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Entrepreneuriat : Oser créer à 20 ans !

Isère le 22 avril 2014 - Laurent Marchandiau - Actualités - article lu 450 fois

Entrepreneuriat : Oser créer à 20 ans !
De gauche à droite : Benoît Soury, Président du Club Jeunesse et Entreprises Rhône-Alpes et directeur général du réseau de magasins bio La Vie Claire, Serge Veyres, créateur d'Alpwise, Nathalie Martinez, créatrice de Zin la Conciergerie, Daniel Filatre, Recteur l'Académie de Grenoble, Gérald Karsenti, PDG d'Hewlett Packard France et Yvon Gattaz, co-fondateur de Radiall (© Laurent Marchandiau)

« Parler entrepreneuriat, c’est aujourd’hui parler positif, construction et partage. » C’est en ces mots que François Leccia, directeur des relations institutionnelles et mécénat de Grenoble École de Management a ouvert la conférence du 10 avril sur le thème « Goût d’entreprendre et création d’entreprises. » Un évènement organisé par l’association Jeunesse et Entreprises (AJE) initiée par Yvon Gattaz, le co-fondateur de l’entreprise iséroise Radiall qui a livré sa perception de l’entrepreneuriat. En préambule, l’ancien président du Conseil national du patronat français (CNPF, organisation devenue, depuis 1998, le MEDEF) de 1981 à 1986 est revenu sur l’histoire de l’entrepreneuriat en France.

« Parler entrepreneuriat, c’est aujourd’hui parler positif, construction et partage. » C’est en ces mots que François Leccia, directeur des relations institutionnelles et mécénat de Grenoble École de Management a ouvert la conférence du 10 avril sur le thème « Goût d’entreprendre et création d’entreprises. » Un évènement organisé par l’association Jeunesse et Entreprises (AJE) initiée par Yvon Gattaz, le co-fondateur de l’entreprise iséroise Radiall qui a livré sa perception de l’entrepreneuriat.
En préambule, l’ancien président du Conseil national du patronat français (CNPF, organisation devenue, depuis 1998, le MEDEF) de 1981 à 1986 est revenu sur l’histoire de l’entrepreneuriat en France. « Il y a cinquante ans, on ne savait pas comment naissaient les entreprises. Les entrepreneurs créaient clandestinement leur société. À l’époque, seuls 0,3 % des Français fondaient leurs entreprises contre 3 % aux États-Unis. » Un état de fait dû à l’imbroglio administratif pour créer sa structure, les administrations se renvoyant la balle à coup de documents à compléter, mais pas seulement ! Les facteurs culturels et sociétaux « diabolisaient » celui qui voulait sauter le pas, la création d’entreprises étant mal perçue notamment par les élites. « Entre les années 1950 à 2000, 200 000 sociétés par an voyaient le jour. Nous étions les derniers de la classe européenne en nombre de création d’entreprises », souligne Yvon Gattaz. Et de poursuivre : « On faisait des études pour avoir un poste bien payé, pas pour entreprendre. Personne ne voulait pousser les étudiants dans les méandres de la création de sociétés. Pire ! Les entrepreneurs étaient même perçus comme des propagandistes dangereux ! » Fort heureusement, la tendance s’est inversée dès 2003 ou, en l’espace de cinq ans, le nombre d’entreprises créées annuellement est passé de 200 000 à 300 000 pour arriver dès 2009 à plus de 400 000 par an, boosté par le statut (ou régime fiscal selon certains) de l’autoentrepreneur. « En quelques années, de dernier de la classe, nous sommes devenus les leaders dans la création d’entreprises en Europe, mais les plus mauvais en ce qui concerne leur croissance. Nous cultivons le nanisme, privilégiant les petites structures, diabolisant les grands groupes, mangeurs de brebis ! » À titre de comparaison, la croissance des entreprises en Allemagne et en Grande-Bretagne s’avère, actuellement, quatre fois plus forte qu’en France.

« La création d’entreprises ne s’enseigne pas »

La plupart sont autodidactes et possèdent le goût du risque. Ils ont une ténacité et une combattivité sans faille, aiment prendre des responsabilités et surtout possèdent du bon sens. Un portrait de l’entrepreneur rapidement esquissé par Yvon Gattaz qui a incité les jeunes à entreprendre, et ce, le plus tôt possible. « C’est à 20 ans que l’on a la dotation génétique du goût du risque optimal. Il y a un moment où il faut savoir arrêter ses études. » Et de citer comme exemple les créateurs de groupes mondiaux : Bill Gates et Paul Allen qui fondèrent Microsoft à 20 ans comme Mark Zukerberg, le créateur de Facebook, Jeff Bezos qui développa Amazon à 30 ans, etc. « Il faut découvrir le bon créneau, les produits et le marchés porteurs. C’est ça le secret magique ! La création d’entreprises est une affaire de niaque, d’enthousiasme ! » Et de dévoiler sa recette pour créer son entreprise : « il faut 10 % d’apport financier, 10 % de compétences, 40 % de vaillance et 40 % de bon sens. » Croyant à la création de sociétés en France, Yvon Gattaz a conclu sur les propos de l’empereur romain Marc Aurèle : « l’obstacle est matière à action. »

Laurent Marchandiau

« Il faut donner le droit à l’échec »

Invité lors de la conférence de l’AJE à Grenoble Ecole de Management, le PDG de Hewlett Packard France, Gérald Karsenti, a souligné plusieurs difficultés inhérentes à la création d’entreprises sur l’Hexagone. Au Japon, la part des PME est de 50 %, celles des ETI de 40 %, en Allemagne, les ETI avoisinent les 34 % contre 65 % de PME, en France, il existe 94 % de PME pour 5 % d’ETI. « Nous n’arrivons pas à faire croître nos entreprises », constate Gérald Karsenti soulignant qu’il « ne faut pas transformer notre enseignement – l’ensemble des continents venant piocher dans nos étudiants –, mais changer la culture de l’enseignement, très cartésien. » Concrètement, il devient urgent de favoriser le transfert de technologies en l’industrialisant davantage. « En France, nous détestons l’échec et les personnes qui réussissent. Il faut donner le droit à l’échec, car les plus grands créateurs d’entreprises ont plusieurs fois échoué avant de réussir. »

L.M.



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