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Enfants de dictateurs

le 23 juin 2015 - Mathieu Ozanam - Livres - article lu 103 fois

Enfants de dictateurs
Sous licence Domaine public via Wikimedia Commons - « Joseph Stalin avec sa fille Svetlana (1935)

Les dictateurs aussi ont des enfants qui doivent évoluer dans un cadre familial surprotégé, mais peu propice à un développement équilibré.

« J’aime beaucoup les chiens et les enfants. » Prononcée par Adénoid Hynkel, le dictateur interprété par Chaplin, la phrase fait sourire. Elle introduit par la même occasion le doute sur l’humanité de ces autocrates sanguinaires. Et pourtant même les dictateurs ont des enfants. Jean-Christophe Brisard et Claude Quétel ont rassemblé une galerie d’une quinzaine de portraits de « fils et filles de » confiés à des historiens et des journalistes.

Autant de destins différents, de l’enfant délaissé qui veut attirer l’attention de son père, de l’enfant roi, et au sens propre d’enfant tyran, devenu incontrôlable et dangereux, à l’enfant déchu dont la famille a dû s’exiler après la chute du régime. Il est difficile de se faire un prénom dans l’ombre d’un père omnipotent, quand il s’appelle Mao, Franco, Ceausescu, Duvalier ou Mobutu. La fille de Staline dut même reprendre le nom de Djougachvili, avant de trouver refuge aux Etats-Unis, menacée par les successeurs de son père. Quand les enfants ne sont pas menacés directement par leur père qui craint de perdre leur pouvoir. A moins qu’ils ne se montrent leur digne héritier, surpassant le maître dans l’horreur.

Mathieu Ozanam

 

Enfants de dictateurs, sous la direction de Jean-Christophe Brisard et Claude Quétel, Livre de poche, 7,10 €.



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