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Economie voironnaise : la logique intercommunale

Isère le 10 novembre 2014 - Caroline Thermoz-Liaudy - Région grenobloise - article lu 868 fois

Economie voironnaise : la logique intercommunale
(D.R.)

Il y a eu Rossignol, Radiall, bientôt Antésite et peut-être même la Chartreuse.

Avec le temps, les industries voironnaises se retrouvent à l’étroit, ou dans des locaux moins adaptés, qui les poussent à changer d’adresse. « On est dans le prolongement d’une tendance qui existe depuis très longtemps est qui n’est pas nouvelle. Voiron est un bassin industriel, et les entreprises sont parfois rattrapées par le tissu urbain, et parce que les problématiques industrielles auxquelles elles sont confrontées sont difficiles à gérer sur leurs sites initiaux » explique Julien Polat, maire de Voiron, et vice-président en charge de l’économie du Pays Voironnais (CAPV). « Les industries lourdes ne sont plus très compatibles  avec le tissu urbain et la ville qui s’étend ». La question qui se pose à Voiron n’est en effet pas nouvelle et a touché d’autres intercommunalités avant elle. La ville rattrape ce qui était auparavant la périphérie, et les  normes de plus en plus pointues, sont difficilement compatibles avec la logique de centre-ville. Il devient donc plus facile pour les entreprises de choisir de déménager, plutôt que d’entreprendre d’adapter les locaux, même si ceux-là sont historiques. « Si la Chartreuse a besoin d’un nouveau site, à cause de  contraintes de sécurité imposées par les autorité de l’Etat,  on essaiera de conserver l’accueil visiteurs à Voiron, qui peut être séparée de l’activité industrielle ». Autre exemple, la boisson à base de réglisse bien connue des Voironnais et des autres, Antésite, a prévu de changer d’adresse prochainement pour cause de locaux de moins en moins adaptés. Pour le directeur Adrien Mollard : « C’est de la croissance. Ça ne symbolise rien d’autre qu’une forme de réussite. Les locaux sont devenus trop petits, et nous avons aussi besoin de locaux plus modernes pour assurer les normes de sécurité réglementaires de la nouvelle gamme de produit que l’on a (NDLR : Il s’agira d’une gamme sans réglisse). La croissance de nos marchés et des produits que l’on développe depuis 3 ou 4 ans fait que l’infrastructure d’aujourd’hui devient obsolète. A ce stade il faut faire la différence entre l’affectif que l’on peut avoir pour les bâtiments, et le pragmatisme industriel demandé par les clients et la réglementation. Surtout que dans la logique, si croissance il y a, il y aura des créations de postes, et des investissements. […] Ce déménagement est programmé à moyen, voire long terme. Pour le moment ce n’est qu’à l’état de projet, et rien n’a été validé par le conseil d’administration. Mais on y réfléchit. On sait évidemment que ce ne sera pas loin, puisqu’Antésite est une fille du pays voironnais. » On parle d’ailleurs beaucoup de la zone d’activité de Centr’alp à  Moirans, même si selon le directeur « d’autres pistes sont possible et rien n’est entériné. »
Si Voiron veut bien les laisser s’éloigner, la CAPV travaille à garder ces entreprises dans son giron. « Ce n’est pas au préjudice de la ville tant que l’entreprise ne quitte pas le territoire. » explique le maire Julien Polat. « Les frontières administratives n’ont pas forcément d’existence dans la vie des gens. Rétrospectivement, le fait que Rossignol soit à Centr’Alp et plus au centre-ville de Voiron ce n’est pas un préjudice pour l’emploi, ni pour l’image du territoire, et cela donne des perspectives intéressantes de requalification des friches industrielles.  » Car si la ville s’étend, elle doit le faire dans de bonnes conditions et ces friches doivent être repensées. C’est en cours sur l’agglomération  avec le site tullinois de Paraboot. « A Voiron la friche Radiall est intégrée dans le projet Divercité. Un immeuble est en construction et l’autre partie du tènement sera aussi aménagée, peut-être pour de l’activité tertiaire. »  En effet si les sites industriels ont du mal à s’adapter dans le paysage urbain, les parcs d’activités se multiplient. Au niveau de la rocade Ouest, la zone de Champfeuillet a vu naitre en quelques années des bâtiments dédiés qui se remplissent bien. De nouveaux sont en projet et certains locaux sont déjà en bonne voie de commercialisation selon l’élu voironnais. Avec la proximité de l’autoroute, et la nouvelle bretelle d’accès à Centr’Alp inaugurée en septembre dernier, un parking dédié au co-voiturage est aussi en phase de construction. « Champfeuillet est tellement rempli, que ce n’est presque plus un enjeu, c’est une réalité. La question c’est ce qu’il va se passer après quand il n’y aura plus de place. La réponse, c’est l’aménagement du Parvis 2. On comptera aussi avec Centr’Alp 2 pour les besoins industriels. A Saint-Blaise-du-Buis ou à Vourey on s’adresse plutôt aux activités artisanales. On a aussi deux pépinières d’entreprises. Et des commerces en pied d’immeubles en centre-ville. On cherche des réponses plurielles pour ces problématiques très différentes. »


Caroline Thermoz-Liaudy



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