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Economie - Vidal-Fleury, fidèle à ses racines

Rhône le 03 septembre 2014 - La Rédaction - Actualités - article lu 903 fois

Economie - Vidal-Fleury, fidèle à ses racines
La cave : un bâtiment de 9 000 m2 qui a coûté près de 20 MEUR (© G. SARTON DU JONCHAY)

Dans un monde du vin en restructuration permanente et qui reconvertit les financiers en mal de retour à la nature, où les tendances obéissent aux diktats de quelques plumes internationales, où les nouveaux modes de vinification (bio, nature...) bousculent les certitudes, Vidal-Fleury affiche constance et fidélité à ses racines.

Les racines du domaine Vidal-Fleury, la plus ancienne maison encore en activité, plongent jusqu’en 1781. Et dès cette époque, après la visite de Thomas Jefferson en 1787, les Vidal regardent vers l’Amérique. Ils travaillent leurs propres raisins, vendangés sur les terroirs de côte-rôtie et de condrieu. A la fin du XIXe siècle, après la crise du phylloxéra, Gustave Vidal épouse une demoiselle Fleury. En 1920, Joseph Vidal-Fleury, une figure dans le monde du vin, prend les rênes de l’exploitation. Ce visionnaire, qui, déjà en 1963, déclarait que la côte-rôtie s’en sortirait par le haut en misant sur la qualité, se tourne vers l’exportation. Il n’y avait pas d’autre choix possible au regard des prix de revient par nature élevés, compte tenu de la topographie des terrasses où s’enracinent les syrahs. On doit à ce pionnier, qui eut des responsabilités au sein de l’INAO et d’autres structures nationales liées au vin, qui a très tôt fait le pari de l’exportation, le développement des activités de négoce dans un monde balisé par trois signatures : l’origine, le cépage et la marque. La France se focalise sur les deux premières, privilégiant l’assemblage de cépages et de terroir. « Vidal-Fleury revendique la signature par le terroir », précise Guy Sarton du Jonchay, directeur général de la société. Une entreprise, implantée à Tupin-et-Semons, au sud d’Ampuis, dans le Rhône, qui travaille 19 AOC, exclusivement dans la vallée du Rhône, et essentiellement dans les septentrionaux. L’étape suivante nous ramène à 1984. Les héritiers, indifférents au monde du vin, cèdent le domaine à la Maison Guigal. Ce rapprochement naturel entre deux noms prestigieux, qui possèdent un vignoble en commun, s’inscrit dans les liens tissés depuis que Marcel Guigal a fait ses armes comme maître de chais de Joseph Vidal-Fleury. D’une certaine manière, l’exploitation reste dans la « famille ». Pourtant chacun vit sa vie, en toute indépendance. Dernière étape de cette discrète saga, la construction en 2008 de la nouvelle cave. Un investissement de près de 20 M€ pour construire un bâtiment de 9 000 m2, sur deux niveaux, essentiellement dédié à l’élevage. Cet engagement financier conséquent coïncide avec l’arrivée aux manettes de Guy Sarton du Jonchay. Cet œnologue d’origine française et argentine s’est fixé deux objectifs : réveiller la belle endormie et égaler la notoriété de la maison-mère Guigal.


A.M.

EN CHIFFRES

Vidal-Fleury commercialise 85 % en rouge, 10 % en blanc, le reste en rosé. Les prix s’échelonnent de 6 € pour le côtes-du-rhône de base à 60 € pour une côte-rôtie La Châtillonne côte blonde. Le domaine, qui a réalisé un chiffre d’affaires de 3,5 M€ en 2013, emploie dix personnes (hors personnel saisonnier affecté à la vigne). 70 % de la production est commercialisée à l’étranger. A eux-seuls, les Etats-Unis absorbent 40 % des ventes. La Grande-Bretagne, la Scandinavie, le Japon, la Chine, le Brésil et le Canada occupent les places d’honneur à l’international, appelé à prendre encore plus de poids face au marché français (ventes au particulier au caveau ou sur Internet, cavistes et hôtels-restaurants) qui ne représente que 30 % du chiffre d’affaires.



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