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David Reiland, jeune chef d'orchestre européen

Loire le 15 novembre 2015 - Daniel Brignon - Musique - article lu 535 fois

David Reiland, jeune chef d'orchestre européen

De nationalité belge, le jeune chef d'orchestre David Reiland se reconnaît plus volontiers européen. De cette Europe, berceau de la musique, où il dirige désormais six formations symphoniques.

D’ailleurs, il réside depuis sept ans en Allemagne, à Munich, où il se trouve au centre géographique de ses emplois d’aujourd’hui en tant que chef à l’orchestre national de Belgique, l’orchestre national de Lorraine, l’orchestre symphonique de Bâle, la philarmonie du Luxembourg, l’orchestre de la radio bavaroise et enfin l’opéra de Saint-Étienne dont il est depuis cette saison le premier chef invité. La direction de ces formations entre lesquelles il se partage constitue son « quotidien ». S’il répond à différentes invitations dans le monde, le chef concentre ses projets en Europe. « L’Europe, dit-il, berceau de la musique, reste fascinante, dans une très forte dynamique », pour le musicien qui apprécie la créativité dans une émulation de proximité. « Il n’y a qu’en Europe où je puis dans la même journée tenir une répétition Londres le matin, à Paris à midi, et diriger un concert le soir à Amsterdam. »

L’Europe, c’est aussi toute l’étendue de sa formation : trois masters de direction d’orchestre obtenus à Bruxelles, à Paris et à Salzbourg, à l’université Mozarteum où il obtient plus tard un doctorat.

Il faudra du temps pourtant au jeune musicien pour se résoudre à passer à la direction. Le fait déclencheur pour l’artiste qui se dit « lent » et toujours « en recherche » fut de réussir en 2010 le concours de direction d’orchestre de Londres. « j’ai accepté alors de faire confiance à mes mentors qui m’invitaient depuis longtemps à “oser“. Je m’y suis résolu quand la vie m’a envoyé des signaux assez fort », explique le jeune chef aujourd’hui de 35 ans qui connaît depuis une carrière de chef en rapide ascension, invité à la tête de nombreuses phalanges internationales, à Pittsburg, Halifax, Taïwan, Shanghai, Moscou à la tête du Bolchoï notamment.

Le temps, il l’a pris à se forger une solide connaissance du répertoire et de la composition, comme titulaire qu’il a été pendant neuf ans de la classe de fugue et de composition au conservatoire du Luxembourg. « Si je n’avais pas alors de visibilité, j’ai eu en revanche pendant ces neufs années l’énorme chance d’étudier le répertoire, d’entrer profondément dans la compréhension du langage musical et de la composition. Cette maturité que l’on acquiert dans la compréhension des œuvres est nécessaire et même indispensable pour diriger ».

La formation d’un chef d’orchestre est de longue haleine, reconnaît David Reiland, elle a passé encore par un compagnonnage auprès de chefs qui a fréquenté comme assistant : Mariss Jansons, David Zinman, Bernhard Haitink, Pierre Boulez.

« Les détails sont capitaux »

À Saint-Étienne David Reiland est intervenu pendant six ans et demi comme chef assistant. Des liens se sont tissés avec l’orchestre de Saint-Étienne Loire : « La découverte des oeuvres avec des musiciens crée une relation et je tiens énormément au relationnel » avec les musiciens de l’orchestre auquel le jeune chef restera fidèle. Cet orchestre qui lui offrira « l’opportunité de créer La clémence de Titus » l’année dernière et tout récemment « ma première Tosca ».

Ce qu’il dit de l’orchestre de Saint-Étienne : « J’ai à chaque fois la même sensation à la fois stimulante et gratifiante de voir comment l’orchestre grandit, il a un vrai moteur dans le ventre, un vrai potentiel. C’est un orchestre avec lequel nous parvenons ensemble à repousser les limites, jusqu’au bout, jusqu’à la dernière représentation. Pour moi, chaque répétition est une occasion de se remettre en danger. Remettre un peu de danger pour atteindre un autre plan est quelque chose que j’aime. Modifier ainsi de petites choses, dans le détail, permet de générer une autre énergie. » C’est ainsi que le chef aborde les partition, dans le détail. « Les détails sont capitaux. Dès les premières répétitions, je vais directement aux détails, je vois dans la précision non pas une perte de temps mais au contraire une façon d’en gagner car en mettant en place tout de suite des détails, l’orchestre change d’attitude face à la partition et va plus vite dans son appropriation. »

David Reiland ne cache pas son penchant pour le répertoire mozartien, et le cachet de mozartien qui lui est progressivement associé. Il l’a cultivé auprès du chef Nikolaus Harnoncourt, une rencontre qui maquera la carrière du jeune chef. Mozart est à son programme chaque année avec l’intégrale des trois dernières symphonies et prochainement : Idoménée roi de Crète, le Requiem.

Daniel Brignon

Date :

21 décembre 2009

Lieu :

N’importe où, où je retrouve ceux que j’aime

Phrase :

« Les détails sont les pierres au bord de la route qui mènent vers la qualité mais il n’y a que la qualité qui ait un petit goût d’éternité. » Mariss Jansons

Ambition :

Maintenir jusqu’à mon dernier souffle cet équilibre entre ma vie privée, près de ceux qui sont mon moteur, et un épanouissement artistique, ce fragile équilibre entre les miens et l’art, l’un n’allant pas sans l’autre.



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