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Etrablin - Sylvain Laignel, maire et chef d’entreprise

Isère le 07 juin 2014 - Eric Séveyrat - Centre-Isère - article lu 1670 fois

Sylvain Laignel, le nouvel édile estrablinois n’est pas  un novice dans la politique locale, puisqu’il a effectué un mandat plutôt « offensif » à Vienne, comme conseiller d’opposition pendant le second mandat du maire de Vienne Jacques Remiller (UMP).

« Cependant, il y a une espèce de tradition à ViennAgglo, explique le maire, où il y a toujours des vice-présidents plutôt de gauche, Christian Trouiller (le prédécesseur de Thierry Kovacs) avait initié cette pratique. » Habitant Establin depuis 5 ans, Sylvain Laignel s’est naturellement rapproché de la municipalité locale jusqu’à briguer la mairie. Le maire est aussi vice-président chargé du développement économique : « A ViennAgglo, les élus s’efforcent d’oublier les étiquettes politiques, assure le maire d’Estrablin, de faire fi des idéologies au profit d’un bien commun à défendre : l’agglomération. L’emploi et l’entreprise, je ne vois pas d’autres issues pour s’en sortir aujourd’hui […] le rôle de l’agglo sera alors de consolider l’emploi existant, de valoriser le territoire, par ses atouts géographiques, touristiques… »
On a coutume de dire qu’une collectivité ne fonctionne pas comme une entreprise et vice-versa. La finalité n’est évidemment pas la même : « Cependant, on pourrait appliquer quelques règles simples, pour permettre de gagner du temps, et répondre plus rapidement aux besoins des gens. Dans une entreprise, on est confronté tous les jours à la vie réelle des chèques impayés, des salariés qui déménagent, qui se séparent… » Dans le contexte de défiance vis-à-vis des responsables politiques nationaux, Sylvain Laignel estime que l’intercommunalité et le bon outil pour le développement : « A Estrablin, nous avons la chance d’avoir la zone d’activités du Rocher (9 ha, livraison terrains PME, Artisans…en juin 2015) qui démarre, mais je défendrai aussi bien une zone d’activités sur Reventin, Chasse-sur-Rhône etc. […] Nous en avons parlé avec le président de ViennAgglo, Thierry Kovacs (UMP), il n’y a pas d’équivoque. » Sylvain Laignel fait partie de ces élus de nouvelle génération, qui n’ont pas oublié les leçons des prédécesseurs, mais, pragmatiques, pensent qu’il ne sera plus possible d’effectuer 5 ou 6 mandats de maire d’affilée : « Deux ou trois mandats seulement, ce serait bien. » Il ne sera plus possible non plus de garder autant de communes en France, et de conserver les départements : « En revanche, il faudra être vigilant et garder l’aide sociale à l’Euro près pour nos concitoyens, lorsque la compétence des départements sera transférée soit aux agglos, soit aux régions…il faudra conserver le même niveau de service aux habitants » Toutefois, a décision communale a son rôle, pour preuve : « La commune revient aux fondamentaux en matière de cantine scolaire. Nous dénonçons le contrat que nous avions avec une entreprise de fourniture de repas (350 repas) et nous allons  rouvrir la cuisine communale, l’équipement est là, nous allons nous fournir, autant que possible, en produits des circuits courts produits régionaux), embaucher deux personnes pour faire tourner la cuisine, et, de plus, les personnes âgées de la commune se sont dites intéressées pour le portage des repas, les parents des enfants des écoles sont ravis […] je crois à la réforme par le bas dans le pays […] les bonnes idées remontent du bas la Pyramide vers le sommet de l’Etat…»
Côté agrandissement de l’agglomération, Sylvain Laignel, comme d’autres élus du territoire, pensent que la bonne logique est de travailler avec la Vallée-du-Rhône et donc à terme d’agrandir l’agglo avec son bassin de vie naturel vers le Roussillonnais (Ndlr : les élus de la communauté de communes du Roussillonnais ont toujours refusé la fusion avec l’agglomération viennoise). « Il nous faudrait notamment travailler pour de meilleurs transports entre agglos, note le V.-P. de ViennAgglo. « J’espère qu’André Vallini et Hollande iront jusqu’au bout […] de notre côté, avec le président de ViennAgglo, nous avons six ans pour réussir […] ViennAgglo est l’une des intercos qui a pris le plus de compétences et j’adhère à ce choix, nous avons plus de compétences que la CCPR (Roussillon) [...] Si une agglo est juste-là pour collecter les finances et les redistribuer aux communes, et dans leurs services, l’agglo ne sert à rien…»
L’intercommunalité peut aussi connaître une géométrie variable au gré des besoins : « Les rapports entre maires sont simples, on ne se dit jamais : « Toi t’es de droite, ou toi t’es de gauche ! » On travaille ensemble, nous avons un policier municipal en commun avec Eyzin-Pinet, un syndicat intercommunal de 8 communes pour la musique, pour lequel en ce moment, nous cherchons ensemble une solution pour de meilleurs locaux […] on essaie au maximum d’aller vers l’intercommunalité pour mutualiser, réaliser des économies ... »
Si le renouvellement des dernières municipales a été politique en faveur de la droite sur la moyenne globale du territoire national, le renouvellement fut aussi celui des femmes et des hommes, c’est le cas d’Estrablin, dont l’équipe a conservé une moitié d’anciens déjà élus avec Roger Porcheron, et s’est régénérée d’une moitié de nouveaux venus.
Chef d’entreprise à la tête d’une petite chaine de magasin de fleurs de 19 salariés, le maire d’Estrablin a vendu récemment sa précédente entreprise, les roues de vélo Rovva qu’il avait depuis 20 ans. Il réagit avec son vécu d’entrepreneur : « Je suis agacé d’entendre en permanence les oppositions du public au privé […] les collectivités doivent être des facilitateurs de développement économique…je suis dans le concret […] j’ai au cœur la défense de l’intérêt général comme j’ai la défense de mon entreprise, même si ce n’est pas la même chose, à la mairie nous avons établi un plan de mandat, on se donne des objectifs, avec des moyens, des délais […] quand on est élu, il faut être patient, tenace, et il faut aussi savoir dire non. Les habitants nouveaux vont certes apporter des taxes, mais il ne faudra pas augmenter la part communale de l’impôt. Les projets, c’est le réaménagement de la place de la Paix, la création de la nouvelle maison des associations, la construction et le regroupement des deux écoles sur la partie Sud, avec, sans doute une nouvelle école maternelle, un gros travail de mise en accessibilité pour les handicapés, des logements pour nos personnes âgées, je souhaite qu’elles restent sur le  village. Quand on vieillit, parfois veuf ou veuve, on vend sa  maison, on a besoin d’un appartement plus petit…avec des loyers plus modestes. Souvent les femmes se retrouvent avec des pensions de reversion très faibles. Cela me gêne que quelqu’un qui vit depuis 40 ans à Estrablin, on ne puisse rien lui proposer pour ses vieux jours, avec  un ascenseur, quelques commerçants en cœur de village […] il faut garder ce lien.      »

Eric Séveyrat

Fiche technique

Population Estrablin : 3300 habitants
Revenu net moyen annuel (2010) est de 25985 € (moyenne nationale 25139 €)
Population ViennAgglo : 68000 habitants



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