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Enseignement - Comment l’enseignement catholique s’adapte aux « rythmes de l’enfant » ?

Loire le 03 avril 2014 - Daniel Brignon - Agglomération stéphanoise - article lu 533 fois

Enseignement - Comment l’enseignement catholique s’adapte aux « rythmes de l’enfant » ?
Thierry Bacher anime le dispositif lancé dans le diocèse pour l'adaptation de l'école au temps de l'enfant (D.R.)

La réforme des rythmes scolaires qui exige des établissements publics d’adopter le rythme de quatre jours et demi d’école par semaine ne s’impose pas aux établissements d’enseignement privé sous contrat qui conservent le libre choix de s’y soumettre.

Ils ne le feront pas dans leur grande majorité. Dans le diocèse de Saint-Etienne on évalue à 4 ou 5 le nombre des écoles qui adopteront les nouveaux rythmes scolaires à la rentrée prochaine sur 90 établissements que compte l’enseignement catholique. La raison de cette réticence est financière, et uniquement financière, assure Thierry Bacher chargé de mission à la Direction de l’enseignement catholique.
L’obstacle avancé par les écoles catholiques est le surcoût que représente la tenue d’ateliers périscolaires associés à la réduction de la durée de la journée d’école. Le coût d’intervention des animateurs pour ces activités est évalué par l’enseignement catholique à 120 à 150 € par élève et par an, pris en charge par le ministère à hauteur de 50 € dans le cadre du fonds d’amorçage et pour le reste dans l’enseignement public par les communes. La plupart des établissements de l’enseignement catholique s’estiment dans l’incapacité d’assumer seules ce surcoût restant de l’ordre de 100 € par enfant. D’ailleurs les seules 4 ou 5 écoles prêtes à adopter les nouveaux rythmes scolaires sont toutes de petites communes disposées à leur accorder les mêmes dispositions d’aide financière qu’aux écoles communales.

« La liberté de créer »

Renonçant aux nouveaux rythmes scolaires les écoles catholiques ne sont pas restées inertes face à la problématique soulevée et sont entrées toutes dans une démarche d’adaptation aux rythmes d’une manière un peu différente, en adaptant l’emploi du temps de la journée au rythme de l’enfant. La direction de l’enseignement catholique a réuni un groupe de chefs d’établissements du diocèse pour élaborer des pistes de réflexion et préconisations soumises à l’ensemble des écoles, qui ont jusqu’à fin avril pour remettre un projet d’adaptation aux rythmes de l’enfant dans l’établissement. De quelles adaptations il s’agit ? En premier lieu, adaptation de l’emploi du temps de la journée aux courbes d’attention de l’enfant en faisant coïncider les seuils d’attention à l’acquisition des matières fondamentales, et des activités qui sollicitent moins la mémoire avec les moments de fléchissement de l’attention. Le groupe de travail qui s’appuie sur les travaux de la chronobiologiste Nicole Delvolvé, insiste par ailleurs dans ses préconisations sur l’importance des rites et des rythmes de pause, la diversification des temps de récréation, l’accueil individualisé de l’enfant, les notions d’anticipation et de bilan, enfin sur l’innovation, bref un certain nombre de pistes de travail, qui invitent à la créativité. La liberté qui est faite à l’enseignement catholique de pouvoir choisir les rythmes scolaires est pour le secrétaire général de l’enseignement catholique « avant tout la liberté de créer ».

Daniel Brignon



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