Fermer la publicité

ERAI : autopsie d'un crash

le 04 mai 2015 - Laurent Marchandiau - Services - article lu 767 fois

ERAI : autopsie d'un crash
L.Danière - Jean-Louis Gagnaire, vice-président de la Région en charge des affaires économiques.

Alors que la date des offres de reprise fixée au 18 mai arrive à grands pas, l'avenir d'Entreprise Rhône-Alpes International (ERAI) semble compromis. Placé en redressement judiciaire le 14 avril suite au rejet d'une nouvelle subvention de la Région le 6 mars dernier, ERAI voit son temps compté. Retour sur cette affaire oscillant entre gestion financière contestée et jeu politique.

Coup dur pour les 126 salariés d’Entreprise Rhône-Alpes International (ERAI). Depuis le 14 avril, le bras armé de la Région Rhône-Alpes destiné à accompagner les entreprises du territoire à l’international a été placé en redressement judiciaire. Une situation liée au rejet d’une subvention de 1,6 M€ par le Front national, le groupe UDC (droite et centristes) et Europe Ecologie-Les Verts, la même coalition qui avait début janvier, refusé la fusion entre ERAI et l’ARDI (Agence Régionale du Développement et de l'Innovation.) Subventionnée à hauteur de plus de 60 % par la Région, la structure s’est vue condamnée. Les raisons de cet échec sont multiples : mauvais résultats financiers, gestion opaque, défiance à l'égard du président d’ERAI, Daniel Gouffé… Encore aujourd’hui, la fin d’ERAI interroge.

Défiance politique

« La structure n’a une espérance de vie que de quelques semaines », explique Jean-Louis Gagnaire, vice-président de la Région en charge des affaires économiques. Et de poursuivre : « Il est clair que le maintien à tout prix de son président Daniel Gouffé a largement suscité l’ire des conseillers régionaux. Je ne peux pas leur donner tort ! À lui seul, il cristallisait nombre de reproches d’ERAI. Néanmoins, faire mourir cette structure à cause d’une seule personne, en valait-il la peine ? » D’autre part, l’organisme financé majoritairement par la Région souffrait depuis plusieurs années de mauvais résultats, son déficit étant estimé entre 7 M€ et 10 M€ actuellement. En quelque temps, ERAI est passée de moins d’une dizaine de bureaux à 27 aujourd’hui.

Une stratégie de développement hasardeuse ?

Une expansion pas toujours heureuse au vu des chiffres d’affaires dégagés par certains bureaux d’ERAI à l’étranger. D’après l’audit financier du cabinet parisien Scorex mandaté par la Région, les filiales d’Erai ont enregistré des résultats nets négatifs : - 1,1¬ M€ en 2011, - 2,3¬M€ en 2012 et - 2,4¬M€ en 2013. Aujourd’hui, l’avenir d’ERAI s’avère nettement compromis. « Personne n’ira remettre de l’argent dans ce système. ERAI a des dettes vis-à-vis de la Région (3,2 M€), il faut trouver un mode de reprise des activités qui n’impacte pas trop financièrement la Région », conclut Jean-Louis Gagnaire. Disposant d’un budget de plus de 10 M€, ERAI compte 126 salariés directs auxquels s’ajoutent 70 collaborateurs dans ses filiales internationales. Fondé il y a 25 ans, l’avenir de la structure sera décidé le 18 mai prochain, date-butoir pour les offres de reprises potentielles.

Laurent Marchandiau



À lire également


Réagir à cet article

Message déjà envoyé Adresse e-mail non valide