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Environnement - Ces tourbières sauvées des sabots

Loire le 11 juillet 2014 - Xavier Alix - Actualités - article lu 726 fois

Environnement  - Ces tourbières sauvées des sabots
Cette initiative expérimentale a donné lieu à 10 contractualisations avec 8 exploitants (© Webcastor ; parc naturel Livradois-Forez)

Croix de Barras, l’Oule et la Richarde : elles ont leur petit nom, ne totalisent que 55,5 ha à elles trois mais ne manquent pas d’importance.

Ces trois tourbières à cheval sur la Loire et le Puy-de-Dôme, sont situées sur Saint-Bonnet-le-Courreau et Sauvain dans la Loire, Job et Valcivières dans le « 63 ».
Des tourbières de ce type, à plus de 1 200 m d’altitude, les Monts du Forez en comptent une centaine selon un inventaire datant des années 80. Une étude du parc naturel régional Livradois-Forez a démontré en 2006 les menaces pesant sur elles. « Depuis 20 ans, il y a un regain de pastoralisme : les troupeaux de vaches et moutons sont ici plus nombreux, explique Nadine Nogaret, responsable du pôle biodiversité au sein du parc Livradois-Forez. Le danger, ce n’est pas tant ce qu’ils boivent ou mangent mais la destruction des tourbières liée aux piétinements. Il y a aussi des particules se détachant et passant ainsi dans l’eau alimentant l’Ance et le Lignon, affluents de la Loire, menaçant ainsi en aval la qualité de l’eau et, des espèces sensibles comme la moule perrière. »
Les tourbières elles-mêmes ont un grand intérêt biologique. Parmi les plantes protégées du massif, certaines sont ici en abondance : Andromède, certaines laîches encore la Scheuchzérie des marais. Elles abritent aussi des mousses et des insectes d'intérêt patrimonial, des papillons notamment. Vu l’intérêt hydraulique, en tête de bassin versant, c’est dans le cadre du Plan grandeur nature Loire de l’Agence de l’eau Loire-Bretagne que ce contrat partenarial a été porté. Les conservatoires d'espaces naturels d'Auvergne et de Rhône-Alpes, les conseils généraux Loire et Puy-de-Dôme et conseils régionaux Auvergne et Rhône-Alpes sont impliqués.
Pour un investissement total moindre que le prévisionnel (415 000 €), c’est-à-dire 270 000 €, outre les études, le contrat a consisté à travailler avec les agriculteurs pour les sensibiliser, apprendre des techniques agroenvironnementales ainsi que verrouiller les zones les plus sensibles. Le Département de la Loire a par exemple procédé à des acquisitions d’environ 40 ha pour 45 800 €. Ailleurs, plus de 6 km de clôtures ont été posées. Mais afin de permettre aux troupeaux de continuer à boire, sept abreuvoirs captant l’eau de source ont été créés.
Les aménagements effectués, il n’y a pas lieu d’avoir un second contrat. Reste un besoin de financement de quelques dizaines de milliers d’euros sur plusieurs années (à déterminer) pour l’entretien et le suivi.  

Xavier Alix



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