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De Vincent Chriqui au maire de Bourgoin-Jallieu

Isère le 04 juillet 2014 - Eric Séveyrat - Nord-Isère - article lu 2946 fois

Vous étiez directeur général  du CAS (centre d’analyse stratégique) avec la gauche, avez-vous conservé votre poste, qu’en est-il aujourd’hui ? J’ai changé de poste, je suis rapporteur à la Cour des comptes, ce qui me laisse un peu plus temps pour la mairie, et la possibilité de travailler à distance, je passe un ou deux jours à Paris chaque semaine.

Vous étiez directeur général  du CAS (centre d’analyse stratégique) avec la gauche, avez-vous conservé votre poste, qu’en est-il aujourd’hui ?

J’ai changé de poste, je suis rapporteur à la Cour des comptes, ce qui me laisse un peu plus temps pour la mairie, et la possibilité de travailler à distance, je passe un ou deux jours à Paris chaque semaine. Je tiens à garder une activité professionnelle, maire, pour moi, ce n’est pas un métier.

Créé par décret du 22 avril 2013, le Commissariat général à la stratégie et à la prospective (CGSP) dont le commissaire général est Jean Pisani-Ferry se substitue au Centre d’analyse stratégique, pouvez-vous nous en dire plus, c’est un changement de nom ?

Je ne sais pas si c’est un simple changement de nom, il faudrait demander au commissaire général. Je peux seulement dire que nous étions davantage dans le conseil opérationnel au gouvernement, le CGSP est plus dans la prospective.

Jean Pisani-Ferry devait remettre  mercredi dernier un rapport au président de la République « La France dans 10 ans » en avez-vous pris connaissance, qu’en pensez-vous ? Innovation, numérique, financement des entreprises, gouvernance de la zone euro, rien de neuf non … ?

Je trouve le rapport intéressant, il pointe le doigt sur les réformes à faire, et se place plutôt en contradiction avec le gouvernement actuel. Il y est question, notamment de plus de souplesse pour les entreprises, dans le droit du travail.

A côté de la direction générale du centre d’analyse stratégique du Premier ministre, administrer le budget de la ville de Bourgoin doit vous sembler un jeu d’enfant ?

Pas du tout, ce n’est pas une question de masse, le budget de la ville est très difficile à boucler. On doit faire face à une baisse des dotations d’Etat. Ce que nous avions fait (Ndlr : avec le gouvernement Fillon) nous avions décidé le non-remplacement d’un fonctionnaire d’Etat sur deux et le gel des dotations aux collectivités, c’était rigoureux certes, mais le gouvernement actuel est incapable de s’imposer des économies, il  fait tout le contraire, il diminue les dotations… (Ndlr : sur le budget de la ville,  lire aussi l’Essor du 27 juin)

Trois mois jour pour jour après votre élection, êtes-vous heureux dans votre fauteuil de maire tel qu’ Alain Cottalorda, votre prédécesseur, vous a dit l’avoir été, si oui pourquoi, sinon pourquoi ?

Oui je suis très heureux dans mon fauteuil de maire, c’est le mandat le plus passionnant, je réponds à des attentes concrètes, le maire a encore une vraie capacité d’agir au quotidien et à moyen terme sur les aménagements de la ville. C’est passionnant. J’ai une grande chance, j’ai une équipe dynamique et mobilisée, j’aime déléguer et faire confiance. Je crois que c’est ainsi qu’on peut faire de grandes choses.

La politique

Pourquoi n’avez-vous pas brigué la présidence de la Capi ?

Je suis un maire nouveau dans la fonction, j’ai encore à apprendre. Je voulais me consacrer à ma mairie. Je suis premier vice-président, j’ai toute confiance à Jean Papadopulo, notre président, qui prend de bonnes décisions, et les tient bien. Le bon fonctionnement de la Capi repose nécessairement sur un équilibre entre les grandes et les petites communes, même si les trois grandes communes de la Capi, l’Isle-d’Abeau, Villefontaine, Bourgoin-Jallieu, ont des charges de centralité plus importantes.

Que pensez-vous du Pôle métropolitain, est-ce que le Nord-Isère n’est pas en train de se faire aspirer par Lyon, et Saint-Etienne également, et si oui est vraiment une mauvaise chose ?

Je suis vice-président du pôle métropolitain, c’est une bonne chose de profiter de l’attraction lyonnaise. Bourgoin-Jallieu et la Capi sont idéalement situés dans le triangle Lyon-Chambéry-Grenoble. Notre territoire a les atouts pour exister par lui-même, et il faut organiser ce réseau du pôle car nous en avons besoin.

Vincent Chriqui et la région Rhône-Alpes

Les régions élargies, n’est-ce pas une bonne chose pour Rhône-Alpes, mais surtout pour Auvergne, moins bien lotie sur le plan économique ?

