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L'université à Grenoble est une et indivisble

Isère le 27 novembre 2015 - Caroline THERMOZ-LIAUDY - Société - article lu 103 fois

L'université à Grenoble est une et indivisble
Caroline Thermoz-Liaudy - « On ne fait pas seulement la somme de Grenoble 1, 2 et 3. »

C'est fait. Le 3 novembre, les statuts de l'Université Grenoble Alpes (UGA) ont été adoptés pour faire naître un grand ensemble couvrant toutes es disciplines. L'objectif est double : concurrencer les grandes universités mondiales, et rééquilibrer le ratio sciences humaines / sciences dures. Explications de Claudine Schmidt-Lainé, recteur de l'académie, et présidente (intérimaire) de l'université.

Les étudiants grenoblois le savent bien, la « fac » dans la capitale des Alpes, c’est un campus situé à Saint-Martin-d’Hères, des bâtiments un peu partout dans l’agglomération à Grenoble, Echirolles ou encore La Tronche, et surtout trois universités associées à un numéro comme à un nom illustre : Joseph-Fourier Grenoble 1 (dédié principalement aux sciences dures : médecine, chimie, physique…), Pierre Mendès-France Grenoble 2 (sciences sociales, sciences politiques droit…) et Stendhal Grenoble 3 (lettres, arts, langues, communication…). Mais tout ça, c’est du passé ! Dorénavant, les Grenoblois sont tous, quel que soit le cursus, des étudiants de l’UGA. Une fusion qui était déjà évoquée il y a 20 ans par des présidents d’universités, mais qui a été réalisée en l’espace d’un an par la volonté des présidents actuels et de l’ancien recteur Daniel Filâtre.

« Ces fractures entre les universités datent des années 60-70. A Grenoble, les établissements étaient complémentaires, même si Grenoble 2 et 3 étaient tous les deux sur des sciences "douces". Il y a donc encore plus d’intérêt au rapprochement car il  a des croisements sur les thèmes de recherche. La volonté a été de fusionner, dans un regroupement pas seulement administratif, mais vraiment stratégique. On pense par exemple à la visibilité internationale. La signature unique permettra d’être référencé dans les différents classements. Mais il n’y a pas que cela et je pense notamment à la stratégie de formation et de recherche. »

Des frontières plus poreuses entres les différents cursus, pour permettre aux étudiants de ne pas rester dans le carcan d’une formation prédéfinie. Des possibilités qui selon C.Schmidt-Lainé, devraient aussi réduire l’écart constaté entre les enseignements. « Il y a une proportion de 35 % de sciences humaines et sociales, alors qu’elles concernent deux universités, et 65 % de sciences "inhumaines". Dans la fusion, il y a la volonté de changer le curseur de place, car ce ratio ne nous permettra pas de répondre aux questions actuelles de la société». Un rééquilibrage non anodin, et dont la mixité a été élaborée jusque dans la conception des différents conseils.

L’impact sur la recherche… et les RH

L’enjeu concerne aussi les entreprises, laboratoires et autres organismes partenaires des universités. CEA, CNRS, INRIA… Autant d’acronymes impactés par leurs liens avec les différentes cotutelles. « Il n’y a pas eu du tout de résistance de leur part, au contraire. » Les différentes collectivités pourront être rassurées par l’exemple : le regroupement fonctionne. Même si, ici, le but n’est pas économique. « La question budgétaire est importante, d’autant que l’une d’entre elle est plus en difficulté (Grenoble 3, Ndlr), mais les économies n’étaient pas les objectifs de la fusion. Le suivi de l’université en déficit se poursuivra au sein de l’université fusionnée. »

En revanche il y aura une remise à plat de la gestion des personnels. « Il y avait une disparité de traitement, de grilles, de régimes de primes…En fusionnant, nous allons remettre à plat, et de façon acceptable dans le dialogue social. Nous l’avons fait au mieux-disant, ce qui va dire que ça va même coûter un petit peu, mais ça s’absorbe assez facilement. C’est marginal mais c’était nécessaire pour rendre la fusion faisable. »

Caroline Thermoz-Liaudy
 

Du logo au projet

Un appel avait été lancé pour le choix du logo, qui a permis de se rendre compte de l’intérêt du public pour l’université. Plus de la moitié des personnes qui se sont prononcées étaient extérieures à l’université, preuve que la ville se sent concernée par son campus. Normal dans une métropole structurée par la recherche, les laboratoires et la poursuite de l’excellence. A ce propos, la communauté d’universités et établissements (ComUE) a déposé un projet aux Initiatives d'excellence (Idex) nommé « Université Grenoble Alpes : université de l’innovation ». Le 22 octobre dernier, une nouvelle version a été déposée. La demande financière en capital à l’Etat s'élève à 656 M€. Les résultats devraient être annoncés en janvier 2016.
 



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