Fermer la publicité

Du dessous au dessus, la mode aux XIXe se dévoile à Bussières

Loire le 03 avril 2015 - Béatrice Perrod-Bonnamour - Expositions - article lu 147 fois

Du dessous au dessus, la mode aux XIXe se dévoile à Bussières
Béatrice Perrod-Bonnamour

Corset, crinoline, jupon, bas, robes « queue d'écrevisse », à tournure, à «manches gigot », robe de mariée en dentelle, sans oublier le châle, le chapeau et la coiffe, le saute-ruisseau : le fonds exceptionnel de Monique Pourchier s'expose comme une revue de mode pour six mois au musée du Tissage et de la Soierie de Bussières.

« En ce temps-là chaque pièce était unique et faite à la main. Elle nécessitait du savoir-faire », raconte Roger Barbier, président du musée. « Est-ce l’histoire qui induit le vêtement ou le vêtement qui induit l’histoire ? », interroge Monique Pourchier, propriétaire de la belle collection. « Sans relâche, une vie durant, souvent dans la lueur vacillante d’une lampe à huile, d’une bougie », travaillaient ces couturières aux doigts d’or.

Le corset est là pour affiner mais aussi pour flatter la silhouette. Taille très fine avec un système de laçage à œillets métalliques qui met en valeur l’arrondi des hanches. Si sous François Ier, le corset se portait sur la robe, il se cache désormais. Le voilà avec bretelles de 1810 à 1830, sans bretelles mais avec des baleines métalliques jusqu’en 1860. « Sa rigidité qui correspond à celle de l’époque est cause de malaises ». Le jupon baleiné ou la crinoline gagne en poids et en volume jusqu’en 1860 jusqu’à entraver la marche de l’élégante. Elle évolue vers la tournure qui par sa base arrière rétractée fera baptiser certaines robes à l’assise plissée « queue d’écrevisse ». 

Le jupon prend de l’ampleur et se superpose… « une femme peut porter jusqu’à 6 ou 7 jupons sous sa robe », indique Monique Pourchier. « Cette course au volume s’explique par la volonté de s’affirmer socialement ».

Les bas, attachés par des jarretières puis par des jarretelles intégrées au corset, sont blancs ou gris chez la femme respectable, noirs ou de couleurs vives portés par les dames dites de « petite vertu ». Vive le french cancan, immortalisés par  Toulouse-Lautrec !

Manches gigot

Place à la robe… aux manches gigot. En soie, pour sortir le soir. Du poignet au coude, la manche colle à l’avant bras. Elle s’épanouit sur le bras. D’où son nom. La robe de mariée est en dentelle dite duchesse de Bruges, en référence à la duchesse de Brabant, future reine de Belgique. Il s’agit d’une dentelle au fuseau, avec des motifs à fleurs et du feuillage nervuré. La jeune fille vertueuse se marie en blanc.

Jamais sans mon châle en provenance de Perse ou du Cachemire, et jamais sans mon chapeau sous forme de capeline immense couverte de rubans, de plumes. Ils rétrécissent, petits bibis charmants sous Louis-Philippe, se resserrent autour des joues… Puis se garnissent de fleurs, plumes et à nouveau de rubans, pour reprendre de l’ampleur avec de larges bords.
On ne peut que craquer devant cette exposition où les vêtements dialoguent pour raconter au présent la mode au temps passé.

 

Béatrice Perrod-Bonnamour

Musée du Tissage et de la Soierie, Espace Pierre-Berchoux, à Bussières, jusqu’au 8 novembre.



À lire également


Réagir à cet article

Message déjà envoyé Adresse e-mail non valide