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Emilie Duvivier : la ferveur rebondit à Montbrison

Loire le 24 juillet 2014 - Emilie Massard - Sports - article lu 1517 fois

Emilie Duvivier : la ferveur rebondit à Montbrison
Nouvelle recrue du Basket club monbtbrisonnais féminin, Emilie Duvivier est venue apporter un nouveau souffle à cette équipe qui a fait une saison explosive. Après avoir côtoyé le plus haut niveau, équipe de France comprise, elle a trouvé dans le club du Forez le lieu idéal pour finir sa carrière.

Cheveux tirés en arrière et tenue sportswear, la jeune femme a l'allure d'une sportive, même si on ne devine pas au premier abord que le parquet est son terrain de prédilection.

Elle n’a en effet pas la taille standard d’une basketteuse, mais avec 1,68 m, bien le gabarit parfait d’une meneuse de jeu.
Installée à Montverdun depuis l’été 2013, elle a choisi le club de Montbrison pour terminer une carrière au cours de laquelle elle a côtoyé le plus haut niveau français. Lorsqu’elle raconte son parcours sportif, Emilie n’omet rien, et lorsqu’elle commence en parlant du petit club qu’elle intègre en 1991, à 7 ans, dans le Nord-Pas-de-Calais, on n’imagine pas que ce parcours passera par l’équipe de France.

Mais pour la jeune joueuse, toutes ces étapes sont importantes, et elle parle avec autant de plaisir de titres de championnes de France en benjamines que de ses sélections en équipe nationale. A l’âge de 11 ans elle est repérée parmi les meilleures joueuses régionales et intègre le Crepse, avant d’ajouter un nouveau championnat de France à son palmarès remporté avec la sélection Nord-Pas-de-Calais. « J’ai fait une année en espoir où je m’entraînais avec les professionnelles, se souvient-elle. J’ai ensuite intégré l’Insep à Paris à 17 ans. C’est à ce moment-là que l’objectif de faire carrière dans le basket est devenu clair. Jusque-là je vivais ça au jour le jour. »

A cette époque, elle intègre l’Equipe de France junior avec laquelle, elle est vice-championne d’Europe. A sa sortie de l’Insep, Emilie prend la direction de Challes-les-Eaux en Savoie où elle évolue pendant deux ans en Ligue 2. « On a joué le maintien une année, et la suivante on était championnes de France. J’ai alors joué quatre années en Ligue dont une où on a joué la Coupe d’Europe ».

C’est à la même époque qu’Emilie sera sélectionnée plusieurs fois en équipe de France, et jouera  notamment les qualifications pour les championnats d’Europe. Après deux saisons à Saint-Amand-les-Eaux, elle revient ensuite vers sa région et son club d’origine, le COB Calais, dans lequel elle joue une saison puis rejoint le club de Villeneuve-d’Ascq. « A ce moment-là j’ai eu une blessure importante au genou, qui m’a obligée à subir deux opérations dans l’année. J’ai pris le temps de réfléchir et j’ai décidé d’arrêter le haut niveau. Pour autant je ne voulais pas finir ma carrière sur un échec, j’avais encore du jus pour continuer, mais pas au plus haut niveau.»

Un beau projet et une saison explosive

C’est donc en 2013, qu’Emilie Duvivier est séduite par le projet de l’équipe du BCMF. « C’est une équipe jeune, avec des joueuses qui se connaissent bien pour la plupart, et qui venaient de décrocher le titre en National 3 (5e  niveau français, Ndlr). Elles avaient besoin d’une meneuse, et je suis arrivée en même temps que la coach Corinne Benintendi, avec qui j’ai déjà joué à Challes-les-Eaux et Saint-Amand. J’ai trouvé une équipe et un projet intéressant. Au début de la saison, l’objectif était le maintien en N2, mais le scénario a été bien au-delà de nos espérances. »

Promues de N3, les filles du BCMF ont en effet réalisé une saison fantastique en finissant… championne de N2. « On a perdu le premier match à domicile, mais après on a enchaîné les victoires, ç’a été une année magique », résume Emilie. Une performance rarement vue dans le basket féminin français qu’elle attribue avant tout à une équipe motivée, des filles à l’écoute et qui ont envie de progresser. La saison qui démarre en N1 (3e niveau français) s’annonce passionnante, et le BCMF poursuivra l’objectif du maintien avec une équipe solide, avec cinq recrues dont deux étrangères. « Evidemment on fera mieux si on peut. Cette année on a joué des équipes de N1, et on a vu qu’on avait le niveau. Si on peut jouer les play-offs on ne va pas s’en priver ! ».

La « grand-mère » de l’équipe

Emilie a trouvé sa place dans le club qu’elle voit comme une vraie famille. « J’apprécie vraiment les valeurs  véhiculées par le club, c’est un club familial où les gens sont très respectueux. Ce sont des gens qui connaissent bien le basket, de vrais passionnés. Je suis vraiment contente d’avoir quitté le monde professionnel pour trouver cette ambiance. » A tel point qu’elle envisage de terminer sa carrière dans le club. « Dans 4 ou 5 ans, tant que le genou tient… »

A 30 ans, celle qui se surnomme la « grand-mère » de l’équipe a déjà pensé à sa reconversion dans le Forez. Après une année de stages variés et un BTS en diététique, la jeune basketteuse décide de se former en esthétique. Ne pouvant pas intégrer une formation à cause de son emploi du temps de sportive, elle révise seule et passe son CAP esthétique cosmétique. Aujourd’hui elle a lancé son activité et propose des soins dans son institut aménagé dans sa maison à Montverdun.  « J’ai toujours aimé tout ce qui tourne autour du bien-être, et puis je ne voulais pas travailler pour quelqu’un. Le fait d’avoir mon institut me permet aussi de pouvoir plus facilement jongler avec mes horaires pour le basket. »

Le basket auquel elle consacre évidemment beaucoup de temps, et qu’elle aimerait voir reprendre sa place d’honneur à Montbrison. « Je crois que la ville a toujours eu un esprit sportif, notamment autour du basket, et elle l’avait un peu perdu ces dernières années. La ferveur que l’on a vue lors de certains matchs cette année, j’aimerais la retrouver plus souvent. On peut réussir à faire quelque chose de bien pour l’équipe, mais aussi pour la ville et continuer à attirer du monde. » Sûr qu’avec une meneuse pareille, l’équipe du BCMF n’est pas prête de s’arrêter en si bon chemin, et les Montbrisonnais auront sûrement de voir du beau spectacle sur les parquets cette année encore.

Emilie Massard

 

Date : 8 juin 2014, plus beau de mes titres de champion de France à Montbrison, club magique, équipe géniale.

Lieu : Calais, où j'ai grandi et où se trouve encore toute ma famille

Personnalité : Corinne Benintendi, qui m'a fait grandir dans le basket et permis d'atteindre l'équipe de France grâce au travail fait ensemble.

Ambition : monter en Ligue 2 et ouvrir un centre de bien-être

Citation : « L'attaque fait lever le public mais c'est la défense qui fait gagner les matchs. On voit toujours les joueurs qui marquent des points, rarement ceux qui font le travail de l'ombre »



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