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Desgranges Outils Coupants sous pavillon japonais

Loire le 22 septembre 2015 - Denis Meynard - Industrie - article lu 1539 fois

Desgranges Outils Coupants sous pavillon japonais
© Denis Meynard - Eric Monniot est par ailleurs président de l'UIMM Loire.

Eric Monniot continuera à diriger l'entreprise d'Andrézieux-Bouthéon que son cousin Hubert Fessy et lui-même ont vendue au groupe japonais OSG.

Desgranges Outils Coupants, qui fêtera l’an prochain ses 70 ans, vient de quitter le giron des familles Monniot et Fessy, issues du fondateur de l’entreprise, Pierre Desgranges, en 1949, sur son site actuel d’Andrézieux-Bouthéon. Eric Monniot, 52 ans, qui dirige l’entreprise depuis 1991 et son cousin Hubert Fessy, parti à la retraite courant septembre, avaient tous les deux racheté l’entreprise à leurs parents, en 1995. Ils viennent de céder 100 % des parts de la holding au groupe industriel japonais OSG, côté à la Bourse de Tokyo. Le groupe de Nagoya, qui a réalisé l’an dernier un chiffre d’affaires de plus d’un milliard de yens, avec 5 250 salariés, a réalisé cette acquisition le 8 septembre.

Desgranges Outils Coupants s’est spécialisé dans les outils spéciaux conçus et fabriqués en fonction de la demande de ses clients, plutôt que dans produits standard. Il s’agit pour l’essentiel de fraises, alésoirs et forets montés sur des porte-outils servant à percer des matières particulièrement dures telles que l’aluminium, le titane et le carbone. Dans les années qui ont suivi le rachat de la société, à 50/50, par Eric Monniot et Hubert Fessy, deux opérations de croissance externe ont permis de développer une activité d’affûtage d’outils usés. Une première acquisition, en 1998, en région parisienne, a été suivie d’une autre dans la région de Toulouse, en 2003. Leur activité a été réuni sous le nom de Desgranges Aero, à Grisolles (Tarn-et-Garonne). Une proximité géographique avec le lieu d’assemblage des A380 et des A350 qui permet une forte réactivité vis-à-vis du principal client. Cette activité de maintenance de l’outillage emploie 14 salariés, s’ajoutant aux 54 de la Loire et aux deux de la filiale commerciale Montoir-de-Bretagne installée en Loire-Atlantique. Soit un effectif total de 70 personnes.

Une autre orientation prise voici une dizaine d’années, « la décision de tout miser sur l’aéronautique s’est révélée déterminante pour la survie de l’entreprise dans un environnement où on est confrontés à des concurrents dont certains sont beaucoup plus gros que nous avec des coûts de revient inférieurs », explique Eric Monniot. Jusqu’alors ses débouchés se répartissaient entre l’automobile, l’aéronautique et l’énergie. Aujourd’hui, l’aéronautique représente plus de 80 % des 11 M€ de chiffre d’affaires. Même si le groupe PSA Peugeot Citroën est encore le deuxième client, derrière Airbus (qui a lui seul pèse pour plus de la moitié du total avec ses sous-traitants et sociétés de maintenance) et devant une entreprise de Dubaï spécialisée dans la fabrication de pièces d’avions.

Le nouvel actionnaire, qui réalise sa première implantation industrielle en France, possède un réseau commercial étendu qui devrait permettre d’augmenter l’export, qui se situe entre 10 et 15 %. OSG, qui compte près d’une quinzaine de sociétés sur le Vieux continent, avec un siège pour l’Europe à Bruxelles, se présente comme le numéro un mondial du taraud (outil servant à effectuer des filetages à l’intérieur des trous de faible diamètre destinés à recevoir des vis). « Il est très présent dans l’automobile et souhaite se développer dans l’aéronautique en Europe », explique Eric Monniot, ajoutant que « notre chiffre d’affaires de pourrait doubler sous quatre ans », notamment si le groupe investi localement dans un équipement de revêtement diamant permettant d’internaliser cette étape du process de fabrication.

Denis Meynard

« Tool management »

Le « tool management », qui consiste à gérer à distance un stock d’outils installé chez le client, fonctionne bien, indique Eric Monniot. Ce système de logistique déporté permet de facturer à l’utilisateur chaque fois qu’il se sert dans le stock mis à sa disposition et d’organiser le réapprovisionnement. Le dirigeant de l’entreprise ligérienne avait par ailleurs imaginé en partenariat avec l’entreprise stéphanoise Cienum et son dirigeant Christophe Beyens un système de location d’outils coupants. Face au manque d’adhésion de la clientèle à cette offre, la société commune Sinertool vient d’être dissoute.
 



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