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Combien ont coûté les municipales 2014 à Saint-Etienne ?

Loire le 31 mars 2015 - Mathieu Ozanam - Politique - article lu 816 fois

Combien ont coûté les municipales 2014 à Saint-Etienne ?

Il y a un an avaient lieu les élections municipales. Une fois la campagne électorale terminée, les 7 candidats présents à Saint-Etienne ont dû communiquer à la commission nationale des comptes de campagne l'intégralité des dépenses engagées. Les comptes sont maintenant accessibles sur simple demande. Qui a le plus dépensé, qui a le moins dépensé, qui a été le mieux remboursé ?

Qu’ils aient dépassé ou non la fatidique barre des 5 % des suffrages exprimés, tous les candidats doivent produire à la commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques l’état de leurs recettes et leur nature, ainsi que les dépenses engagées. Pour la ville de Saint-Etienne les magistrats ont rendu leurs conclusions le 16 juillet après examen des documents communiqués. Les pièces sont désormais accessibles à tout citoyen, après que les informations personnelles (adresse postale, numéro de téléphone, numéro de compte bancaire, etc.) ont été anonymisées.

A Saint-Etienne les 7 candidats ont atteint tous ensemble l’équivalent de 469 902 € de dépenses. Ce sont en toute logique les trois candidats présents au 2nd tour qui ont le plus dépensés, et ce dans le même ordre d’arrivée qu’au soir du 30 mars 2014.
Le plafond autorisé de dépense pour les listes présentes au 2nd tour était de 246 666 € et de 180 914 pour celles présentes au 1er tour. L’Etat a remboursé globalement 272 904 € aux listes qui ont dépassé 5 % des suffrages.

Gaël Perdriau

La tête de liste « Provoquons l’avenir » affiche une somme totale de 202 778 € pour ses dépenses. Le montant du remboursement dû par l’Etat a été arrêté à 76 532 €. Challenger du maire socialiste sortant il a mené une campagne offensive pour se faire connaître. Le premier poste est celui des publications et impressions (55 221 €), suivis des frais postaux et de distribution (48 556 €). A noter que le candidat Perdriau a choisi de cibler les plus de 65 ans en envoyant à 20 464 d’entre eux une lettre pour un coût de 14 259,95 €. Les 26 réunions publiques et les 4 meetings organisés représentent une dépense de 32 740 €.
Il faut préciser que les dépenses engagées par les candidats UDI Gilles Artigues et Georges Ziegler ont été intégrées au compte de campagne de Gaël Perdriau après l’union de leurs listes, soit environ 11 000 €.
Pour l’anecdote : le nettoyage des projections de peinture sur la façade de la permanence de l’avenue de la Libération a coûté 1 016 €.

Maurice Vincent

Deuxième en terme de voix, le maire sortant Maurice Vincent a dépensé 158 859 €. Pour lui aussi les frais postaux (55 099 €) et le poste des publications et impressions (42 548 €) figure en tête des dépenses. Les réunions publiques ont coûté 28 457 €. La liste Saint-Etienne pour tous a été remboursée à hauteur de 117 167 €.
« Nous avons fait attention à rester aux deux tiers du seuil autorisé. Cela nous a paru suffisant, surtout pour une municipalité sortante qui a moins besoin de communiquer , indiquait son mandataire financier Michel Royon en juillet 2014 au cours d’un entretien pour la rédaction du livre de la rédaction de L’Essor Affiches sur le « feuilleton des municipales de Saint-Etienne », Objectif 2014.
Les réunions publiques et les meetings ont coûté environ 20 000 €. A la location des salles il faut ajouter la location du matériel sono-vidéo, du personnel en régie et du buffet pour le public.
Un emprunt à titre personnel de la tête de liste a abondé le budget de 70 000 €. Les 15 premiers colistiers ont contribué à hauteur de 6 000 € chacun. Les autres colistiers ont versé 200 € chacun.

Gabriel de Peyrecave

Troisième qualifié pour le 2nd tour des municipales de mars 2014, le candidat du Front national Gabriel de Peyrecave a engagé pour 52 684 € de dépenses. Elles se concentrent là encore sur les publications et impressions (32 555 €), les productions audiovisuelles et la réalisation de son site Internet sont le 2e poste (5 000 €). Le clip-vidéo diffusé sur la plateforme YouTube et au cours de son meeting lui a coûté 1 500 €. Une somme qui comprend le paiement des droits Sacem pour l’utilisation de la musique des Mondes de Narnia.

