres, la MFR de Saint-André-le-Gaz, des fusils Lebel. Des collèges du secteur, le lycée du Guiers Val-d’Ainan (Le-Pont-de-Beauvoisin) se chargeront de la scénographie en avril. La projection du film, Les fragments d’Antonin, de Gabriel Le Bomin (2005), se déroulera à la salle des fêtes. En 1919, Antonin revient des combats sans blessure apparente. La sienne est intérieure, enfouie. Le professeur Labrousse, pionnier dans le traitement des chocs traumatiques de guerre, se passionne pour son cas. Sa méthode, nouvelle et controversée, doit lui faire revivre les moments les plus intenses de sa guerre pour l’en libérer. Déjà, 4 000 scolaires sont inscrits pour visiter la réalisation.

Regards de Mémoire 1914-2014, du 1er mai au 26 octobre 2014, du mercredi au dimanche, 10-18 heures. www.leshistoriales.fr, www.14-18-lenferdestranchees.fr.

Les frères Joseph, 1914-1918

Joué en 2013, le spectacle historique, Les frères Joseph, au cœur de la Grande Guerre, revient cet été. Quatre frères sont partis sur le front à la guerre, alors que leur famille est restée au village.

Le village, reconstitué (ferme en pisé, forge, café, école et mairie), les tranchées et la guerre revivent avec effets spéciaux et 120 comédiens amateurs. Les frères Joseph viennent d’une famille emportée dans la Grande Guerre. Alphonse, l’aîné, Louis, Pierre et Clément, le petit dernier, 16 ans en août 1914, portent en second prénom, celui de leur père, Joseph Trilloux, agriculteur en Dauphiné. Le 2 août 1914. La guerre est déclarée. Les trois grands partent à Chambéry puis pour le front. L’aîné est rapidement tué, Pierre est fusillé en 1917. Clément n’a qu’une envie, s’engager. Il reviendra brisé. Seul, Louis, gueule cassée, reprendra goût à la vie grâce à l’amour de sa femme, la naissance de son fils. Cette période de l’histoire, si proche, a marqué des générations et des peuples. Dans les communes de France, un monument rappelle le million et demi de jeunes hommes morts. Ils sont autant ailleurs (Allemands, Anglais, Belges, Canadiens, Américains, Russes, Turcs, Africains...). Ceux qui sont revenus sont blessés dans leur chair. Une guerre est-elle une solution aux problèmes ? Elle est belle dans l’imagerie populaire (soldats fiers défilant, actes héroïques, exemplaires) et de loin. Un conflit limité aux Balkans s’est étendu au monde. L’assassinat d’un archiduc, à Sarajevo, en juin 1914, a embrasé la planète. Dédié aux hommes frappés dans leur jeunesse, héros anonymes morts pour rien, aux blessés, veuves et orphelins, le spectacle invite à réfléchir, à comprendre, porte un regard sur la folie meurtrière de gouvernements, dictatures… qui perdure encore aujourd’hui. Il dit aux jeunes que la guerre n’est pas une réponse, que le vrai courage réside dans la recherche de la paix. Le son et lumière des Historiales, créé en 1989, est aujourd’hui le premier de Rhône-Alpes avec plus de 100 000 spectateurs cumulés.

Les frères Joseph, spectacle historique, son et lumière, 2ème saison, 9 représentations du 16 au 26 juillet 2014.

Evénements 2014 labellisés Centenaire en Isère

« Comme en 14 » : des montagnards dans la Grande Guerre. Lectures et chants. Les conséquences à l’arrière en Matheysine. Collège Louis Mauberret, La Mure, 22 mai 2014.
« Mobilisation générale ! » Exposition. Musée des troupes de montagne, fort de la Bastille, Grenoble, 18 juillet-17 août 2014.
« Regards de Mémoires. » Reconstitution de tranchées, expositions thématiques et projection d’un film. Les Historiales, Pressins, 1er mai-26 octobre 2014.
« Poilus de l’Isère. » Exposition, livre et rencontres autour des soldats isérois engagés. Musée de la Résistance et de la Déportation de l’Isère, Grenoble, 12 novembre 2014-18 mai 2015.
« Com’évocations » de quelques grands événements, spectacle de l’association Mémoire et Souvenirs. Saint-Martin-d’Uriage, centre culturel le Belvédère, 1er avril 2014-1er juillet 2019.
www.centenaire.org.

Label, la marche à suivre

Pour 2014, la labellisation est close. Une ultime session pourrait avoir lieu pour des événements de fin d’année. Les associations déposent leur dossier avec projet et moyens de financement. Sous l’égide du préfet, le comité (ONAC, associations liées au Premier conflit mondial, conseil général, Education nationale, collectivités locales…) instruit les demandes, retient les plus pertinentes et les fait remonter aux ministères de la Défense et de l’Intérieur. Les projets labellisés utiliseront le logo et seront répertoriées sur le site du centenaire. Ensuite, peut intervenir la demande de financement. « Les critères sont nationaux (rigueur historique et scientifique, valorisation du patrimoine, originalité, rayonnement territorial, partenariat, ouverture au public, dimension pédagogique…) », précise Alphonse Martinez, chargé de mission à la préfecture. « Tous ne sont pas labellisés. Certains ne demandent que le label », souligne Renaud Pras du service départemental de l’Isère de l’office national des anciens combattants et victimes de guerre. Le conseil général devrait éditer un document recensant les projets dont il aura eu connaissance.

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http://bit.ly/NAmbL9

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