Fermer la publicité

Creys-Mépieu/Bourgoin-Jallieu - Superphénix en justice pour négligence

Isère le 23 octobre 2014 - Jacques Savoye - Nord-Isère - article lu 1526 fois

Creys-Mépieu/Bourgoin-Jallieu - Superphénix en justice pour négligence
Superphénix traduit en justice pour négligence : une « première » (© J. Savoye)

Une « première » : c’est ainsi qu’est qualifiée l’affaire dont a été saisi le Tribunal de grande instance de Bourgoin-Jallieu à la suite d’une inspection inopinée conduite par l’Autorité de sûreté nucléaire sur le site de Superphénix, à Creys-Malville.

Ce jour-là, le 30 avril 2012, lors d’une simulation d’incendie, l’inspection menée sur la centrale nucléaire en cours de démantèlement révélait des défaillances dans l’accueil des secours venant de l’extérieur. « Il n’y avait aucune personne pour accueillir les pompiers » relevait l’inspecteur de l’Autorité de sûreté nucléaire. Electricité de France, propriétaire du site, était donc mise en demeure de revoir son organisation, et ce dans un délai de quatre mois. Une année plus tard, le 25 avril 2013, une nouvelle inspection était organisée à l’improviste par l’ASN. Si EDF avait bien paré aux défaillances constatées en 2012, cette fois, c’est un agent de sécurité qui était dans l’incapacité de remettre les plans de la centrale aux inspecteurs de l’Autorité de sûreté nucléaire. Ceux-ci dressaient un procès-verbal d’infraction qu’ils transmettaient à Cédric Cabut, Procureur de la République de Bourgoin-Jallieu. Celui-ci décidait de poursuivre pour négligence EDF et le Centre d’ingénierie déconstruction et environnement (Ciden), en charge du démantèlement de Superphénix. Pour sa part, l’association « Sortir du nucléaire »  se constituait partie civile. L’affaire a été traitée le 3 septembre dernier et le jugement mis en délibéré jusqu’au 5 novembre. Le Procureur a requis une amende de 20 000 € à l’encontre d’EDF et du Ciden, « Sortir du nucléaire » demandant la même somme au titre de dommages et intérêts. L’avocat d’EDF, Me Olivier Piquemal, a plaidé quant à lui la relaxe, insistant entre autres sur le fait que l’agent de sécurité incriminé n’était pas salarié d’EDF mais d’une société de gardiennage et qu’à Superphénix les risques d’incendie sont gérés avec le même sérieux qu’ils le sont  dans toutes les centrales nucléaires. Sera-t-il entendu ? Réponse le mercredi 5 novembre.

Jacques Savoye



À lire également


Réagir à cet article

Message déjà envoyé Adresse e-mail non valide