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Déchets : ce qui attend 600 000 Ligériens

Loire le 24 juillet 2014 - Xavier Alix - Actualités - article lu 956 fois

Déchets : ce qui attend 600 000 Ligériens
En 2026, le site d'enfouissement de Roche-la-Molière ne pourra plus être utilisé (D.R.)

A part le mirage A 45, qui dit mieux dans la Loire en termes d’impact sur les finances publiques ? Et encore, ce projet-là ne fait lui aucun doute sur sa nécessité, ni sur son financement par le contribuable.

Ni même sur son aboutissement. Car en 2026, après des décennies de fonctionnement, le site de Roche-la-Molière, dit Borde Matin, propriété de Sita (groupe Suez), ne sera plus autorisé à enfouir les déchets ménagers résiduels de 600 000 Ligériens.
Via des contrats intercommunaux séparés, 80 % de la population du département s’y débarrasse actuellement de 210 000 t d’ordures annuelles non recyclables. Il y a là les habitants de Saint-Etienne Métropole, de Loire Forez mais aussi du Pays de Saint-Bonnet-le-Château, de Feurs-en-Forez, du Pays d’Astrée, des Collines du matin, du Pilat rhodanien, du Pays de Saint-Galmier et du Simoly (syndicat intercommunautaire des Monts du Lyonnais).
Neuf intercommunalités qui travaillent depuis 2008 sur l’après « Borde matin » à travers le Sydemer. Municipales obligent, sa gouvernance a changé. Eric Berlivet, maire UDI de Roche-La-Molière a notamment remplacé à la présidence Philippe Robert, ex adjoint de l’ancienne mairie socialiste saint-chamonaise. Pas question pour lui de mettre en cause une répartition des délégués entre intercommunalités défavorable au poids démographique de Saint-Etienne Métropole. Pas plus que le travail effectué jusque-là.
Il faut dire que la tâche restante n’a rien d’une sinécure même si le choix du nouvel équipement est, lui, arrêté depuis juillet 2012 (lire ci contre). Tablant sur 235 000 t de déchets en 2026, estimation prenant en compte  une « légère progression démographique » et « les objectifs du Grenelle », l’ensemble coûtera autour de 250 M€ en investissement. Quant au coût de fonctionnement, il pourrait être de 30 à 40 % supérieur à celui actuel selon les intercommunalités. Bien sûr, cela se ressentira fortement sur les taxes. « Rappelons que la taxe actuelle sur cette gestion à Saint-Etienne Métropole est parmi les moins chers de France », remarque Eric Berlivet. Et Alain Marquet, 2e vice-président, du Pays de Saint-Bonnet-le-Château, seul « survivant » du précédent exécutif d’ajouter que « plus les gens respecteront les consignes de tri moins ils auront à payer. Dans ce domaine il y a encore des efforts à faire.»
Reste que « le Sydemer a 2 ans pour trouver un site », rappelle son président. Peut-être deux en réalité puisque le projet prévoit deux étapes pouvant être regroupés ou non. En tout cas, à placer hors des zones naturelles et agricoles préservées : 15 ha d’usine de prétraitement et 20 à 35 ha de zone de stockage. L’implantation de l’usine décidera de la seconde. Cet automne 2014 verra l’identification d’une dizaine de sites avant, courant 2015, d’en retenir trois. « Dans l’idéal, l’usine sera opérationnelle d’ici 10 ans. La fin du mandat actuel devrait voir l’appel d’offres lancé. » Bien sûr, comme pour une autoroute et malgré 70 emplois (directs ou par délégation au privé, à déterminer), tout le monde en aura besoin sans le vouloir chez soit. « En Allemagne, on trouve des usines de traitement en centre-ville, constate Eric Berlivet, nous, nous visons une zone d’activités. Il y aura des concertations, tout le monde pourra échanger et donner une meilleure solution s’il y a en une autre qu’arrêter de consommer…» Le Sydemer en a bien conscience : il doit marcher sur des œufs, le dossier pouvant s’avérer explosif même s’« il n’y aura pas de brûlage, rappelle A. Marquet. Mais la peur de l’inconnu fait que… »
Certes, le Sydemer assure « ne rien n’exclure » quant à son choix futur. Cependant, ces implantations ne pourront être loin d’une desserte routière efficace. Ni même à trop grande distance du principal fournisseur en déchets : Saint-Etienne Métropole. C’est donc sur son territoire ou en sud Forez que l’implantation est la plus probable.

Xavier Alix


(1) Syndicat mixte d’étude pour le traitement des Déchets Ménagers et assimilés résiduels du Stéphanois et du Montbrisonnais


Le projet de remplacement

Vice-président du Sydemer, Alain Marquet avertit que « des ajustements sont possibles, le choix pris reste adaptable aux fréquentes évolutions technologiques et de normes. » En juillet 2012, le Sydemer a fait le choix d’un équipement (que nous avions détaillé dans notre édition du 20 juillet 2012) valorisant au maximum les déchets ménagers résiduels avec la création d’une usine de 15 ha coûtant autour de 100 M€ chargée du prétraitement mécano biologique débouchant sur une méthanisation et la préparation de combustibles solides de récupération (« étapes 1 et 2 »). Usine couplée avec l’implantation pour environ 150 M€ d’une installation de stockage de 20 à 35 ha, dit « étape 3 » afin d’enfouir la part résiduelle.



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