Fermer la publicité

Conduite accompagnée : la réforme laisse perplexe

Loire le 02 décembre 2014 - Marine Graille - Actualités - article lu 1302 fois

Finis pour eux les parking déserts des supermarchés les dimanches après-midi pour s’initier à la conduite.

Désormais les enfants âgés de 15 ans peuvent conduire en toute légalité sur les routes, aux côtés d’un accompagnateur titulaire du permis B depuis au moins 5 ans. L’objectif de cette réforme entrée en vigueur au début du mois : diminuer les temps d’attente (98 jours en moyenne d’attente pour repasser l’examen) et le coût du permis (1 500 € en moyenne mais pouvant aller jusqu’à 3 000 € pour les candidats qui repassent plusieurs fois l’examen).  
Ces mesures font partie d’une vaste campagne de promotion pour la conduite accompagnée. En 2013, 190 000 jeunes ont obtenu leur permis de conduire (catégorie B) grâce à cette forme d’apprentissage. En abaissant à 15 ans, l’âge légal pour apprendre à conduire, le ministère de l’Intérieur espère « porter le nombre de jeunes bénéficiant de cette formule de 30 à 50 % d’ici la fin 2017 ». Cette réforme laisse pour autant indécis les auto-écoles.
« Pour l’instant je suis un peu dubitative. D’un côté 15 ans je trouve cela un peu jeune et d’un autre côté tout est aussi une question de maturité », hésite Estelle Masson monitrice auto-école à Villars. Selon cette professionnelle, cette réforme n’est pas complète. « On a juste reculé l’âge mais sans autres mesures derrière. Je m’attendais à ce que cela soit accompagné d’une augmentation du nombre de kilomètres que doit parcourir l’élève. » Le ministère de l’Intérieur, pour sa part, estime que avec un an de plus de pratique cela pourrait permettre à l’apprenti conducteur d’arriver plus facilement à l’exigence des 3 000 km effectués.
Par ailleurs, la durée de validité du code a également été modifiée puisque dorénavant, l’examen « théorique » de la conduite est valable pendant 5 ans, au lieu de 3. L’élève, après avoir validé son code, peut prendre son temps et attendre jusqu’à 5 ans maximum pour passer son permis. « Ce n’est pas forcément une mesure très judicieuse. Pour ceux qui vont passer le code à 15 ans, laisser la validité de l’examen à 3 ans cela aurait été un peu juste en effet. En revanche pour la personne qui s’inscrit pour un permis " classique ", lorsqu’il réussit son code, il peut enchaîner derrière la pratique de la conduite et enfin il peut passer son permis 5 ans plus tard. Or, son code de la route datera de 5 ans et l’élève manquera alors très certainement de pratique. »

Pas de ruées d’inscripton

Cette réforme ne concerne pas uniquement la conduite accompagnée, le permis est également directement concerné. En effet, depuis l’application du décret début novembre, les élèves âgés de 17 ans et demi peuvent passer l’examen pratique de la conduite mais ne pourront prendre seuls le volant, qu’à partir de leur 18 ans révolus. « Cela m’inquiète un peu, confie Estelle Masson. Dans la tête de certains jeunes, cela va être tentant. Je crains que quelques uns ne se disent : "ok je n’ai pas 18 ans, mais j’ai mon permis, je peux donc prendre tout seul la route."»
Pout l’instant, ces modifications ne semblent pas avoir provoquées des ruées d’inscriptions dans les auto-écoles. C’est en tous les cas, ce que note E. Masson. « En trois semaines, j’ai eu trois inscriptions pour des élèves de 15 ans. Pour l’instant, je n’ai pas assez de recul pour faire le moindre constat. Pour autant, je rappelle et insiste auprès parents que leur enfant ne pourra passer son permis qu’à 17 ans et demi, rien d’autre. »

Marine Graille  


Réunion d’informations de la DDT

Ce jeudi 27 novembre, le service « permis de conduire » de la Direction départementale du territoire (DDT) devait organiser une réunion d’informations auprès de l’ensemble des écoles de conduite afin « d’apporter aux professionnels davantage de précisions sur cette réforme et sur quelques détails pratiques que cela suppose », précise Philippe Usson, de la DTT. E. Masson regrette pour sa part que cette session soit organisée plus de 3 semaines après la mise en application du décret, d’autant plus que le logiciel de la préfecture n’a pas encore été mis à jour pour pouvoir inscrire les élèves de 15 ans. « Cela devrait être réglé d’ici la fin de la semaine », assure Ph. Usson.



À lire également


Réagir à cet article

Message déjà envoyé Adresse e-mail non valide