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Berlioz sur les traces de Napoléon

Isère le 12 juillet 2015 - Jacques SAVOYE - Musique - article lu 209 fois

Berlioz sur les traces de Napoléon
D. Darwin - AKA design - Le choeur polyphonique corse A Filetta chantera Nabulio. Une première mondiale.

Vienne et son théâtre antique accueilleront, le vendredi 21 août, la première grande soirée du Festival Berlioz. Au programme ce soir là: le "Te Deum" par un millier d'exécutants. Comme Berlioz l'avait rêvé.

Hector Berlioz empereur de la musique romantique: c'est ainsi que le voient les Berlioziens, ses inconditionnels admirateurs. Il est vrai que, pour l'interprétation de ses oeuvres, l'enfant de La Côte Saint André voyait grand. Ne souhaitait - il pas, à propos de son "Te Deum", qu'il soit joué par un effectif "colossal, babylonien, ninivite" ? Un voeu qui sera exaucé au soir du vendredi 21 août au théâtre antique de Vienne. Ce "Te Deum", que Berlioz aurait aimé entendre pour le sacre de Napoléon III, sera porté par les 120 musiciens du Jeune orchestre européen de François - Xavier Roth, les 250 choristes du Grand choeur de Spirito et les 600 petits chanteurs de l'Isère et de la région. "Ce sera monumental, tel que le rêvait le compositeur" précise Bruno Messina, maître d'oeuvre du rendez-vous dédié, depuis 1993, à l'inventeur de la musique romantique et de la symphonie à programme.

Après Vienne, où il s'était produit en 2003 avec le "Requiem", le Festival rejoindra ses pénates côtoises, l'auditorium du château Louis XI. "Le thème de l'édition 2015 est composé en écho à la fascination que Napoléon suscita chez Berlioz" explique le directeur artistique. En 1815,  Hector avait 12 ans. Si le vol de l'aigle évita La Côte-Saint-André, il passa tout près: à La Frette. On en parla dans la famille Berlioz. Et aussi dans son village. Plus tard, l'oncle Marmion, colonel de la Grande armée, ne cessa de lui raconter ses campagnes. Hector et l'empereur ayant eu en commun des passions dévorantes et de spectaculaires déconvenues succédant à de légendaires succès, ce Berlioz 2015 ne pouvait qu'emprunter les traces de Napoléon.

Les orchestres symphoniques au souffle puissant feront donc écho aux batailles. A commencer par  l'Orchestre national de Lyon qui donnera "Guerre et paix ", suite de Prokofiev (25 août). La musique du "Napoléon" d'Abel Gance, signée Arthur Honegger, sera au programme sous la baguette de Daniel Kawka (24 août). La "symphonie funèbre et triomphale", dans sa version de 1840, sera l'affaire de la Garde républicaine (30 août). Quant à l' indispensable "Fantastique", elle sera confiée à Sir John Eliot Gardiner et à l'Orchestre révolutionnaire et romantique. "Lélio", avec Daniel Podalydès en récitant, complétera cette soirée du dimanche 23 août. Le pianiste François-Frédéric Guy et l'Orchestre de chambre de Paris proposeront au cours d'un même soir (28 août) l'intégrale des concertos pour piano de Beethoven. Dont le célèbre "concerto pour l'Empereur". Ce qui s'imposait. La programmation complète est visible sur le site www.festivalberlioz.com où l'on peut également réserver ses places.

Jacques Savoye

 

Première mondiale

Le Festival Berlioz serait incomplet sans une première mondiale. Ce sera "Nabulio", un oratorio pour choeur, orchestre symphonique et récitant. Nabulio était le surnom de Napoléon lorsqu'il était enfant et ne parlait pas encore français. Jean-Claude Acquaviva est l'auteur des textes (en corse) et Bruno Coulais (qui composa la musique du film "Les choristes") en a signé et orchestré l'accompagnement musical. Le choeur polyphonique corse A Filetta le chantera le 27 août  avec Didier Sandre, de la Comédie française, pour le texte français.



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