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Egalité professionnelle : le combat de Céline Schillinger

Rhône le 24 mars 2014 - La Rédaction - Actualités - article lu 2309 fois

Il y a trois ans, Céline Schillinger, dix ans d’expérience chez Sanofi-Pasteur, mobile, ayant cumulé toutes les compétences requises pour aller de l’avant, n’évolue plus.

Après un temps où elle se remet en cause, elle se rend compte, prenant avis auprès d’autres femmes, que le problème vient plutôt du système : « Les femmes dans les entreprises ont envie d’avancer mais au bout d’un moment, ne voyant rien venir, elles baissent les bras, mettant leur énergie ailleurs », souligne-t-elle. Au risque de voir sa carrière réellement compromise, avec l’audace qui la caractérise, elle squeeze les canaux hiérarchiques classiques et envoie un mail sur la promotion de la mixité au directeur général de Sanofi-Pasteur, Christopher Viehbacher.
Un mail transmis à trois collègues qui engendrera près de 40 réactions positives en une seule soirée et la création d’un groupe, décidé à l’issu d’un déjeuner, sur l’égalité homme-femme, réunissant 11 personnes : Women in Sanofi-Pasteur (WiSP). A l’issue de chaque réunion-débat qu’organise le groupe, le nombre d’adhérents ne cesse d’augmenter. En quatre mois, le WiSP devient la plus grosse communauté interne du groupe et atteint les 500 membres en mai 2011.
Un mois après, « cet objet social non identifié qui brise le carcan hiérarchique » est invité à la table officielle de la DRH et du DG, qu’il convainc de s’engager dans un plan officiel en faveur de la mixité. Vecteurs de recommandations, le WiSP sera à l’origine, un an après l’envoi du fameux mail, de l’adoption par le comité exécutif d’un plan comprenant trois axes de développement.
Cette expérience fait réfléchir Céline Schillinger. Et si, comme pour le WiSP, le désir de changement pouvait faire bouger des montagnes ? « Assurément, répond-elle, la cohésion collective autour d’un projet, à fortiori un projet de santé publique, est un bon moyen pour le faire avancer ». Ainsi, elle remporte cette fois la mise et devient directrice Engagement et Communauté du programme Dengue de Sanofi-Pasteur, un poste qui consiste à « générer une communauté active autour du programme de la dengue, y compris en lien avec toutes les institutions », basé notamment sur une plateforme digitale, comme pour le WiSP.
Cécile Schillinger, issue d’une famille bordelaise plutôt « égalitaire », est devenue militante au fil de l’expérience. Très vite, cette « littéraire » diplômée de Science-Po Bordeaux et du Celsa à Paris fait preuve d’audace et d’indépendance. A 23 ans, la jeune femme s’envole sans contact et sans travail au Vietnam : « Je cherchais un pays pas trop développé, pas trop compliqué pour une femme », où elle travaille pendant quatre ans, dans une petite entreprise française dont elle gère le bureau d’Hanoi. Recruté par Matra à son retour à Paris comme commercial export Asie, elle accepte - « c’est l’envie de repartir » - la direction d’une radio FM en Chine, « gérant 60 personnes sur trois bureaux différents ».
Pour des raisons familiales, elle s’installe à Lyon puis intègre Sanofi-Pasteur, d’abord au service RH avant d’occuper divers postes à la division Asie. Désormais experte en communauté, cette mère de deux enfants, pratiquant avec passion l’aviron qu’elle a découvert sur la Saône à son arrivée, vient de remporter le prix national de La Tribune Women’s Award 2013, catégorie internationale. S’attachant à contribuer au changement des mentalités, elle poursuit son combat. Pas seulement celui de la mixité, mais surtout celui de l’acceptation de la diversité, quelle qu’elle soit.

S.B.



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