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Eau : Vienne se paie une nouvelle conduite

Isère le 24 juillet 2015 - Thomas Eydoux - Isère rhodanienne - article lu 100 fois

Eau : Vienne se paie une nouvelle conduite
Thomas Eydoux - C'est à côté de la Gère que passe l'actuelle Bonna 800

Après presque 70 ans de services, la seule conduite alimentant Vienne, la Bonna 800, sera remplacée par une nouvelle canalisation qui passera par un chemin différent. Alors que l'été actuel donne lieu à une restriction de consommation des eaux superficielles, il s'agit de mettre fin à un immense gaspillage dû aux fuites. Les travaux devraient débuter d'ici fin 2015 et début 2016.

Suite à une décision prise en septembre 2014, la vieille Bonna 800 va arrêter de desservir Vienne, Sainte-Colombe et Saint-Roman-en-Gal aux alentours de 2017. La raison principale qui a poussé la municipalité viennoise à lancer cette initiative ? Les gigantesques pertes d’eau traitée sur cette conduite. En effet, plus de 1 275 000 m3 par an étaient gaspillés à travers l’ancienne conduite. En causes, la vieillesse de l’équipement, l’érosion de ses tuyaux et les différentes déformations tectoniques des terrains traversés. Avec un débit d’environ 500 m3/heure, soit 12 000 m3/jour, la Bonna 800 faisait passer Vienne pour un « mauvais élève » en terme d’économies d’eau. Pour l’instant, le rendement de la conduite n'est en effet que de 60 %. Après les travaux, les 75 voire 80 % devraient être atteints.

5 km de canaux posés

C’est le service des eaux, qui dépend de la Ville de Vienne, qui a été chargé de mettre en place le projet de remplacement. Durant une phase légale obligatoire, le service a dû présenter un « schéma directeur » à l’Agence de l’eau Rhône Méditerranée et Corse. Cette dernière a accepté le projet dans son intégralité. Avec un programme en trois volets différents. Le premier, le plus important, consiste à renouveler le réseau de canalisations qui desservent Vienne et ses environs. Au total, 5 km de canaux seront posés, avec un diamètre moyen de 700 mm sur l’ensemble du réseau. Ensuite, c’est la mise en place d’une télégestion qui a été prévue. Cette technique va permettre de placer des calculateurs à différents endroits stratégiques sur le nouveau réseau, qui rendront compte du débit jusqu’à trois fois par jour. En constatant le débit au début du réseau, les agents du Service des eaux pourront limiter les fuites chez les consommateurs au maximum, en les prévenant le plus vite possible.

Enfin, la recherche d’une source d’eau de substitution a été le dernier point du projet présenté à l’Agence de l’eau. Un point d’eau, situé à l’île Barlet de l’autre côté du Rhône, serait la source de secours. Si par une quelconque catastrophe, naturelle ou humaine, le point de prélèvement de la nappe de Gémens à Estrablin venait à être pollué, la source de substitution serait utilisée. Car c'est en fait l’un des problèmes majeur de Vienne : la ville n’est alimentée pour l’instant que par une seule source d’eau.

Une augmentation du prix de l’eau de 12 %

Au conseil municipal du 6 juillet, le coût du renouvellement de la conduite a été annoncé à près de 5,2 M€ HT. « On sera plus proche des 6 voire des 7 M € », estime finalement Bernard Linage, conseiller municipal délégué à l’eau. L’Agence de l’eau devrait participer financièrement au projet à une hauteur de 50 %. Une augmentation du prix de l’eau de 12 % est toutefois nécessaire pour maintenir le réseau. Mince effort quand on pense aux millions de mètres cube d’eau perdus chaque année.

Thomas Eydoux


 

Une conduite chargée d’histoire

C’est à l’époque des Romains que le réseau alimentant Vienne a été créé. Experts en réseau d’eau, ce sont eux qui ont découvert la source, encore utilisée, à Gémens. Avant la construction de la Bonna 800 (« 800 » pour le diamètre en millimètres de la conduite), trois aqueducs étaient utilisés, se relayant : l’un était en utilisation, l’autre en recharge et le dernier en réparation. L’eau était alors coupée chaque année durant quelques jours. La modernité gagnant du terrain, l’œuvre des Romains a été remplacée par l’actuelle Bonna au milieu des années 1950. Mais les contraintes du terrain et sa proximité avec la Gère en ont fait un réseau fragilisé par le temps. Le nouveau tracé définit cette année évitera la rivière en passant par l’ancienne Route Neuve, rendant les éventuels travaux de maintenance plus faciles.

Les chiffres 2014 du service des eaux

Dans un rapport rendu public, le service des eaux dévoile les chiffres de son activité sur 2014. L’an passé, 3 004 813 m3 d’eau ont été produits par la station de Gémens Bas Service (celle alimentant Vienne ville et ses alentours). Une augmentation de 3,34 % par rapport à 2013. Aussi, on peut remarquer que le volume d’eau brute, c’est-à-dire prélevé, est le même que le volume d’eau traitée : il n’y a aucun gaspillage au prélèvement. En terme d’abonnements, le wervice a cumulé 13 782 clients, soit 1,06 % en plus sur l’année d’avant. Paradoxalement, les volumes vendus en 2014 sont moins importants que ceux de 2013 : 2 546 693 m3 l’année dernière, constituant une baisse de 2,54 %.

Concernant les recettes d’exploitation, le service des eaux a récupéré 2,53 M € en 2014. L’année d’avant, 2,4 M € avaient été engrangés. La hausse de 5,22 % s’explique par, malgré d’importants travaux effectués, l’augmentation du prix total du mètre cube d’eau.

T.E.



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