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Eternum, le renouveau de la SF des années 80 ?

Isère le 11 novembre 2015 - Laurent Marchandiau - Livres - article lu 463 fois

Eternum, le renouveau de la SF des années 80 ?
Laurent Marchandiau - Jaouen Salaün lors de sa session de dédicaces à BD Fugue Café Grenoble.

Un scénario en hommage aux plus grands films de SF des années 80, un trait réaliste, une ambiance sombre immersive… Après Carthago Adventures, Jaouen Salaün et Christophe Bec renouent leur collaboration avec Eternum. Une série courte dont le premier tome Le Sarcophage, paru dans l'été, s'inscrit dans la droite ligne d'Alien, 2010 ou encore Outland.

Après Carthago Adventures, Jaouen Salaün et Christophe Bec renouent leur collaboration avec Eternum. Une série courte dont le premier tome, Le Sarcophage, paru dans l'été, s'inscrit dans la droite ligne d'Alien, 2010 ou encore Outland.

2297. L’Homme a conquis la majeure partie de la galaxie. Aux confins de la voie lactée, une équipe d’excavateurs découvre par hasard un mystérieux sarcophage dans les entrailles d’une planète aride… Dès les premières pages, le ton est donné. Si le scénario rappelle celui d’Alien, le huitième passager, c’est tout simplement parce qu’Eternum se veut un hommage aux grands films de SF des années 80, Alien bien sûr, mais aussi Outland ou encore 2010. « L’univers est assez sombre. Ce côté noir de l’humanité n’est pas le mien, mais celui de Christophe Bec », confie Jaouen Salaün, le dessinateur et coloriste de la saga. Les planches, particulièrement soignées, nous entraînent pas à pas dans les sombres coursives de vaisseaux spatiaux, dans des labos de colonies menacées dans lequel le danger est omniprésent. Chaque case fourmille de détails en arrière-plan favorisant l’immersion du lecteur.

L’ambiance est lourde, oppressante, froide, presque glaciale. Le pari est réussi avec cette nouvelle collaboration avec Christophe Bec.
Eternum tient du roman graphique tout en restant classique dans sa mise en page. Pas de cases de travers, mais des procédés tirés du cinéma. Lorsqu’un personnage chute, on le suit, case après case jusqu’à sa remontée. « Avec la BD, le seul mouvement, c’est celui des yeux, des pages qui se tournent. Et nous pouvons faire quelque chose de puissant en jouant, notamment, sur la profondeur de champ. Je pense par plan, ce que je veux mettre en exergue par l’éclairage… »
Des techniques qu’il a apprises de ses expériences. « Après une année de Beaux-Arts à Nîmes, je me suis inscrit à l’école Émile Cohl à Lyon où j’ai obtenu mon diplôme en 2003. Par la suite, j’ai été professeur en perspective et graphisme. Le dessin, c’est une perception de l’espace. On peut apprendre les codes anatomiques, les points de fuite, mais la perception de l’espace, c’est autre chose ! »

Storyboarder publicitaire d’un côté, dessinateur de BD de l’autre, « j’ai appris que si je voulais exercer ma passion librement, il fallait dissocier l’argent de la création pure. » Et cela se ressent. Avec Eternum, le Sarcophage, il livre un ouvrage viril, très sombre. Mais promis ! « Le deuxième tome sera plus lumineux et féminin. »

Laurent Marchandiau

Eternum, le Sarcophage, Christope Bec et Jaouen, Casterman, 13,50 €.

 



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