Fermer la publicité

Des Stéphanois candidats au rachat de C2FT

Loire le 13 mai 2015 - Denis MEYNARD - Industrie - article lu 1261 fois

Des Stéphanois candidats au rachat de C2FT

Anderton Industries, unique repreneur déclaré, appartient à un couple originaire de la région stéphanoise, parti faire fortune aux Etats-Unis.

Les 127 salariés de C2FT devront encore attendre quelques semaines pour savoir si l’unique offre de reprise de leur entreprise en difficulté, qui leur a été présentée en comité d’entreprise, est validée par le Tribunal de commerce de Saint-Etienne. D’ici là le comité d’entreprise aura été amené à exprimer un avis sur cette proposition. Ainsi que sur des mesures d’accompagnement, tels que des formations, qui pourraient être proposées sur le second semestre aux salariés actuellement au chômage partiel, un peu plus de deux mois après la mise en redressement judiciaire de cette filiale du groupe français Sifcor

L’Américain Anderton Industries, basé dans le Michigan, qui propose la reprise de 55 des 127 salariés de l’entreprise d’Andrézieux-Bouthéon, est un fonds d’investissement familial (« family office ») qui a la particularité d’être détenu par une famille originaire de la région stéphanoise. Pierre Dubeauclard y a d’ailleurs obtenu en 1969 son diplôme d’ingénieur civil des Mines. Avec son épouse Solange Vermorel-Dubeauclard, il s’est installé aux Etats-Unis dans les années 80, où ils ont fait fortune dans l’industrie des équipements destinés à l’automobile.

Ils ont cédé en 2012 leur participation dans le groupe SMW, de 1 500 salariés, qui comptait alors une quinzaine d’usines aux Etats-Unis, au Brésil, en Chine et en France. Depuis le début de l’année, ils ont fait l’acquisition de trois entreprises industrielles : une unité d’usinage dans le Michigan et deux fonderies d’aluminium, au Texas et au Mexique. Cet ensemble représente un peu plus de 500 salariés et un chiffre d’affaires d’environ 70 millions de dollars.

Anderton Industries est intéressé par C2FT car il est à la recherche de capacités de production de 500 000 pièces de suspension en aluminium par an, pendant cinq ans, pour un de ses clients de l’industrie automobile. Il veut pour cela utiliser la technologie du forgeage par gravitation (différente du coulé-forgé actuellement pratiqué à Andrézieux-Bouthéon), ce qui supposera une adaptation de l’outil de production ligérien. Pour cela, il a prévu d’investir 4,1 M€ dont 1,2 M€ immédiatement. Il propose par ailleurs un montant de près de 2,9 M€ pour la reprises des actifs, montant n’incluant pas l’immobilier qui appartient à une société de crédit-bail.

Au plan social, le projet consiste à ne reprendre mi-2015 que 55 des salariés actuels, ce qui conduira l’administrateur judiciaire à licencier 70 personnes. Anderton Industries s’engage toutefois à en réembaucher 62 autres dès le début 2016, lors de l’entrée en production du contrat qu’il apporte. Dans le cadre de son business plan, l’effectif monterait à 134 personnes début 2017, puis 156 début 2018. Anderton Industries propose aussi une variante à ce schéma. Elle consisterait à reprendre 30 salariés supplémentaires dès la fin du mois prochain, soit un total de 85, si Audi, le client allemand de C2FT, s’engage à commander 50 % du volume antérieur sur le second semestre 2015. Le directeur de l’usine ligérienne, Mikaël Pugnet, et l’administrateur judiciaire, Me Eric Etienne-Martin, accompagnés par les services de l’Etat français, ne désespèrent pas d’aboutir à un accord avec le constructeur allemand qui, à l’évidence, pesait d’un poids anormalement élevé dans le carnet de commande de C2FT.

Denis Meynard

Un « mineur » entreprenant

L’ancien étudiant de l’Ecole des Mines de Saint-Etienne Pierre Dubeauclard a cumulé les responsabilités entreprenariales de part et d’autre de l’Atlantique, en ayant notamment exercé la fonction de vice-président du groupe Concord International. Cet ex-cadre d'Alcatel-Alsthom, qui a acquis la nationalité américaine, a représenté les intérêts commerciaux sur le marché nord-américain d'une quinzaine d'entreprise françaises de la sous-traitance automobile. Tout en présidant l'usine américaine de la Société mécanique de Villeurbanne (SMV), dont Concord International a pris une part du capital.
 



À lire également


Réagir à cet article

Message déjà envoyé Adresse e-mail non valide