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Encore 70 ans de protection sociale ?

Isère le 24 octobre 2015 - Caroline THERMOZ-LIAUDY - Sciences, Santé, Environnement - article lu 197 fois

Encore 70 ans de protection sociale ?
Caroline Thermoz-Liaudy - Directeurs et présidents des différentes branches de la protection sociale iséroise étaient réunis

La sécurité sociale a été instaurée par les ordonnances des 4 et 19 octobre 1945. Celle que l'on appelle familièrement « la Sécu » fête donc ses 70 ans. A cette occasion, ses différents organismes ont souhaité mener une campagne pour que chacun identifie ses droits, et ses devoirs.

Elles sont nombreuses les idées reçues concernant la sécurité sociale. « Ça n’est que la carte vitale… C’est le trou de la sécu… Elle est financée par mes impôts.» Le portrait n’est pas flatteur, alors pour remettre les pendules à l’heure à l’occasion de son 70e anniversaire, les différents organismes ont du travail.

Les différents organismes, car contrairement à un raccourci fréquent, la sécurité sociale, ce n’est pas que la CPAM (Caisse primaire d’assurance maladie). En plus de la branche santé, on compte la famille (Caf), les retraites (Carsat), les indépendants et les agriculteurs (RSI et MSA), et le recouvrement (Urssaf). La Sécu concerne une grande majorité de français. Le régime général touche 83 % de la population, la MSA 5 %, et le RSI encore 5 %. C’est aussi les régimes spéciaux de 7 % de la population. Afin de répondre au mieux aux demandes quotidiennes, ces différents services ont été améliorés, sécurisés, et ont gagné en rapidité notamment grâce aux services sur Internet.

Autant de services qui ont du mal à être financés. Si ses principales ressources sont les cotisations sociales généralisées (CSG), sous l’effet de différents facteurs (augmentation de l’espérance de vie, hausse du chômage, amélioration des prestations…) les dépenses sociales ont augmenté, générant le célèbre « trou de la sécu », qui représente aujourd’hui 11 % de la dette publique. Afin de tenter de les ramener à l’équilibre, des dispositions ont été prises : mesures de loi de financements et lutte contre la fraude. « Si on regarde les chiffres, le constat est violent. Mais aujourd’hui, des milliers d’emplois sont supprimés alors qu’il y a de plus en plus d’utilisateurs. Nos organismes sont en tension et pour garder la qualité de service, il faut trouver des solutions », explique Michel Guillot, président RSI des Alpes. « Arrêtons la langue de bois. Tout le monde dit que les charges sont trop élevées, mais aucun de nos organismes n’arrive à rentrer dans ses frais ». Aujourd’hui, les charges sociales ne représentent que 72 à 74 % de ce que coûte la protection sociale, le reste, c’est du déficit. Et Michel Guillot va plus loin : « il n’y a pas de croissance, donc pas d’emploi, donc pas d’argent en plus…Alors est-ce qu’on repart pour 70 ans ? J’en doute. »

Pour limiter ce déficit, outre les économies, il faut lutter contre la fraude. En effet, la fraude représente moins de 0,5 % pour chacun des organismes. « En 2014, nous avons réalisé 4 750 contrôles pour récupérer 46,6 M€, mais c’est peu par rapport aux dépenses. De plus, il est difficile de récupérer les cotisations dues car l’entrepreneur dépose le bilan ou disparaît » explique Marie-Louise Chavanne, chargée de mission à l’Urssaf. La Caf a de son côté identifié en 2014, 32 000 fraudes soit 210 M€. « En Isère on a identifié 1 640 indus frauduleux sur 90 000 contrôles. Ce qui ne représente que 0,3 % des montants versés.»

Caroline Thermoz-Liaudy
 



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