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Déserts médicaux en Isère : des syndicats sceptiques

Isère le 16 avril 2017 - Elisabeth Laverdant - Sciences, Santé, Environnement

Déserts médicaux en Isère : des syndicats sceptiques
Stocklib - Sur certains territoires, on compte moins de 7 médecins pour 10 000 habitants

Il a voulu engager la lutte. Le Département a présenté plusieurs mesures pour lutter contre les déserts médicaux le 5 avril dernier. Côté syndicats on répond « peut mieux faire ».

« C’est un sujet sociétal extrêmement important » avait annoncé Jean-Paul Romanet, doyen de la faculté de médecine de Grenoble, lors de la présentation des mesures prises pour lutter contre les déserts médicaux. L’Isère n’est pas épargnée par le phénomène. Sur certains territoires, on compte moins de 7 médecins pour 10 000 habitants. L’extrême Nord Isère, la Matheysine ou encore l’Oisans et la plaine de Bièvre sont les territoires les plus touchés.

Une fois le diagnostic posé, il faut un traitement. Celui du Département a été pensé en collaboration avec les internes de la faculté de médecine de Grenoble. L’Agence régionale de santé (ARS) participe également. En tout, le Département a décidé d’investir 4 M€ sur quatre ans. Trois mesures sont prévues.

D’abord, une bourse de 56 000 € allouée sur les trois dernières années du cursus des internes. En clair, leurs indemnités seront doublées. En échange ? Ils devront s’installer au minimum deux ans dans un désert médical. « A court terme, c’est une bonne idée », admet le docteur Badis Hadrouf, président départemental du syndicat MG France Isère. Le Dr Marion Chauvet, secrétaire générale du syndicat ReAGIR-AuRA, syndicat indépendant des jeunes généralistes en Auvergne-Rhône-Alpes, n’est pas enthousiaste : « ça rentre dans les mesures incitatives qui au final ne sont pas attractives. Ce qui rentre en ligne de compte, c’est le cadre de vie (…) Pourquoi on mettrait un médecin là où il n’y a même pas la Poste ? ». Une vision partagée par le Dr Hadrouf : « si le tissu social n’est pas au rendez-vous quand on s’installe, ce n’est pas possible ». Une aide à l’installation allant jusqu’à 10 000 € est également prévue. Elle concerne l’achat de petit matériel. « Pas inintéressant », juge le docteur Chauvet.

Il reste encore le problème de l’accueil des stagiaires. Il est prévu que le Département finance la formation des maîtres de stage. La perte de leur patientèle sera ainsi compensée. « Pourquoi pas ? Il aurait aussi fallu réfléchir à la question de logement des internes pendant la durée de ces stages », relativise Marion Chauvet. Si Badis Hadrouf est d’accord, le médecin insiste sur un autre point. « Des déserts médicaux, il commence à y en avoir aussi en ville. Fontaine, Echirolles et le Pont-de-Claix sont touchés ». Le problème est donc loin d’être réglé.

Elisabeth Laverdant



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