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Exposition : création textile contemporaine, un dialogue poétique à Charlieu

Loire le 23 mai 2015 - Béatrice Perrod-Bonnamour - Expositions - article lu 594 fois

Exposition : création textile contemporaine, un dialogue poétique à Charlieu
Béatrice Perrod-Bonnamour - Réver d'Icare, une interprétation du mythe de Catherine Noury, présentée par Y. Sabourin et D.

Danièle Miguet, conservateur des musées de Charlieu, présente « Autrement textile, chronique contemporaine 2015 », avec la complicité d'Yves Sabourin, commissaire invité. Les réalisations d'Edith L'Haridon, Françoise Micoud, Catherine Noury, Frédérique Petit, Martine Schlidge mêlent audace et émotion.

« J’ai eu une sorte de coup de foudre, lorsque Danièle Miguet m’a invité à visiter les lieux », raconte Yves Sabourin. Le commissaire invité s’explique : « En découvrant à Charlieu le musée de la Soierie, puis le musée Hospitalier installés dans l’ancien hôpital des sœurs de Sainte-Marthe autour de l’ancienne chapelle de l’hôpital toujours consacrée, j’ai souhaité intégrer, dans le développement de l’exposition, le patrimoine textile local avec le tissage de la soie et son ennoblissement, toujours en activité dans la région et également celui du bâti du XVIIIe siècle et de son fonctionnement voué à l’humanisme des sœurs hospitalières. Pour cette chronique, le corps humain et le corps sacré ont rejoint le textile. Ensuite, le travail de cinq artistes s’est imposé pour modeler mes réflexions ».

Cette nouvelle exposition, sous le mécénat de la société  charliendine TADL, s’inscrit dans le droit fil des  belles expositions précédentes mettant en résonances la créativité d’artistes de haut niveau sur le thème du textile.

D’entrée de jeu, le visiteur est saisi : l’art et la lumière habitent les lieux habillés de blanc jusqu’aux poutres des combles. Mise en résonance avec le musée Hospitalier. Des tentures rappellent les rideaux  de la grande salle des malades et partagent l’espace en cinq « cocons »  domaine des cinq artistes.

Certaines œuvres frémissent au souffle de l’air, suspendues entre ciel et terre, tandis que d’autres s’inscrivent sur toile, sur papier, ou sont posées dans leur force fragile au sol.

Dialogue poétique entre lieux, créations et visiteur

Édith l’Haridon, avec son Saut de l’ange s’inspire de l’enlèvement d’Europe de  Véronèse. L’ancien professeur d’allemand, de français,  pratique l’art de l’estampe, mixant avec bonheur, la littérature, l’art, la culture japonaise avec la technique picturale du sumi-è. La silhouette de son héroïne puise chez Matisse la légèreté des lignes. Les sept Princesses au petit pois, oeuvre tirée du conte d’Andersen sont construites sur diverses couches de matériaux pauvres : tulle mécanique, toile à beurre, tarlatane, traités comme un lavis de blanc.

Françoise Micoud, fait dans la dentelle aux fuseaux apprise au Puy-en-Velay. Son écriture technique tissée expérimente plusieurs matériaux. Chromatique d’arbres calcinés, Bambou, Platane et Séquoia sont faits de dentelle aux fuseaux et pigments.

À quoi rêvent les papillons, installation sur fil de soie arachnéen, interroge Frédéric Petit, musicienne, plasticienne « qui tutoie la nature », connaissant toutes les arcanes de la tapisserie. « L’aiguille qui lui servait de broche ou de flûte pour ses tissages a été détournée pour permettre aux fils de soie, les plus fins découverts en Chine, d’être couchés ou déposés sur des voiles de coton. » Hommage à Franz Schubert au travers de La girouette, Le tilleul, Rêve de printemps qui se découpent en Ombres chinoises sur des horizons de coton blanc. Broderie en fil de soie pour Winterreise, merveilleux et travail de fourmi en forme de tableau transparent… Elle tresse aussi… de Grands nids  sculptés à partir de fil de cuivre.

Martine Shildge a quitté l’illustration et le graphisme pour privilégier le textile naturel, synthétique et le blanc. Elle associe voile et broderie avec ajouts de feutre sous forme de tableaux. Son installation Être corps, se lit comme une cartographie céleste.

Catherine Noury,  nous invite à revisiter le corps et son rapport au textile. Elle fait appel au monde végétal, marin et au corps humain dans sa dimension alvéolaire et structurelle. Elle travaille avec autant d’aisance la céramique que le textile. Le fil de coton est là pour Chercher la lumière, sculpture en nouage et porcelaine. On s’arrête médusé devant son œuvre Rêver d’Icare, un projet réalisé dans l’atelier Bégonia d’Or à Rochefort. Deux ailes aériennes sur matériau presqu’immatériel poudré d’or deviennent  aussi des poumons. Maîtrise d’une œuvre parfaitement aboutie entre l’homme et le divin et qui a réussi à traduire cette légèreté de poussière sur les fausses plumes de celui qui se prenait pour un oiseau.

 

Béatrice Perrod-Bonnamour

Autrement textile, chronique contemporaine 2015

Charlieu présente le textile poussé jusqu’aux limites de ses ruptures sans pourtant jamais dégrader sa nature propre.

Avec Edith L’Haridon, née en Bretagne, lilloise,  Françoise Micoud, lyonnaise devenue parisienne, Catherine Noury, originaire de Lorient, parisienne, Frédérique Petit, parisienne à la campagne, Martine Schildge, parisienne.

Commissariat Yves Sabourin, inspecteur de la création artistique au ministère de la Culture.

Musée de Charlieu, 9 boulevard Général-Leclerc à Charlieu, du 17 mai au 31 décembre. Tél 04 77 60 28 84. Musee.charlieu@orange.fr. Visites commentées : réservations de groupes à l’office de tourisme : 04 77 60 12 42.



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