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Les trésors du musée Berlioz

Isère le 20 juin 2015 - Jacques SAVOYE - Musique - article lu 184 fois

Les trésors du musée Berlioz
jacques Savoye - Monir Tayeb et Michel Austin avec le portrait d'Harriet Smithson - Berlioz qu'ils offrent au musée .D

Un portrait d' Harriet Constance Smithson, qui fut la première épouse d'Hector Berlioz et la mère de son fils Louis, et le piano Erard de Marie Recio, sa dernière compagne, sont les nouveaux trésors du musée dédié au compositeur, dans sa maison natale à La Côte-Saint - André .

Les femmes d'Hector :  voilà qui aurait fait les délices des magazines people s'ils avaient existé du temps du compositeur. On imagine ses amours, pour ne pas dire ses frasques, faire la "une" de ces périodiques. Pensez donc, Berlioz fut amoureux fou, toute sa vie durant, d'Estelle Fornier qu'il avait rencontrée chez son oncle à Meylan. Un amour platonique qui ne doit pas faire oublier qu'il fut épris de Camille Moke jusqu'à ce que celle-ci ne rompe leurs fiançailles, lui préférant le facteur de pianos Pleyel.  Berlioz, qui songea au suicide, s'en releva néanmoins, épousant en 1833 l'artiste irlandaise Harriet Smithson dont il eut un fils, Louis. Etre père de famille ne l'empêcha point d'entretenir une liaison avec la cantatrice Marie Recio qu'il épousa en secondes noces après le décès d'Harriet .

C'est au hasard, qui fait si bien les choses dit-on, que l'on doit l'entrée officielle des deux épouses de Berlioz dans sa maison natale, à La Côte-Saint-André, transformée en musée à sa gloire. Tout d'abord, c'est un piano à queue ayant appartenu à Marie Recio -  Berlioz qui vient d'y prendre place. Fabriqué par Erard (qui fut aussi le fournisseur de Franz Liszt), l'instrument (dont le propriétaire ignorait le vécu) avait été mis en vente sur un site Internet. Il a été authentifié et expertisé grâce à une date gravée sur son mécanisme et aux numéros dont il est doté. Le compositeur en tapota-t -il les touches ? Rien ne permet de l'affirmer car Hector ne jouait pas de cet instrument, lui préférant la ... guitare !  Et puis,  dans son ouvrage, " Les soirées de l'orchestre ", ne dénonce - t - il pas, avec " Le piano enragé " (sic), les excès de la virtuosité pianistique .

La découverte du portrait d'Harrriet Constance Smithson, dû au talent du peintre anglais George Clint, est aussi le fruit d'un heureux concours de circonstances. On la doit à Monir Tayeb et à Michel Austin (notre photo) . Passionnés par Berlioz, sa vie et son oeuvre, ces Ecossais, depuis toujours généreux mécènes du musée,  apprenaient qu'une toile représentant la première madame Berlioz était mise aux enchères  à Londres .  Ils en firent l'acquisition. Ils  viennent de l'offrir au musée de leur musicien préféré.  Ce portrait , l'un des rares connus d'Harriet Smithson, ainsi que le piano propriété de Marie Recio, seconde épouse de Berlioz, appartiennent désormais au patrimoine. L'un et l'autre ont fait l'objet d'une présentation officielle en présence de Jean-Pierre Barbier, président du conseil départemental, et de Joël Gullon, maire de La Côte-Saint - André .

Lors de cette cérémonie, un émouvant hommage était rendu à Chantal Spillemaecker, conservatrice d'un musée à qui elle a donné ses lettres de noblesse. Un hommage mérité pour celle qui s'apprête à cesser ses fonctions au pays de Berlioz, suscitant de multiples regrets .

Jacques Savoye

 

Le piano sur le bon coin

C'est grâce au numéro de série que le piano de Berlioz sera repéré et identifié. En effet, son ancienne propriétaire, une Normande du Calvados qui souhaite conserver l'anonymat, avait mis le piano en vente à 800 € sur le bon coin, avant de s'apercevoir de sa valeur. C'est après avoir constaté l'empressement particulièrement insistant de collectionneurs qui voulaient acheter le piano rapidement, qu'elle fit des recherches et trouva dans les archives numérisées de la Cité de la musique à Paris, que le piano avait été acheté  par  Madame Berlioz, le 6 novembre 1847, habitant 41 rue de Provence à Paris. Or on sait qu' Hector Berlioz a vécu à cette adresse. Au final, il en coûta 55000 € (restauration comprise) au musée Berlioz. Mais le piano est visible par tous, et gratuitement.



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