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Entreprise - Boiron délocalise... dans les vallons du lyonnais

Rhône le 21 janvier 2014 - La Rédaction - Actualités - article lu 3621 fois

Entreprise - Boiron délocalise... dans les vallons du lyonnais
Le site Boiron de Messimy, où travaillent aujourd'hui près de 1 000 personnes (D.R.)

A Sainte-Foy-lès-Lyon, Boiron se sentait plus qu’à l’étroit.

En septembre 2013, le siège du laboratoire pharmaceutique, poids lourd mondial de l’homéopathie, a changé d’adresse pour s’établir à Messimy, un site né en 1995, toujours en région lyonnaise. La décision d’opérer ce changement, prise début 2013, n’est pas anodine pour une entreprise aux innombrables références : « Il a fallu refaire tous les packaging », explique par exemple Valérie Poinsot. La directrice générale déléguée du groupe, en charge du développement, a pris ses quartiers à Messimy en octobre dernier. L’implantation rassemble aujourd’hui l’essentiel des effectifs de la région lyonnaise.
Au-delà d’un changement d’adresse, c’est une nouvelle dimension que prend Boiron avec le développement de ce site de 16 hectares (42 000 m2 construits). Le laboratoire familial, dirigé par Christian Boiron, est même en train d’acheter une surface équivalente juste à côté. A Messimy, la pose de la première pierre de l’extension pourrait avoir lieu dans un an et demi ou deux ans. A terme, le site de Sainte-Foy-lès-Lyon sera abandonné. Il n’y subsiste aujourd’hui que la production des célèbres « tubes doses ».
A fin décembre 2013, Messimy employait 976 personnes et Sainte-Foy 231, pour un total de 1 265 salariés en région lyonnaise (quatre implantations en tout). Un joli chiffre pour une entreprise qui regrette pourtant d’être « mal connue des Lyonnais ». En France, Boiron emploie quelque 2 700 personnes, pour un total mondial de 3 900 employés. La production est réservée aux sites hexagonaux, seuls les Etats-Unis et le Canada sont dotés d’unités utilisées en « back-up », explique Valérie Poinsot. Pour la dirigeante, le déménagement va dans le sens de la « qualité ». « Nous devons manier les éléments naturels que nous utilisons avec délicatesse et rigueur. Notre histoire est basée sur la reproductibilité du produit ».
Les produits homéopathiques du groupe, justement, semblent porteurs. Si la production de Boiron ne pèse pas lourd à l’échelle mondiale des médicaments, le laboratoire lyonnais affiche des ventes en hausse. En 2012, il a réalisé 566,29 M€ de chiffre d’affaires, en croissance de 8,2 %, pour un résultat net part du groupe de 49,63 M€, en progression de 17,5 %. Et tout indique que les chiffres 2013, bientôt publiés, suivront aussi une pente ascendante. Reste que l’entreprise insiste sur sa « gestion prudente » Elle note une tendance à la stabilité des effectifs et insiste aussi sur la nécessité de maîtriser ses charges dans un pays - la France : plus de 50 % du CA -, où les prix fixes limitent la progression du chiffre d’affaires, même si une évolution récente des marges grossistes (une fonction que Boiron occupe pour son propre compte) est allée dans le bon sens.
Valérie Poinsot estime toutefois que la base des utilisateurs d’homéopathie peut encore être élargie en France. Mais c’est surtout à l’international (une quarantaine de pays couverts) que Boiron peut jouer gros. La Turquie forme un marché prometteur, encore à ouvrir. Autre exemple : l’Amérique du Sud (une filiale a été ouverte au Brésil il y a quatre ans), parmi les « marchés en devenir ». L’Asie ? Un territoire aujourd’hui inexploré pour Boiron.

P.-J. N.



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