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De Saint-Privat-d'Allier à Saugues

Loire le 21 août 2015 - Florence Barnola - Vie locale - article lu 72 fois

De Saint-Privat-d'Allier à Saugues
DR - le pont Eiffel de Monistrol d'Allier

Ce 4e épisode, de Saint-Privat-d'Allier à Saugues, nous transporte sur les plateaux de la Margeride et du mythique Gévaudan.

Après un petit déjeuner à la française (pain, beurre, confitures maison, jus d’orange et café), le sac hissé sur le dos, la crème solaire badigeonnée sur toute peau dénudée, nous nous dirigeons vers la boulangerie-épicerie du village afin de nous approvisionner pour le déjeuner.
Nous sommes à 1 506 kilomètres de Saint-Jacques-de-Compostelle. Il est un peu plus de 9 heures quand nous quittons la commune, nous parviendrons à destination aux alentours de 16 heures. Nous avons été prévenus par la gérante de l’auberge que « ça monte sec surtout après Monistrol ». À la vue de notre réaction, elle s’est voulue réconfortante : « Vous voulez une carotte ?! », nous nous imaginons déjà croquer à pleines dents dans le légume orangé quand elle ajoute, « Il y a une piscine biologique à Saugues ».

Dès la sortie du village, ça grimpe pendant près de 4 kilomètres, pour redescendre 4 autres kilomètres en direction de Monistrol-d’Allier, niché en fond de vallée. L’étape que nous effectuons est longue de 20 kilomètres avec un joli dénivelé de 500 mètres. Et des descentes…
Nous avançons dans les jolis paysages de la Margeride, massif montagneux et arrondi, très divers, constitués de roches granitiques, d’hêtres, de pins et de genêts. Aux pieds des vallées, coule l’Allier, affluent de la Loire.

À Rochegude (967 m), ancienne place forte à la frontière de l’Allier et du Gévaudan, s’érigent en hauteur, une tour, et un peu plus bas une chapelle surmontée de deux cloches. Nous remplissons nos bouteilles à la fontaine du village, le soleil cogne déjà, il doit faire plus de plus de 30°.
Arrivés à Monistrol-d’Allier (606 m), village très encaissé, nous devons franchir la rivière. Nous empruntons le « petit pont vert », œuvre de Gustave Eiffel datant de la fin du XIXe siècle, un an avant la tour parisienne.

Une montée abrupte

Il n’est pas loin de midi, pour autant nous choisissons de ne pas s’arrêter tout de suite pour déjeuner. Nous savons que le plus dur est encore devant nous, nous revient l’adieu de notre hôtesse à Saint-Privat «  ça grimpe sec après Monistrol, sur plus de 10 km ». Maintenant que nous avons dévalé, nous allons inexorablement remonter pour atteindre le sommet de la prochaine vallée. Encore quelques kilomètres et nous ferons une pause, nous récompensant d’un bon pique-nique.

La montée est raide. Non loin de là, Au hameau d’Escluzels (791 km), la chapelle de la Madeleine sort de la roche. Cet oratoire troglodyte a été édifié au XVIIe siècle. Nous montons les marches qui finissent de faire trembler les muscles des cuisses, les genoux ne sont guère vaillants et le souffle se fait court. Le moment est difficile, la chaleur harassante. Il ne reste plus qu’un litre d’eau.

Cheminant dans la forêt, nous décidons de faire notre halte à l’ombre des arbres, pour récupérer et retrouver une circulation sanguine normale des jambes. C’est là qu’on se dit qu’une paire de chaussettes de contention n’est pas un luxe mais un must en grande randonnée. Les mollets sont douloureux, les pieds infestés d’ampoules. Nous nous installons à côté de deux ânes se trouvant derrière une clôture. Ils s’approchent, pas farouches. Ils attendent de nous un bout de pain. Qu’ils auront. Notre déjeuner paraît un festin. La marche rend chaque chose précieuse.

Nous reprenons notre route après une demi-heure de repos, badigeonnés à nouveau de crème solaire. Nous grimpons toujours et encore dans les bois, le chemin est truffé de racines ou de pierres.

Le Gévaudan mystérieux

Au fil de notre pérégrination, des efforts qu’elle demande, nos esprits vagabondent, s’arrêtent sur une légende : la bête du Gévaudan. C’est sur les hauts plateaux de la  Margeride qu’a sévi le monstre au XVIIIe siècle… Une affaire jamais vraiment élucidée… Le mystère persiste encore aujourd’hui bien que plus aucun crime de la sorte n’ait été commis depuis 1767. Jean Chastel l’aurait tuée en abattant un gros loup… mais était-ce vraiment la bête du Gévaudan ? Qui, quoi pouvait être ce monstre ? Un loup géant, un loup garou ou un serial killer ?

À Montaure (1 022 m) nous rechargeons les bouteilles. Nous nous aspergeons la nuque et le crâne de cette eau merveilleusement fraîche. La montée se fait plus aisée, moins abrupte, la fatigue s’est pour autant installée. Vient le moment de descendre dans la vallée pour rejoindre notre destination du jour.

L’arrivée à Saugues a quelque chose de féérique, le sentier qui débouche sur la départementale se termine par une haie de sculptures en bois taillées à la tronçonneuse. En bordure de route, une Bête de Gévaudan surplombe le bourg. Nous sommes à 20 min de notre chambre d’hôte….
Dans le prochain épisode nous verrons que Saugues est une patrie de champignons et partirons vers notre prochaine étape : la Lozère à seulement une poignée de kilomètres du domaine du Sauvage.

Florence Barnola



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