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Collectivités : chères poubelles...

Loire le 11 mai 2015 - Louis Thubert - Collectivités locales - article lu 216 fois

Collectivités : chères poubelles...
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La communauté de communes de Balbigny s'est vu contrainte d'augmenter les tarifs de sa redevance déchets. D'autres intercommunalités confirment le coût important des ordures pour les collectivités.

Les déchets coûtent de plus en plus cher. Récemment, c'est la communauté de communes de Balbigny qui en a fait les frais, et a été contrainte d'augmenter ses tarifs de redevance incitative. En l'occurrence, la part fixe de cette redevance. Car pour inciter les citoyens au tri des déchets recyclable, et dans le cadre des lois Grenelle sur l'environnement, la taxe sur les déchets se divise en deux pour la communauté de communes de Balbigny. Une part fixe payée par tous les citoyens, et une part variable, qui dépend du nombre de fois que le camion de collecte des ordures ménagères enlève les poubelles d'un ménage. Au delà de douze fois, chaque levée supplémentaire coûtera 5 €. La part variable est censée correspondre à 30 % du total de la redevance incitative. En 2014, elle représentait moins de 10 % du total de la redevance.

« Il y a eu des dépôts sauvages »

« La part fixe finance tout le service déchet, pas uniquement la collecte des ordures ménagères. La part variable, elle, n'est indexée que sur les ordures ménagères », explique Zoé Picard, chargée du développement durable et de l'agriculture à la communauté de communes de Balbigny. Seules les ordures ménagères sont collectées. Les déchets recyclables (emballages, papiers, verre) doivent être amenés par les particulier jusqu'à des bornes de tri. Alors, pourquoi la part variable est-elle si faible, entraînant un manque à gagner pour l'intercommunalité ? « Il y a une réduction des ordures ménagères enfouies, cela veut donc dire soit que les gens ont joué le jeu et beaucoup recyclé... soit qu'ils n'ont pas été civiques et qu'il y a eu des dépôts sauvages », détaille Zoé Picard. Déjà, des indélicats ont été sanctionnés pour avoir laissé leurs ordures dans la nature plutôt que de les trier.

La formule choisie par la communauté de communes de Balbigny pour différencier déchets valorisables, qui peuvent être recyclés, et ordures à enfouir ou à brûler n'est pas la plus répandue dans le département. La communauté d'agglomération Loire Forez, les communautés de communes du Pays d'Astrée et de Feurs-en-Forez ont opté pour une collecte porte à porte des déchets recyclables - les fameux « bacs jaunes ». « Forcément, ça revient cher », concède Jérôme Vernet, technicien en charge des déchets pour le Pays d'Astrée. « Il y a des communes pour lesquelles aller collecter un bac au fin fond de la campagne, ce n'est pas optimal économiquement et environnementalement parlant. Et sur le tri des déchets, la communication doit être régulière », ajoute Sandrine Lafougère, responsable du service gestion des déchets de Feurs-en-Forez. Mais avec environ 10 000 habitants répartis sur 13 communes, difficile pour la communauté de communes de Balbigny de mettre en place un coûteux système de collecte des déchets recyclables en porte à porte...

Au niveau national, la facture augmente mais pas les résultats

Dans sa dernière enquête, l'association de consommateurs UFC-Que Choisir déplore une augmentation de la facture de gestion des déchets pour les particuliers : plus 24 % entre 2008 et 2012. Dans ce rapport sont pointés le contrôle des éco-organismes, financés par les « pollueurs » (industriels et distributeurs) et le manque d'implication de l'Etat dans la prévention à destination du public. Ce qui peut coûter cher aux collectivités et aux contribuables : tout déchet mal recyclé coûte des frais supplémentaires, car en plus du coût de recyclage est appliqué une amende... et l'ordure en question finit quand même à l'incinérateur.



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