Le rapprochement avec l’Auvergne n’est pas le sujet, mais sur le fond on est en train de rater la réforme territoriale. Il fallait commencer par le département, s’attaquer à réduire le millefeuille administratif. Nous (Ndlr : gouvernement Fillon-Sarkozy) avions voté le conseiller territorial qui siège à la fois dans le département et à la région. La gauche est arrivée, elle a d’abord diminué le nombre et agrandi la surface des cantons et décrété que siègeraient obligatoirement une femme et un homme. Ensuite, on vient nous dire : non, finalement, on va supprimer les départements…

Les élections régionales auront lieu en décembre 2015, sauf changement, souhaitez-vous repartir pour un mandat, la droite a-t-elle ses chances ? Des législatives de 2017 vous tenteraient-elles davantage, vous n’allez pas rester sur l’échec de 2012 ?

Je suis très intéressé par ce mandat régional, j’interviens notamment pour mon groupe sur les questions de budget. On verra bien l’année prochaine pour les élections. La droite pourrait reprendre la région Rhône-Alpes vu la désaffection des électeurs de gauche, cependant le redécoupage annoncé est très politique, et penche pas mal du côté gauche avec l’Auvergne…quant aux législatives de 2017, je n’y pense pas, je me consacre à ma mairie.

Vincent Chriqui et l’UMP

Comment vivez-vous ce paradoxe d’être l’un des brillants vainqueurs UMP des dernières municipales et la déconfiture de votre parti, du moins l’image déplorable qu’il donne actuellement avec l’affaire Bygmalion, la démission de Jean-François Copé ?

Il faut évidemment faire la transparence sur ce qui s’est passé, la justice travaille, mais le Mouvement prend lui aussi les bonnes décisions : une nouvelle direction, un audit, l’éviction de certains anciens cadres, un congrès à l’automne avec un nouveau président. Il faut rompre avec les pratiques anciennes.

Toujours sur la même longueur d’onde avec François Fillon ? Il prend un virage plus libéral en ce moment ?

Oui je le suis plus que jamais, il faut avoir le courage de demander des réformes très profondes pour le pays, pour l’école, pour la compétitivité. Il y a une hypocrisie française à vouloir de la compétitivité et des réformes, et dès que l’on touche au système, on n’est plus d’accord ! Alors que les inégalités s’accroissent, on dépense plus que les autres pour arriver à des résultats moins bons. Il  faut redonner de la souplesse aux entreprises…mon nouveau mandat de maire et la campagne que j’ai menée m’enseignent que les gens ne veulent plus de social, ils veulent « un boulot ». Nous ne sommes pas une ville très favorisées, avec 16 % de chômage, la seule politique valable, c’est une politique économique et de l’emploi.

Bourgoin-Jallieu : création d’un festival de rock

Des villes de taille comparable « satellites » de Lyon ont une image marquée : Vienne, c’est Vienna l’antique et le Jazz, Villefranche-sur-Saône, c’est le Beaujolais, que faut-il pour donner une âme à Bourgoin-Jallieu, cette petite ville grandit presque trop vite, reste le CSBJ mais le Lou et Grenoble sont en top 14 …. ?

J’allais vous en parler, l’image rugby est encore bien présente et positive pour tout un territoire, il suffit de rendre à un match pour s’en rendre compte. Un club de Top 14 à nouveau, pourquoi pas, mais ce serait un budget que la ville ne pourrait pas se permettre. Nous avons un bon club professionnel en Pro D2, la ville doit d’abord en être le premier supporter. Déjà en aidant CSBJ association, puis en étant un facilitateur, un accompagnateur, pour chercher des partenaires par exemple. Mais aussi pour quelques travaux qui seront nécessaires sur les locaux administratifs.
Et puis côté image et rayonnement nous avons aussi un projet de création d’un festival de musique rock, le « BJ Rock », les bonnes journées du rock…nous sommes en pleine réflexion.

Après audit financier, quid de votre projet de parking souterrain et de Halle sur le tènement de l’ancienne prison ?

Ce qui est certain c’est que nous avons besoin de stationnement, on étudie un parking, souterrain, ou en niveaux, à voir…

Et le nouveau quartier Follatière (tènement de l’ancien hôpital) ?

Le projet est entre des mains privées, il me semble pas mal, mais il faudra revoir la circulation entre les pôles du centre-ville, Follatière-la place du 4 août-la place Carnot-et les autres. La rue piétonne va nécessiter des aménagements.

Quid d’une salle multifonction, les projets d’amélioration de la salle polyvalente remplaceront-ils une salle nouvelle ?

Les améliorations de la salle polyvalente ne remplaceront pas une vraie salle de spectacle, mais nous permettront de patienter. Il y a un vrai besoin pour remplacer le théâtre Jean-Vilar. Nous solliciterons la communauté d’agglomération, nous verrons bien…

Nous sommes dans sorte une « conurbation » de Bourgoin-Jallieu à L’Isle-d’Abeau et au-delà, que faudrait-il faire pour donner du lien entre les quartiers Médipôle, La Grive et le centre ?

C’est vrai que La Grive est un quartier qui a aujourd’hui des besoins, notamment en termes d’accueil des enfants. On s’aperçoit que ce quartier se tourne vers l’Isle-d’Abeau par proximité. A nous de faire mieux avec un centre-ville attractif et pratique, sans desservir les autres quartiers.

Propos recueillis par Eric Séveyrat



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