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Saint-Etienne : le nom des rues et les sens de circulation en débat

Loire le 05 mars 2015 - Mathieu Ozanam - Collectivités locales - article lu 843 fois

Saint-Etienne : le nom des rues et les sens de circulation en débat
Mathieu Ozanam - Le poste de police municipale occupera un local vacant au 8 rue Gérentet

La séance du conseil municipal du 2 mars a duré à peine plus longtemps qu'un match de football. Avec une faible intensité, en dehors de quelques duels sur la dénomination des rues, les implications des nouveaux axes de circulation et les emprunts toxiques.

Neuf nouvelles plaques de rues vont être apposées par le service voirie de la municipalité stéphanoise. La commission Hommage public a proposé de donner le nom du chanteur kabyle Lounès Matoub à une allée qui va du boulevard Jules-Janin à la rue Adrien-Sèches, non loin de la patinoire. L’ancien président sud-africain Nelson Mandela se voit attribuer un espace au coin des rues du Dr Rémy-Annino et Salvador-Dali, derrière la Cité du design. L’un comme l’autre ont suscité des réactions des élus du Front national. Gabriel de Peyrecave estimait que Nelson Mandela n’avait eu qu’un « rôle passif dans la fin du régime de l’apartheid », le mérite en revenant au président Frederik de Klerk. Il ne voyait en Nelson Mandela qu’un « chaud partisan de la lutte armée (…) responsable de 200 sabotages ou attentats ». Serge Horvath estimait pour sa part que « même si Lounès Matoub a été un remarquable chanteur de chaâbi, ce ne sont pas les chanteurs authentiques qui manquent chez nous ». L’élu du groupe Saint-Etienne bleu Marine suggérait même de débaptiser plusieurs rues, citant pêle-mêle : Marat, Danton, Blanqui, Robespierre et Karl Marx. Il revenait à Gilles Artigues, premier adjoint et président de la commission Hommage public, de répondre. « M. Horvath nous n’avons pas entendu votre voix s’élever en commission quand nous avons évoqué ces noms. Cela nous laisse sans voix que vous réécriviez l’histoire. Nelson Mandela a défendu une Afrique multiraciale, c’est peut-être ce qui vous dérange. »

Les autres dénominations n’entraînaient pas de réactions supplémentaires. Un passage entre la rue du Puits Lachaud et de l’allée du Porion, non loin du parc Couriot portera le nom du funambule Henri Rechatin, dit Henry’s. Le fondateur du patronage Saint-Joseph, Célestin Monnier (décédé en 1881) se voit également attribuer une place rue Victor-Duchamp.

Des taxis dans la rue piétonne

La réouverture d’un axe de circulation ouest-est passant par la rue Georges-Teissier et d’une entrée de centre-ville par le cours Hippolyte-Sauzéa a suscité quelques échanges entre le maire et l’opposition. « Il semble que des taxis peuvent rouler sur la rue piétonne Alsace-Lorraine, sera-ce le cas d’autres voies piétonnes ? » interrogeait Pascale Marron du groupe Saint-Etienne, l’avenir ensemble. Elle élargissait sa question en demandant une explication sur la stratégie globale du maire Gaël Perdriau, critiquant des « décisions qui ne vont pas forcément dans le sens de l’intérêt général car cela fait plus de pollution et plus de flux. » Réponse du maire : « Vous aviez annoncé un cataclysme le 17 février, tous les cris d’orfraie que vous avez poussé ont fait pschit ! Faire faire 3 ou 4 km de plus aux véhicules je ne suis pas sûr que ça soit mieux pour la pollution ». Citant des villes telles que Dijon, Angers, Nantes qui ont « fait machine arrière », Gaël Perdriau expliquait agir par pragmatisme pour tenir compte de la géographie de Saint-Etienne. Quant à la rue Alsace-Lorraine, oui la circulation des taxis est tolérée, mais « il n’y en aura pas d’autres ».

Un nouveau poste de police municipale

Dans le cadre de sa politique de sécurité, la mairie va faire l’acquisition d’un local au 8 rue Gérentet. Précédemment occupé par un magazine d’optique mutualiste, ce rez-de-chaussée d’une superficie de 550 m2 doit être converti en poste de police municipale avancé. Les Stéphanois seront appelés à s’y rendre pour y payer les amendes de stationnement, de fourrière et s’enquérir des objets trouvés. La transaction totale s’élèvera à 305 000 €, somme qui n’intègre pas le coût des travaux d’aménagement. Une soixantaine de policiers municipaux pourraient être rattachés à ce poste en centre-ville.

Emprunts toxiques

La Ville de Saint-Etienne a réaménagé en emprunt classique une fraction de 9,4 M€ d’un emprunt structuré à risque indexé sur l’écart entre l’euro dollar et l’euro franc suisse auprès de la Caisse française de financement local (Caffil). Le taux d’intérêt annuel est passé à 4,40 % sur la somme due soit 19,39 M€. « Vous faites payer l’addition aux Stéphanois », a interpellé l’ancien maire socialiste Maurice Vincent. « Au moment où le gouvernement a annoncé une hausse de l’enveloppe du fonds de soutien pour les collectivités qui sont dans une situation comme la nôtre, vous avez salué cette décision gouvernementale en disant que cela permettrait aux collectivités qui le souhaitent de négocier, c’est exactement ce que j’ai fait », lui a rétorqué Gaël Perdriau.

Mathieu Ozanam



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