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Conjoncture - Région : le BTP plus que jamais inquiet

Loire le 09 octobre 2014 - Emilie Massard - Actualités - article lu 863 fois

Conjoncture  - Région : le BTP plus que jamais inquiet
Le nombre de logements ou de locaux mis en chantier sont toujours en baisse (© Emilie Massard)

« Entre 2007 et 2013, l’activité a baissé de 30 à 50 % selon les secteurs ».

Tout récemment élu président de la fédération du BTP de la Loire, Thierry Vidonne connaît bien la situation des entreprises de son secteur, et sait qu’il ne prend pas ses fonctions dans un contexte florissant. En 2014, la Loire a encore connu une baisse de 24,5% de mises en chantier de logements. Signe de la difficulté de la période, de plus en plus d’entreprises installées depuis longtemps sur le territoire, bien structurées, sont en train de décrocher, à l’image de celle d’Alain Chapuis, précédent président de la fédération, qui a du être placée en redressement judiciaire.
Dans la Loire, 60 entreprises sont en retard de cotisations pour la caisse des congés payés, signe également que les trésoreries ne suivent pas. « Il y a une extrême urgence à ce que les bonnes mesures annoncées par le gouvernement soient mises en place très rapidement », souligne Thierry Vidonne. Les syndicats patronaux poussent en effet dans ce sens et prennent leur rôle de relais auprès des donneurs d’ordre plus que jamais à cœur pour essayer de trouver des solutions.

Le Rhône parmi les plus touchés

Avec la Loire, le Rhône est l’un des départements les plus touchés par la baisse d’activité en Rhône-Alpes. Selon les chiffres de la fédération du BTP du Rhône, on constate par exemple une baisse de 36,6 % du nombre de logements mis en chantier au mois de juillet par rapport à juillet 2013. Les autorisations de construire en revanche, censées préfigurer les mises en chantier des mois à venir, sont en hausse de 4,2 % sur la même période, ce qui semble augurer une légère reprise. Une hausse qui est principalement portée par le logement collectif, dont les autorisations ont augmenté de 10,1 %. Les locaux commerciaux, eux, n’échappent pas à la tendance de baisse générale, avec une diminution des mises en chantier de 35,4 % en un an, tandis que les autorisations de construire sont en baisse de 17,7 %. Comme dans la Loire, de nombreuses entreprises font les frais de cette baisse d’activité, et sur les 4 derniers trimestres, 460 entreprises de la construction ont été défaillantes dans le Rhône, soit une hausse de 3,1 % par rapport à la même période un an auparavant. Pour autant le niveau d’emplois salariés reste quasiment stable, tandis que l’emploi intérimaire est en hausse de 2 %.

L’Isère s’en sort un peu mieux

En Isère, les chiffres sont un peu moins alarmants. Après avoir passé plusieurs semestres entre 20 et 30% de baisse sur un an, le début de l’année 2014 laissait croire à un regain d’activité, revenant flirter avec le positif. Depuis le mois de mars cependant, les chiffres sont retombés dans le négatif. En juillet les logements mis en chantiers accusaient donc une baisse de 4,9 % par rapport à juillet 2013, tandis que les autorisations diminuaient de 4,7 %. Selon la fédération du BTP de l’Isère, l’activité reste mal orientée dans le bâtiment, et les carnets de commande restent peu garnis. Là aussi on attend avec impatience le plan de relance annoncé par le gouvernement, en craignant de ne pas en voir les effets avant mi 2015. Un espoir cependant est gardé pour la rénovation, qui peut rebondir plus rapidement, notamment avec le Crédit d’Impôt transition énergétique. Les entreprises de travaux publics iséroises sont elles aussi à la peine, avec des carnets de commande inférieurs à 3 mois pour le deuxième trimestre consécutif. La baisse de l’investissement des communes, exacerbée par l’année électorale qui vient de se terminer, a parfois plombé les entreprises. La commande publique en Isère a en effet baissé de 37 % depuis juillet 2013, soit une baisse de 84 M€ d’investissements. Face à un tel constat et si l’activité ne reprend pas, la région Rhône-Alpes risque de perdre jusqu’à 7 000 emplois dans le BTP d’ici à 2017.

Emilie Massard



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