Fermer la publicité

Opéra de Saint-Etienne : Don Pasquale, une œuvre majeure

Loire le 26 décembre 2014 - Daniel Brignon - Spectacle, Théâtre - article lu 264 fois

Opéra de Saint-Etienne : Don Pasquale, une œuvre majeure
daniel Brignon - Jose-Luis Dominguez

Pour finir l'année mais aussi pour entrer dans la nouvelle, l'Opéra-Théâtre invite à l'opéra-bouffe de Donizetti Don Pasquale, une comédie dans une mise en scène enlevée d'Andrea Cigni, mais pas seulement légère, comme le relève le chef chilien invité pour la première fois en France, José-Luis Dominguez. Entretien.

Vous connaissez bien l’opéra de Donizetti ?

Celui-ci en particulier, Don Pasquale, le seul de Donizetti que j’ai déjà dirigé et à de nombreuses reprises. C’est un répertoire unique qui pour être dans le registre de l’opéra bouffe n’en est pas moins marqué par une tonalité dramatique. Don Pasquale a la structure d’une comédie mais est porté par une musique clairement dramatique. C’est un opéra incroyable, ample, qui présage le répertoire romantique.

Vous tenez Don Pasquale pour une œuvre majeure ?

L’orchestration ouvre quelques champs nouveaux. Prenez l’exemple des trompettes, réputées être des instruments d’ambiance antérieurement. Dans Don Pasquale, les trompettes s’invitent dans la mélodie, c’est nouveau, Don Pasquale est une oeuvre charnière qui témoigne d’une rupture dans un lent processus d’évolution de l’histoire de la symphonie. On passe d’un orchestre d’accompagnement à un orchestre plus impliqué dans la mélodie et la dramaturgie.

Avec ce Don pasquale à Saint-Etienne, vous allez enchaîner les premières…

Chaque fois que j’ai dirigé Don Pasquale jusque-là, c’était des versions écourtées. Ce sera la première fois à Saint-Étienne que je dirigerai l’œuvre en entier, c’est nouveau pour moi et répond à un rêve. Voici donc une première qui me ravit en même temps que plusieurs autres : première fois que je dirigerai en France, première fois à la tête de l’orchestre symphonique de Saint-Étienne Loire. Faire quelque chose pour la première fois est très excitant pour moi.

Vous ne connaissez pas l’orchestre ?

Pas encore. J’ai entendu de très bonnes choses à son sujet et sur les personnes qui le composent, car j’attache beaucoup d’importance à la qualité des personnes et des relations que nous pouvons établir. Après une semaine de travail à Saint-Étienne, je me félicite du casting des chanteurs qui réunit d’excellents artistes mais aussi d’excellentes personnes. Je veux dire par là que le plus important pour moi ce sont les relations humaines, sur lesquels je peux me reposer. Diriger n’est pas une chose dictatoriale. Certes le chef d’orchestre a la responsabilité de donner une direction mais de manière très humble. Le potentiel doit venir des musiciens et il importe pour cela qu’ils soient en confiance.

Je compte sur la générosité des musiciens et préfère dans mon travail de direction retrancher plutôt qu’ajouter. Je m’explique : c’est dire à un musicien « là, c’est un peu trop », plutôt que le pousser à donner plus. Pour vous donner une image, je préfère être dans une voiture qui roule à vive allure et appuyer sur le frein pour la contrôler au lieu de devoir être derrière la voiture à la pousser ! Vous savez, le chef d’orchestre est le seul dont on n’entend rien, il chante et joue à travers les autres.

Propos recueillis par Daniel Brignon
 

Opéra-Théâtre de Saint-Étienne, mercredi 31 décembre à 19 h, vendredi 2 janvier à 20 h et dimanche 4 janvier à 15 h.



À lire également


Réagir à cet article

Message déjà envoyé Adresse e-mail non valide