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Eumetrys redonne une seconde jeunesse aux équipements de pointe pour les semi-conducteurs

Isère le 28 août 2015 - Laurent Marchandiau - Industrie - article lu 371 fois

Eumetrys redonne une seconde jeunesse aux équipements de pointe pour les semi-conducteurs
DR - De gauche à droite, Yannick Bedin, fondateur d'Eumetrys et son associé Fabrice Diasparra.

Redonner un second souffle et un support technique aux anciennes machines dédiées à la mesure des dimensions critiques et à l'alignement de couches sur plaques silicium. C'est l'objectif d'Eumétrys. La start-up fondée en 2012 et implantée récemment au Tarmac de Meylan, la pépinière d'entreprises d'Inovallée compte s'agrandir dans les prochaines années. Entretien avec Yannick Bedin, son fondateur.

Comment avez-vous créé Eumetrys ?

Eumetrys est née en novembre 2012 lorsque j’ai quitté un équipementier du monde du semi-conducteur. Mon expérience professionnelle m’a permis de devenir un spécialiste en lithographie pour l’industrie des semi-conducteurs où j’utilisais déjà des équipements de pointe permettant de mesurer les dimensions critiques et l’alignement des couches sur les wafers, ces plaques de silicium où sont gravées les puces. J’ai décidé de créer ma propre structure en capitalisant sur mes compétences professionnelles en partant du constat que les machines d’anciennes générations, encore en service dans l’industrie du semi-conducteurs, ne bénéficient plus, pour la plupart, d’un support technique des fournisseurs et fabricants.

Que proposez-vous ?

Depuis notre création et pendant un an et demi, nous agissons comme prestataire de services en assurant le support de plus de 40 équipements de marque IVS. Nous servons les « Fab » des semi-conducteurs utilisant des équipements d’anciennes générations que ce soit des unités pilotes élaborant des puces sur des substrats exotiques, étant de meilleurs isolants, à base de Lithium Niobate, GaAs et SiC (Silicon Carbide). Nous leur assurons le SAV en récupérant des pièces et en remettant en état de marche les machines.

Pourquoi vous êtes-vous installés au Tarmac ?

Notre implantation récente au Tarmac cet été participe à une stratégie d’agrandissement de notre société en créant, avec mon futur associé, Fabrice Diasparra, un établissement secondaire. Le choix de Meylan s’est imposé naturellement du fait de la présence de la plupart de nos clients tels que le CEA-Leti et Ulyss. Cet établissement nous permettra de prendre en sous-traitance, d’autres types d’équipements similaires du monde du semi-conducteurs, de les remettre à neuf pour les proposer ensuite à des prix avantageux.

Pour cela, nous avons besoin de créer un laboratoire d’ici l’année prochaine permettant la réparation et l’entretien de ces machines de pointes. Actuellement, nous sommes en discussion avec nos partenaires bancaires pour obtenir un prêt tandis que nous investirons en fonds propres environ un tiers de la somme nécessaire.

Quels avantages ont les entreprises à utiliser et à acquérir des machines d’anciennes générations ?

L’industrie du monde des semi-conducteurs génère beaucoup de matériel sur le marché de l’occasion. Les gros fabricants délaissent les anciennes technologies pour des procédés de pointe, le support des anciens outils est délaissé au bout de quelques années. Parallèlement, beaucoup d’acteurs acquièrent et utilisent encore ces machines pour des besoins différents (MemS, Led, etc.) Celles de marque IVS s’avèrent très performantes et fiables tout en ayant un bon rapport qualité/prix en occasion. Nous assurons la maintenance de ces outils en remplaçant les pièces défectueuses tout en apportant notre expertise technique aux structures n’ayant pas de temps à perdre à ce niveau.

Quels sont vos objectifs ?

En 2014, nous avons réalisé un chiffre d’affaires (CA) de 220 000 €. Cette année, nous comptons atteindre entre 220 000 et 240 000 € de CA et prévoyons de dépasser les 300 000 € d’ici un an. Pour cela, nous devons vendre deux machines par an. Actuellement, nous assurons le support pour 40 machines de marque IVS en Europe. Nous en avons vendu trois depuis la création de notre société.

Propos recueillis par Laurent Marchandiau

De l’importance de l’alignement

La lithographie, c’est-à-dire, la gravure de puces sur un substrat en silicium par exemple, nécessite des techniques de pointe. C’est à cela que servent les équipements proposés par Eumetrys. « Les puces électroniques sont créées par un empilement de couches successives. Il est nécessaire que l’alignement des couches soit parfaitement réalisé sans quoi, les puces s’avèrent moins performantes voir défectueuses », précise Yannick Bedin, fondateur d’Eumetrys. Les outils de marque IVS permettent de réaliser ces opérations chirurgicales.



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