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Du massif au transparent, le nouvel accrochage au musée d’Art moderne

Loire le 23 octobre 2014 - Daniel Brignon - Culture - article lu 428 fois

Du massif au transparent, le nouvel accrochage au musée d’Art moderne
Jannis Kounellis (D.R.)

Au centre une « figure historique », l’artiste grec Jannis Kounellis, né en 1936 et installé à Rome.

Il se dit peintre toujours bien qu’il soit plutôt sculpteur de matière, de matériau brut, de métal rouillé, de charbon. La toile est chez lui faite de vestes nouées et cousues, ou de sacs suspendus. Pour la grande salle centrale l’artiste a créé une pièce spécialement pour cet accrochage. Massive, aux formes rectilignes, la masse de fer couronnée de charbon s’impose comme une barrière. C’est à une confrontation qu’elle invite devant une brutale et froide opacité d’un matériau industriel, réchauffé symboliquement par la présence du charbon source de chaleur et signe de la transformation du travail humain. « Toujours il y a l’homme derrière », dit volontiers l’artiste qui montre une réalité dramatique à travers ces surfaces sans relief, juste parcourues d’un léger balancier qui supporte une lampe vacillante, secret espoir. Dans ces successions de tableaux cousus de manteaux noirs déchirés, s’exprime la blessure autant que la protection, une brutalité de l’existence qui sait aussi réchauffer.
Kounellis interroge le spectateur, le frappe de plein fouet, l’invite à cette confrontation avec une réalité inerte et résistante mais parcourue de lutte et d’espoir.

Paul Wallach


En contrepoint immédiat, l’œuvre de Paul Wallach dans la salle voisine, traite à l’inverse de légèreté, de transparence, d’équilibre, d’instabilité. « C’est une tension que je cherche », dit-il dans un équilibre fragile, « précaire ». Sculpteur « du vide, l’air autour qui dessine la pièce », Paul Wallach crée des pièces uniques par un processus de tâtonnement. « Je n’ai pas de plan établi, mes pièces se révèlent elles-mêmes à mesure que je les construits. Si je maîtrise trop mon sujet, ce ne sera pas satisfaisant. Dans le travail, je cherche à l’inverse à revenir constamment à quelque chose que je ne comprends pas. Mes pièces ce sont des êtres dont je cherche à trouver l’âme », explique l’artiste, qui a intitulé sa proposition « Where, what, was », un questionnement sur l’être.

Gianni Caravaggio

Autre artiste de la « middle génération », Gianni Caravaggio propose une rêverie. Chaque pièce unique aux matériaux les plus variés présente une image poétique, une charge émotionnelle qui pousse à la méditation. Abandonnant toute forme de représentation naturaliste, les sculptures de Caravaggio puisent pourtant dans le matériau sa force expressive, pour éveiller l’imaginaire, sur des formes improbables. Caravaggio invite dans une expérience de solitude, à entrer dans son « cercle magique », laissant libre cours à l’imagination.

Cornelia Schleime

Le cabinet graphique accueille les dessins de Cornelia Schleime, artiste allemande à la double culture. Née à l’Est elle fuira en 1984 vers l’Ouest, abandonnant tout de son œuvre antérieure.
On retrouve dans son œuvre graphique le thème de la rupture, la métamorphose, le passage vers l‘âge adulte. Elle peint un univers agressif sous une apparente nonchalance et douceur sensuelle. « Le dessin coule d’elle comme une écriture automatique », dit-on de l’artiste de Berlin, la profusion des motifs répétitifs en atteste dans cette exposition qui transmet toute l’énergie artistique de cette ville en ébullition culturelle.

Daniel Brignon


Local line

L’exposition réunie sous le titre générique de Local line, une porte ouverte aux jeunes artistes, réunit six artistes tout juste sortis de l’Académie royale des beaux-arts de Bruxelles, avec laquelle le musée d’Art moderne a noué un partenariat.
Dans leur diversité, ils ont en commun pour le moins le caractère figuratif de leurs travaux.



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