« J’aurais souhaité faire paraître une publication dans La Tribune-Le Progrès vers le mois de septembre 2013. C’est ce qu’avait fait Charles Perrot vers septembre-octobre 2000. Les six passages d’annonce avaient beaucoup fait parler. Mais au début de l’automne je n’avais pas encore mon financement ni son montant. » (Entretien téléphonique avec Gabriel de Peyrecave, le 17 juillet 2014 pour le livre Objectif 2014).

Olivier Longeon

Le candidat de la liste « Saint-Etienne en mieux » a dépensé 30 787 € et a été remboursé de 29 410 €. Le mandataire financier, Nicolas Patureau avouait avoir eu « des sueurs froides le soir du 1er tour ». Avec 5,40 % des voix exprimées, la liste écologiste a en effet dépassé de peu la barre fatidique ouvrant le droit au remboursement de l’Etat. « En 2008, se souvient-il, le campagne avait coûté 15 000 €, dont 8 000 € pour l’impression du R39 (le matériel électoral de base Ndlr). Des dons de militants avaient permis de rembourser ces sommes. » (Entretien avec Nicolas Patureau, 29 août 2014, in Objectif 2014).
Les principaux postes de dépenses sont les frais d’impression pour environ 100 000 exemplaires de tracts et les affiches. Les frais de distribution sous forme de publicité non adressée s’élèvent à 8 000 €. Près de 2 000 € ont été consacrés au site Internet, 3 000 € à des frais de réception, et une somme équivalente à l’emploi d’un salarié à mi-temps pendant 3 mois.
Pour l’anecdote, tous les produits alimentaires achetés pour l’organisation de buffets sont originaires des circuits bio. En revanche les Stéphanois se souviennent du cyclo-guide qui, dans les derniers jours de la campagne avant le 1er tour, parcourait les rues de Saint-Etienne pour distribuer des tracts. C’est l’association Proxi-Pousse de Marseille qui l’a mis à disposition du candidat pour un montant de 960 €.

Belkacem Merahi

La tête de liste « Place au peuple ! » a dépensé 16 731 € et n’a pas été remboursé, n’ayant pas dépassé les 5 % des suffrages exprimés. Le budget a été consacré principalement à l’impression du matériel électoral (affiches, bulletins de vote, prospectus). « Ce qui a plombé notre budget c’est que la Commission de propagande de la préfecture nous a d’abord validé la liste. Nous avons donc lancé l’impression, mais ensuite nous avons été alertés que nous nous étions trompés dans la désignation du nombre de conseillers communautaires. Nous avions présenté une liste avec 45 noms au lieu des 43 nécessaires. Résultat tout a été envoyé au pilon et un ami imprimeur nous a tout retiré dans la nuit. » (Entretien téléphonique avec Belkacem Merahi, 29 août 2014 pour Objectif 2014). Le montant total des publications et impressions s'est élevé à 12 788 €.  La location du local de la rue Georges-Dupré a quant à elle coûté 1 250 € pour deux mois et demi d'occupation.

Ayant réuni 4,17 % des suffrages la liste conduite par Belkacem Merahi n'a pas été remboursée. « Il nous a manqué 200 voix. »

Hubert Patural

Le candidat de la liste « Saint-Etienne c’est capital » a dépensé 6 957 €. Une somme englobant la location du local dans l'immeuble de l'avenue de la Libération dit « La Martre de France » pour 2 500 €. Le bail prévoit d' « d'un commun accord (que) le preneur verse la totalité du loyer et charges des trois mois occupé d'avance (...) ». Les bâches installées sur les façades ont coûté 1 231,20 €. Les publications et impressions diverses ont représenté un montant de 2 345 €. « J’ai fait ma campagne en bon père de famille », expliquait Hubert Patural lors d'un entretien en vue de la rédaction du livre Objectif 2014.

Romain Brossard

Le candidat de la liste Lutte ouvrière a dépensé 1 106 € pendant la campagne, dont 180 € pour l’expert-comptable qui a établi les comptes de campagne. « Ce sont des dépenses extrêmement limitées car reposant uniquement sur le bénévolat. Notre réunion publique a coûté très exactement 57 € de location à la Maison du combattant et des associations. Nous avons fait appel à un imprimeur indépendant pour les affiches et les bulletins de vote ont été faits à l’économie. » (Entretien téléphonique avec Romain Brossard, 29 août 2014)
La recette magique pour aboutir à ce faible montant : la mutualisation de l’impression des brochures « Faire entendre le camp des travailleurs », mais également des affiches et des prospectus par le parti Lutte ouvrière pour l’ensemble des 203 listes partout en France. La facture totale s’est élevée à 10 405,20 €, ce qui fait au pro rata la somme de 141,13 € pour la liste stéphanoise.

Mathieu Ozanam



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