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JO de Rio : La Stéphanoise Elodie Clouvel, médaillée d'argent en pentathlon moderne

Loire le 24 août 2016 - Marine Graille - Sports - article lu 5391 fois

JO de Rio : La Stéphanoise Elodie Clouvel, médaillée d'argent en pentathlon moderne
DR - La pentathlète ligérienne a décroché ce week-end sa qualification pour les Jeux olympiques de Rio en 2016

Elodie Clouvel, a atteint son rêve hier en remportant la médaille d'argent en pentathlon moderne aux JO de Rio. Avec un parcours sportif atypique, la jeune Ligérienne s'est forgée une personnalité de « guerrière » pour aller jusqu'au bout de ses ambitions. une médaille olympique mais également devenir, comédienne. [Mis à jour le 20 août 2016]

Une vraie sirène. Les cheveux châtains longs et brillants, des yeux de biche, un sourire charmeur et une silhouette longiligne digne de participer à de grands défilés de mode. Pour autant, Elodie Clouvel n’est pas mannequin (enfin pas que !). Si la jeune fille se fait peu à peu un nom ce n’est effectivement pas pour sa plastique mais pour ses performances sportives dans une discipline malheureusement encore peu médiatisée : le pentathlon moderne. Cinq disciplines en une : escrime, natation, équitation, tir au pistolet et course à pied. Si Elodie est devenue l’une des meilleures pentathlètes en France et même au monde, son parcours sportif ne s’est pas écrit d’un seul trait. 

Le sport, c’est presque génétique dans la famille Clouvel. Les parents d’Elodie ont transmis à leurs deux filles, leur goût pour l’activité sportive de haut niveau. Annick, la maman, fut dans les années 1990 championne de France du 10 000 m, du semi-marathon et du marathon. Pascal, le papa, fut sacré champion de France du 5 000 m en 1989. Elodie Clouvel a de qui tenir. Pourtant ce n’est pas vers la course à pied qu’elle va se tourner dans un premier temps, mais vers la natation. « Avant mes 12 ans, je pratiquais toute sorte d’activités comme la gymnastique, mais avec la natation j’étais vraiment dans un sport dans lequel je me sentais à l’aise. »

Laure Manaudou en modèle, Lucas en entraîneur

Son bac Economique et social en poche en 2004, la jolie Ligérienne quitte le cocon familial de Saint-Priest-en-Jarez pour rejoindre le pôle France de Front-Romeu. C’est à cette époque, qu’Elodie trouve son modèle de réussite, la championne Laure Manaudou. « Son parcours m’a fait rêver et m’a surtout motivée pour la suite de ma carrière. Aujourd’hui nous sommes très proches et elle m’apporte toute son expérience. Je suis très fière d’être l’une de ses proches connaissances. »

Les deux championnes ont d’autres points communs, l’un d’entre eux étant d’avoir été entraînée par le renommé Philippe Lucas. Une collaboration qui a beaucoup marqué la jeune nageuse. « Il m’a donné un mental de guerrière et m’a appris le goût de l’effort. Ses séances étaient très intenses mais ça m’a beaucoup apporté pour la suite de ma carrière… » Mais les entraînements du coach atypique ne suffiront malheureusement pas pour qualifier Elodie aux JO de Pékin en 2008. Aujourd’hui, la jeune sportive se veut plutôt philosophe sur cet épisode. « J’étais trop jeune et ne connaissais pas encore bien le haut niveau. Cet échec ne m’a pas fait pour autant renoncer au sport. Au contraire. »

En effet, cette déception passée, Elodie montre sa détermination en changeant radicalement de sport. Fini la natation, bonjour le pentathlon. Une pluridiscipline qui comprend : la natation (Elodie n’oublie pas ses premiers amours !), l’escrime, l’équitation, le combiné course/tir. La Ligérienne ne se dirige pas vers la discipline mais c’est la discipline qui s’est dirigée vers elle puisqu’après avoir été championne de France UNSS  de Cross, la fédération nationale de pentathlon moderne prend contact avec elle pour qu’elle fasse partie de leur équipe.

« Ils m’ont expliquée qu’ils voulaient miser sur moi car j’avais selon eux toutes les qualités pour être une bonne pentathlète. » Si Elodie finit finalement par accepter, ce n’était certainement pas pour s’initier à une nouvelle discipline, car la jeune fille se fixe alors un objectif ambitieux : participer en 2012 aux Jeux olympiques de Londres. Pendant quatre ans, avec beaucoup d’acharnement et de détermination, elle s’initie aux différentes disciplines qui composent le pentathlon. Tellement de détermination que le 17 mars 2012, c’est la consécration. Elodie Clouvel, remporte la médaille d’or lors de la Coupe du monde de pentathlon à Rio. « C’était une journée parfaite. » Une victoire synonyme de qualification pour les JO de Londres. Objectif atteint pour la Ligérienne.

Mais tout va très vite, trop vite pour Elodie. « Je me suis mis la pression trop rapidement, car on attendait trop de mes prestations étant classée 4e mondiale. La tension médiatique ne m’a pas aidée non plus. Tout cela a fait que je n’étais pas prête pour ces  JO et je manquais très probablement de maturité. » Elle finira à la 31e place. Pas de quoi décourager l’athlète qui pense déjà aux Jeux de Rio en 2016 et dont les qualifications débuteront dès l’année prochaine. « L’échéance de Rio me motive lors de mes entraînements. Je me sens plus forte dans ma tête et dans mon corps. Mais il reste encore deux ans pour être fin prête. » Le titre olympique, elle en rêve. Peut-être, grâce à elle, le pentathlon moderne suscitera plus d’intérêt du grand public. Car elle en est certaine : « il manque une médaille olympique à notre sport pour que le pentathlon soit enfin médiatisé. »

Si le sport occupe une grande partie de sa vie, Elodie a également d’autres passions. Une en particulier qui la fait rêver depuis son enfance : le cinéma, le théâtre. « Ce qui me plaît c’est cette adrénaline que l’on ressent sur scène, c’est de pouvoir rentrer dans la peau d’autres personnages. Tout cela m’apporte beaucoup. » La jeune fille est d’ailleurs dans une école de théâtre prestigieuse, le cours Simon qui a vu défiler notamment Nathalie Baye, Jean Reno ou encore Bernard Campan.

Elodie n’est malgré tout pas une fille qui s’éparpille et souhaite que le théâtre reste un loisir même si elle espère, à la fin de sa carrière sportive, pouvoir s’adonner entièrement à sa deuxième passion. A côté du pentathlon et de ses huit heures d’entraînement quotidien, Elodie Clouvel prend plaisir à poser pour des photos de mode. Des séances photos dans lesquelles la jeune fille peut plus facilement « se lâcher ». Depuis avril 2012, la jolie pentathlète est détachée de la gendarmerie. En intégrant la garde républicaine, Elodie bénéficie d’un contrat propre aux athlètes de haut niveau qui lui permet d’exercer son sport. Un atout supplémentaire pour espérer briller encore davantage peut-être (on l’espère) à Rio. En attendant, prochaine étape les championnats du monde qui se dérouleront en septembre à Varsovie en Pologne. Et en ligne de mire les JO où Elodie représente les meilleures chances de médaille française.

Marine Graille

[Article de juillet 2014, mis à jour le 20 août 2016]

Date : 17 mars 2012, ma première victoire

Lieu : Bali, un lieu magique et ressourçant

Personnalité : Laure Manaudou, qui m’a donné l’envie de faire du haut niveau. C’est un modèle…

Ambition : La médaille aux JO de Rio en 2016

Citation : « Tout ce qui ne tue pas rend plus fort »



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