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Entreprises - Les déplumés s’envolent !

Isère le 18 août 2014 - Laurent Marchandiau - Actualités - article lu 1076 fois

Entreprises - Les déplumés s’envolent !
Julien Clerc, responsable et fondateur du mouvement Les Déplumés lors de la manifestation du 7 juillet devant le conseil économique social et environnemental à Paris (D.R.)

En quoi consiste ce nouveau mouvement ? Les déplumés est un mouvement citoyen né le 12  mai 2014 que j’ai initié portée par des patrons de TPE/PME rapidement rejoints par des salariés comptant aujourd’hui plus de 2500 inscrits sur le site (http://lesdeplumes.fr/.) En référence aux pigeons et poussins par la perte des plumes d’où il tire son nom, il s’inscrit dans la continuité de mes publications sur la vie de patron, bien loin de l’image que peuvent se faire les Français d’un chef d’entreprise à travers mon livre « Chronique d’un salaud de patron » paru l’an dernier et de mon blog « Salaud de patron ».

En quoi consiste ce nouveau mouvement ?

Les déplumés est un mouvement citoyen né le 12  mai 2014 que j’ai initié portée par des patrons de TPE/PME rapidement rejoints par des salariés comptant aujourd’hui plus de 2500 inscrits sur le site (http://lesdeplumes.fr/.) En référence aux pigeons et poussins par la perte des plumes d’où il tire son nom, il s’inscrit dans la continuité de mes publications sur la vie de patron, bien loin de l’image que peuvent se faire les Français d’un chef d’entreprise à travers mon livre « Chronique d’un salaud de patron » paru l’an dernier et de mon blog « Salaud de patron ». Je dirige une agence de presse de 45 salariés, Com’presse, située dans le Lot-et-Garonne. L’été dernier, je suis parti à la rencontre de 2000 chefs d’entreprises. Il y a un ras-le-bol généralisé !

Que reprochez-vous au système actuel ?

Entre 2011 et 2013, en comparant les fiches de paie, j’ai observé une augmentation des charges significatives. Aujourd’hui, un salarié coûte plus cher à l’entreprise tandis que les salaires diminuent. En l’espace de deux ans, au sein de ma PME, non seulement chaque salarié m’a couté 130 € de plus par mois mais il a aussi perdu 60 € de salaire net mensuel alors que les gouvernements ne cessent de faire des annonces pour augmenter le pouvoir d’achat des Français. Ce n’est plus possible ! Il faut que l’on dise clairement ce qui se passe au niveau de nos entreprises et de ce qu’elles vivent au quotidien.

Quel a été l’élément déclencheur ?

L’annonce du pacte de responsabilité par François Hollande a été l’élément déclencheur. Nous attendions beaucoup de ces mesures. Cependant les contreparties sont très lourdes à porter : en échange d’un abaissement des charges, il faut créer des emplois. Par exemple, le CICE (Crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi) permet d’alléger les charges sociales des entreprises employant des salariés. Sauf que de nombreuses PME ne font pas appel à cette mesure du fait que, comme chaque aide allouée par l’État, elles sont systématiquement contrôlées par les services fiscaux et qu’elles ne comprennent pas grand-chose au fonctionnement du CICE du fait du mode de calcul relativement complexe et de son application qui n’est pas si évidente que cela.

Quelles sont vos revendications ?

Nous militons pour la simplification et l’assouplissement du Code du travail et ses 3600 pages ainsi que pour la mise en place rapide des mesures permettant de faire baisser le coût du travail. Le code du Travail compte de multiples articles et jurisprudences qui se contredisent et se révèlent inapplicables au quotidien sans oublier que, même si nul n’est censé ignorer la loi, on ne peut être au courant de tout. Par exemple, la visite de travail obligatoire lors d’une embauche, si le salarié ne la passe pas, c’est l’employeur qui est responsable. Les patrons ont peur des erreurs qu’ils commettent bien souvent inconsciemment. Il faut arrêter de multiplier les lois. Le code du travail n’est plus adapté à notre société et devient un frein à l’emploi. Il faudrait qu’à chaque ajout d’un texte, qu’on en remplace un. Autre exemple, le contrat aidé. Pour les entreprises recrutant un chômeur de longue durée, elle bénéficie d’une aide sur 40 % du salaire de cette personne sur un an. Il faut savoir que la mesure n’est pas applicable pour les entreprises qui ont fait au moins un licenciement économique. Quant au contrat génération, c’est une mesure pertinente dans sa version originelle. Il devait permettre aux entreprises de recruter un jeune de moins de 26 ans tout en conservant un salarié de 57 ans ou plus en échange d’une exonération de charges du senior maintenu finançant ainsi l’emploi du jeune. Sauf que l’État est revenu dessus en supprimant l’exonération de charges du sénior tout en ajoutant une prime trimestrielle de 1000 € (soit 4000 € / an). L’exonération de charge d’un sénior équivalait à un gain de 20 K€ pour la société souscrivant à cette mesure. En supprimant cela, le contrat génération est vidé de sa substance.

Vous avez milité le 7 juillet en « slip » devant le Conseil économique social et environnemental. Quelles actions envisagez-vous par la suite ?

Depuis l’annonce du pacte de responsabilité par François Hollande, rien n’a changé. Actuellement, nous travaillons sur l’organisation d’une demi-journée dans les principales villes de France sur le thème « Sauvons les entreprises françaises. » Au menu, des conférences, des débats, des ateliers et animations afin d’expliquer aux personnes ce qu’est le vrai entrepreneuriat. Chaque évènement portera une revendication pour l’emploi dans les villes ou il sera organisé. Nous avons pris contact avec les différentes organisations patronales (Medef, CGPME, CJD…) et quelques syndicats (CFDT notamment.) Cette manifestation se déroulera entre octobre et novembre. Nous voulons la relayer dans un maximum de villes en Province (Valence, Saint-Étienne, Agen, Strasbourg…).

Propos recueillis par Laurent Marchandiau



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