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Environnement - Nitrates : les agriculteurs ne digèrent pas

Loire le 25 septembre 2014 - Xavier Alix - Agglomération stéphanoise - article lu 416 fois

Entre 30 000 et 80 000 €.

Voilà ce que coûtera à la plupart des agriculteurs concernés l’extension de la zone nitrate, selon la FDSEA Loire, syndicat agricole majoritaire du département. Sans compter les heures de travail. Alors même que les aides publiques pour se conformer aux exigences se sont considérablement réduites par rapport aux années 1990 quand l’Etat finançait jusqu’à 50 % des installations de mise en conformité. Ce qui va provoquer la mort de nombreux élevages estime le syndicat.
Ce n’est qu’en 1994 que la France a fait appliquer par plan d’action un seuil de potabilité de l’eau défini en 1980 par l’UE à 50 mg de nitrate/l après le constat d’une concentration montante lié à l’épandage de l’élevage intensif. 58 communes de la Loire (et trois nouvelles en 2012 lors du renforcement du plan) font partie de la zone vulnérable : dans les Monts du Lyonnais, très touchés, mais aussi une grande partie du Forez. La zone limite l’épandage à des périodes datées liées aux saisons, le contraint à une distance de tout habitat, oblige un stockage règlementé etc.
Les résultats manquants, sous la pression de l’UE, la France a durci ses règles en 2013. Dans la Loire, la zone pourrait ainsi s’étendre à 38 nouvelles communes dont une quinzaine dans le Roannais, et 7-8 autour de Saint-Etienne. Liste qui ne serait pas encore définitive car pour bien des communes, la décision dépend du préfet d’Orléans, bassin versant de la Loire oblige. « On a découvert ce projet d’extension fin juillet, détaille P. Breyton, directeur de la FDSEA, la Chambre d’agriculture va étudier sa justification : l’État avance comme raison l’eutrophisation des eaux. Or, ce n’est pas un problème lié aux nitrates des élevages mais aux effluents domestiques, à l’assainissement, l’industrie. Cette lutte manque de clarté de la part de l’UE, dont on attend encore des précisions. Sans compter les exigences aberrantes : il vaut mieux adapter l’épandage à la météo qu’aux saisons : si celles-ci ne sont pas conformes à la météo attendue, on accentue le problème ! Quant au seuil, il est très bas et il faut savoir que des nitrates, le corps en a aussi besoin. »

Xavier Alix



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