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Municipales : la parité oui mais doucement

Loire le 24 avril 2014 - Xavier Alix - Actualités - article lu 351 fois

Municipales : la parité oui mais doucement
15 femmes maires de plus de 1 000 habitants contre 14 en 2008 (© Assemblée nationale-2008)

L'heure des comptes. 2014 a vu l'obligation de parité sur les listes des municipales - principe du « un sur deux » en alternance stricte - s'étendre aux communes de plus de 1 000 habitants.

Les listes étant menées dans leur très grande majorité par des hommes et le nombre de leurs membres étant impair, la proportion de conseillères municipales sur l’ensemble du département n’atteint pas l’égalité mais augmente : 43,1 % (sur 5 233) contre 37,8 % en 2008. Mais le nombre de femmes maires ne passe que de 48 en 2008 à 53 en 2014. La parité forcée par la loi n’a pas plus amené d’élections de femmes maires dans les communes de plus de 1 000 habitants : 15 contre 14 en 2008.
Pire : si cela n’a pas guidé (du moins à priori) leur choix, les électeurs n’ont en plus pas reconduit les femmes maires de deux des 10 communes les plus peuplées : Roanne et Montbrison. Quant à Roche-la-Molière et l’Horme, leurs maires ne se sont pas représentées, ou alors pas en tant que tête de liste. Monique Girardon, maire réélue de Veauche, 8 500 habitants est désormais bien seule. A part elle, pas de femmes maires dans des communes de plus de 3 500 habitants. Conclusion : si les conseils se féminisent, la fonction de maire reste de manière écrasante aux mains des hommes. Quasi systématiquement dans les communes les plus peuplées. Qu’en est-il des adjoints ?
Leur répartition, elle aussi est soumise à la parité : principe du un sur deux. Mais sans obligation de repartir équitablement l’importance donnée par le maire : 1er, 2e, 3e adjoint etc. Quant aux fonctions, il est en général plus courant de confier aux femmes éducation et petite enfance que finances ou sécurité… Sur les quatre communes les plus peuplées de la Loire il n’y a qu’à Roanne que la n°2 de la liste ayant gagné les élections est devenue 1re adjointe, d’ailleurs en charge des finances, du patrimoine et de bâtiments. Les adjoints sont répartis équitablement. A Montbrison, Saint-Chamond et Saint-Etienne, en revanche, sont 1ers adjoints des hommes pourtant positionnés 3e sur la liste présentée en préfecture… Saint-Etienne compte ainsi, en plus d’un homme maire, 11 adjoints et 10 adjointes, Saint-Chamond 6 et 6, Montbrison 5 adjoints et 4 adjointes. Quant aux fonctions de conseillers municipaux délégués à telle ou telle tâche, il n’y a pas d’obligation. On se rassurera en voyant des femmes affectées à la sécurité, l’économie et l’emploi à Saint-Chamond ou encore aux finances, emploi et urbanisme à Saint-Etienne.

Parfois l’obstacle, c’est elles-mêmes

« On aimerait passer d’une parité quantitative à une parité qualitative, lance Andrée Chaize, conseillère municipale à Saint-Priest-en-Jarez et présidente de l’Association des femmes élues de Rhône-Alpes. Faut-il une loi qui va plus loin ? Pour progresser il faut hélas passer par elle, comme la peur du gendarme sur la route. Les femmes sont présentes dans les petites communes, socle de la démocratie, c’est bien. Mais absentes au-dessus : la société ne bouge que doucement, un état d’esprit reste. » Et elles sont parfois elles-mêmes l’obstacle : « je peux témoigner d’un nombre de cas, encore une fois à ces dernières élections, où des fonctions d’adjointes étaient proposées à des femmes compétentes ayant décliné. Elles se trouvent de “bonnes raisons“ : travail, gestion des enfants, parfois même des petits enfants ! Notre association travaille pour que soit créé un statut d’élu permettant de retrouver son emploi après mandat pour éviter le souci professionnel. Valable aussi pour les hommes. Mais la plupart du temps, eux, compétents ou pas, ne se posent pas la question de l’investissement. »  Idée confirmée par cette nouvelle adjointe d’une des plus grandes villes de la Loire : « nous sommes allés solliciter des femmes qui avaient le profil, la compétence pour certains postes d’adjointes. Malgré leur soutien, elles n’ont même pas souhaité être sur notre liste parce qu’elles estimaient qu’elles ne pourraient assumer vie privée, professionnelle et mairie. On a donc au final à certains postes des hommes et des femmes moins compétents qu’elles. »
La représentation aux fonctions exécutives des conseils communautaires en cours de constitution risque enfin d’être encore plus réduite pour les femmes. A Saint-Etienne Métropole notamment : si elles seront certes 43,5 % conseillères contre 28,3 % en 2008, sans maires, elles seront très probablement absentes des vice-présidences. Voire du bureau !

Xavier Alix



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