Fermer la publicité

CNR : Elisabeth Ayrault, bâtisseuse dans l'âme

Rhône le 21 septembre 2014 - La Rédaction - Actualités - article lu 3915 fois

CNR : Elisabeth Ayrault, bâtisseuse dans l'âme
(D.R.)

Alors qu’elle rêvait d’être hôtesse de l’air par envie de voyage et de découverte, une simple réflexion d’un jeune homme qui se voyait pilote - réduisant cette fonction à la distribution du café - stoppa nette cette ambition éphémère.

On saluerait presque le machisme du garçon tant le tailleur d’architecte, qu’elle a voulu être depuis l’épisode du « café », lui sied à merveille.
Diplômée de l’Ecole nationale supérieure d’architecture de Montpellier (ENSAM), elle veut être « une architecte différente, ouverte sur d’autres influences ». La bonne élève cumule les diplômes et les compétences : diplômée de l’IAE, « pour connaître le fonctionnement des entreprises », elle est aussi détentrice d’un DSPU de l’Institut agronomique méditerranéen qu’elle suit en parallèle à un DEA de géographie urbaine. L’architecte d’un autre style crée alors son cabinet. Pendant sept ans, elle travaillera sur des projets de grande ampleur dans les Pyrénées-Orientales. « Une chance », glisse-t-elle.
Un premier départ pour Nice avec son mari - elle déménagera avec lui huit fois - lui fera abandonner son indépendance et rejoindre une entreprise qui fait de la promotion immobilière au sein d’un groupe multi-métiers. Elle y évolue, commence à goûter au management, puis passe du côté des services à l’énergie où elle mène son premier projet dans une structure en rupture avec son ancien « business model ». Quelques années plus tard, nouveau cap ! Elle rejoint une société spécialiste du traitement des déchets et devient la directrice générale déléguée de Sita France, filiale de Suez Environnement : « C’est un milieu méconnu mais qui reste fascinant, où tout est à construire ».
Désormais à la tête de la CNR, « toujours pour y conduire le changement », elle entend y mener sa stratégie, très claire : « Participer à la reconduction de la concession dans dix ans et poursuivre le développement des énergies renouvelables ». Comme dans la réhabilitation d’un bâtiment ancien, elle souhaite conduire son projet en « gardant son âme tout en la mettant au goût du jour ». Toujours en éveil, elle aime l’idée de se projeter dans l’avenir, comme on conçoit un futur bâtiment : « On ne peut se contenter de vivre, tant qu’on est en vie, on se doit d’avoir des projets. Et ne pas avoir peur des remises en cause permanentes que cela implique ».
Fascinée par les explorateurs et les « bâtisseurs », les défricheurs, elle n’en reste pas moins très « paysanne » dans certaines réactions. Champenoise par son père et alsacienne par sa mère, elle a reçu de ses grands-parents maternels viticulteurs, pour qui elle avait une véritable admiration, le sens du travail et de la rigueur. Elle y apprend également le bon sens - « l’économie coûte cher quand elle est mal pilotée », précise la présidente - et le sens des responsabilités.
Malgré tout, elle a su préserver l’équilibre entre sa vie professionnelle et familiale - elle a deux enfants de 31 ans, des jumeaux - et aujourd’hui encore, elle partage son temps, non plus entre deux situations, mais entre deux villes, Paris et Lyon. En phase d’intégration progressive, elle profite de plus en plus de la vie lyonnaise, appréciant les rencontres et que le boulanger « me reconnaisse, me considérant enfin d’ici », précise-t-elle dans un sourire.
A bientôt 59 ans, avec un mandat de cinq ans qu’elle compte mener à terme, il est très probable que ce poste soit le dernier de sa longue carrière. En attendant, elle ne veut pas juste « s’asseoir dans le fauteuil de présidente » mais compte bien s’impliquer dans chaque projet. Loin de se contenter de suivre les lignes, elle regarde droit devant, ne cessant chaque jour d’être une architecte.

S.B.



À lire également


Réagir à cet article

Message déjà envoyé Adresse e-mail non valide