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Collectivités - Réforme territoriale : l’inquiétude des élus

Loire le 17 avril 2014 - Aline Vincent - Actualités - article lu 273 fois

Michel Chartier, conseiller général du canton de Saint-Symphorien de Lay (UMP) et Jean Bartholin, pour le canton de Saint Haon-le-Châtel (Gauche républicaine) sont inquiets concernant le projet de réforme annoncé par le gouvernement Valls.


Michel Chartier, élu depuis 1988, évoque ce vieux serpent de mer, sous la droite comme sous la gauche. « On sait qu’il faut faire des économies, c’est l’un des buts de cette réforme, mais on ne sait pas comment. On sait aussi qu’il y a un problème de lisibilité de la part du public. Qui fait quoi entre l’économie, les routes, les écoles, la gestion des déchets… Les différentes collectivités interviennent sur des domaines identiques, sans oublier l’Etat et l’Europe… Il n’y a pas de guichet unique. La répartition des compétences pourrait être la solution. Pour ce qui concerne les découpages géographiques, les arrondissements, correspondant au bassin de vie, me semblent être la bonne échelle ». La perte de proximité fait en effet partie des craintes de Michel Chartier comme de Jean Bartholin. « Dans nos zones rurales, le conseiller général est un élu de proximité. Nous sommes reconnus. La population nous sollicite pour de nombreux problèmes, estime Michel Chartier. « On identifie moins les conseillers régionaux, même si l’on reconnaît le travail réalisé par Christian Avocat et Marie-Hélène Riamon. »
De son côté Jean Bartholin, élu lui depuis 1998, exprime sa déception de voir que « la menace de la disparition des départements était bien écrite entre les lignes du rapport de la Cour des comptes (1). Que cette menace soit froidement mise à exécution de la part d’un premier ministre socialiste nous sidère. Derrière les départements qui ne sont pas une fin en soit, c’est bien tout l’édifice de nos principes républicains les plus fondamentaux que l’on ébranle. Mais au service de qui et pour faire quoi ? Sûrement pas un projet de société où l’épanouissement de l’humain soit la préoccupation centrale ».
Jean Bartholin insiste en effet sur les devoirs de solidarité historique et de mission sociale du conseil général qu’il craint de voir sacrifiés sur l’hôtel de la compétitivité. « Il y a suffisamment de richesses, fruits de la croissance. Il faut apprendre à les partager tandis qu’elles sont absorbées par le capital. Par ailleurs, en voulant concentrer le public dans les communautés d’agglomérations et les métropoles, on va laisser sur place les zones excentrées », ajoute celui qui fait partie de ceux qui ont lutté contre l’intégration des communes rurales dans le Roannais agglomération.

Aline Vincent


(1)
L’organisation territoriale de l’État, rapport de juillet 2013



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