Fermer la publicité

Enseignement - Rythmes scolaires : des maires en colère

Rhône le 26 avril 2014 - La Rédaction - Actualités - article lu 355 fois

Enseignement - Rythmes scolaires : des maires en colère
(© A.S.)

Votre mobilisation face à la réforme des rythmes scolaires prend de l’ampleur.

En quoi consiste votre plan d’actions ?

Avec les maires de Rillieux-la-Pape, Chaponost et Pierre-Bénite, nous avons lancé un appel aux élus du département à propos de la réforme des rythmes scolaires et avons développé cet argumentaire sur un site internet, www.liberte-rythmesscolaires.fr. En quelques heures, nous avons obtenu plus de 300 signatures et avons décidé de réagir rapidement.
Vendredi 25 avril, nous aurons déposé, auprès du Premier ministre, un recours constatant l’illégalité du décret de janvier 2013 sur la mise en place de cette réforme. Nous réclamons, soit le retrait pur et simple de la réforme des rythmes scolaires, soit la liberté de son application pour les communes. La réponse du ministre est attendue le 10 mai. Nous comptons sur son bon sens. Mais en cas de refus, nous saisirons le Conseil d’Etat pour demander le retrait de cette réforme. L’Association des maires de France est aussi très sensible au sujet. Il ne s’agit pas d’un combat politique mais d’une question de liberté de choix pour les communes.

L’idéal serait-il que chaque commune agisse comme elle l’entend vis-à-vis de cette réforme ?

Actuellement, très peu de communes peuvent l’appliquer. Alors que nous devons faire face à une diminution des dotations de l’Etat, avec cette réforme nous devrions assumer encore de nouvelles charges. C’est impossible ! Les petites communes n’en ont pas les moyens budgétaires, matériels et humains. Elles ne disposent pas toujours de salles pouvant accueillir des activités périscolaires ni d’animateurs diplômés du BAFA. D’autre part, cette réforme creuse les inégalités entre les territoires, mais également entre les écoles publiques et les écoles privées qui ont un droit d’option et ont choisi, pour la plupart d’entre elles, de ne pas appliquer la réforme, par manque de moyens. Néanmoins, si certaines communes peuvent le faire, laissons-leur cette liberté.

Les chronobiologistes affirment que la semaine des quatre jours ne respecte pas l’équilibre de l’enfant. Que leur répondez-vous ?

Le débat n’est pas tranché sur cette question. Les chronobiologistes ne sont pas tous unanimes et suggèrent de décaler les horaires, réflexion parfois contradictoire avec les nombreux paramètres engagés dans le système éducatif.
Nous réclamons une vraie concertation avec tous les partenaires impliqués autour des rythmes scolaires, c’est-à-dire les élus, les enseignants et les parents. Cela n’a pas été le cas. Une concertation nationale s’impose pour déterminer quels sont les meilleurs rythmes pour les enfants. Mais également, nous devons remettre en question nos programmes qui apportent des résultats médiocres. En effet, 20 % des élèves arrivent en 6e sans maîtriser les fondamentaux, qui sont de savoir lire, écrire et compter. Avant tout, il faut déterminer l’intérêt de nos enfants. Ce n’est pas en changeant le rythme scolaire que l’on va améliorer les niveaux. Il faut reconsidérer les programmes et l’enseignement.

Quoi qu’il arrive, vous n’appliquerez pas cette réforme dans votre commune à la rentrée ?

Non, ce n’est pas envisageable. A Cours-la-Ville, nous ferons le bras de fer jusqu’au bout, de même qu’à Mornant, ville de 6 000 habitants où cela coûterait 100 000 € par an. Outre le problème financier que devraient supporter nos communes, des difficultés d’encadrement des activités s’ajouteraient de même que la désorganisation de la vie de famille et les frais que devraient assumer les parents. Ces derniers sont presque tous opposés à l’application de cette réforme. Et les enseignants aussi, sans toujours oser l’avouer. Car de nouveau, l’intérêt de l’enfant ne serait pas pris en compte. Alors que c’est ce qui prime.
Cela bouleverserait également la vie associative de la commune alors qu’il est primordial que l’enfant puisse s’épanouir en dehors de son cadre scolaire, par le biais de diverses activités.  

Propos recueillis par Agnès Giraud-Passot



À lire également


Réagir à cet article

Message déjà envoyé Adresse e-mail non valide