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Le débat d'orientation budgétaire à Feurs, face à la rigueur

Loire le 24 novembre 2015 - Louis Thubert - Politique - article lu 329 fois

Le débat d'orientation budgétaire à Feurs, face à la rigueur
Louis Thubert - Jean-Pierre Taite et Paul Triomphe.

Lors du conseil municipal le 23 novembre dernier, les conseillers ont principalement parlé du débat d'orientation budgétaire, qui définit les grandes lignes du budget de la ville pour l'année qui vient, dans un contexte de contraction des recettes.

Une minute de silence, en hommage aux victimes des attentats du 13 novembre. Le conseil municipal de Feurs s'est présenté uni au début de la séance du 23 novembre. L'opposition n'a pas désarmé, décidée à faire entendre ses différences. Le premier point à l'ordre du jour était, comme la loi le stipule, le débat d'orientation budgétaire qui donne les grandes lignes pour le budget communal de l'année 2016. « Notre première priorité c'est de ne pas augmenter les taux d'imposition. La deuxième, c'est d'éviter le recours à l'emprunt quand c'est possible. La troisième priorité, c'est de poursuivre notre soutien aux associations. Enfin, nous voulons continuer à maîtriser nos coûts de fonctionnement » a déclaré, en guise d'introduction, le maire Jean-Pierre Taite.

Baisse de la DGF

Paul Triomphe, adjoint en charge des finances, a commencé par rappeler le contexte économique et surtout le déficit de l'Etat, « de  72 Md€ pour 2016 ». L'élu a ensuite doctement expliqué les notions de dette, de déficit et d'encours de la dette par habitant. Pour cette dernière notion, il s'agit de la somme que chaque personne devrait payer pour rembourser immédiatement les dettes (avec les intérêts) d'une collectivité. L'encours par habitant de Feurs s'élève à 216 €, contre 860 € pour les villes de la même strate et 30 000 € pour la dette de l'Etat français.

Toutefois, tout n'est pas tout rose dans l'avenir financier de la Ville. La Dotation globale de fonctionnement (DGF), c'est à dire l'argent que l'État donne à la Ville pour la bonne marche des services communaux diminue. En 2015, cette somme était de 764 955 €, et en 2016 elle passe à 574 000 €. « Il y a une baisse de 5,2 % des recettes de fonctionnement depuis 2013, déplore Paul Triomphe. Il faut que les dépenses de fonctionnement n'augmentent pas. » La politique tarifaire des services municipaux pourrait évoluer, l'adjoint aux finances ayant déclaré : « Il faut bien évaluer le coût des services (tarifés, Ndlr) pour l'usager ». Dans un contexte de rigueur budgétaire et de baisse de recette, l'évolution de ces tarifs ressemblerait sans doute à une augmentation. La Ville tient par contre à maintenir son niveau d'investissement, avec entre autres 500 000 € pour l'éclairage public, 715 000 € pour la voirie, 580 000 € pour des investissements sportifs...

L'opposition n'est pas restée de marbre à la fin du débat d'orientation budgétaire - même si ce dernier ne donne pas lieu à un vote. Charles Perrot, du Rassemblement Bleu Marine, a encore déploré « l'augmentation des bases de 0,9 %, alors que l'érosion monétaire à quoi doit correspondre l'évolution de ces bases d'imposition est nulle ». Un argument déjà utilisé précédemment, qui n'a pas empêché Charles Perrot de saluer les « efforts de gestion »  de P. Triomphe. Johann Cesa du groupe Génération Feurs, lui, a regretté que l'accent soit mis sur la baisse de la DGF sans qu'il soit question de la dotation d'équipement en territoire rural (DETR) - dans ce cadre, 75 000 € ont déjà été versés par l'Etat pour l'Espace Maurice Desplaces. « Sur les projets à venir, on a pas encore fait de demande », a indiqué Jean-Pierre Taite, qui compte solliciter la DETR pour des travaux d'accessibilité de la mairie.

Le quartier de la gare rénové ?

Vincent Rémy, représentant de l'Etablissement public foncier de l'Ouest Rhône-Alpes (Epora) a présenté sa structure et les possibilités de réhabilitation du quartier de la gare. Le constat est sévère : « il y a déjà une friche industrielle, des bâtiments en mauvais état, une forte probabilité de pollution des terrains, de la présence d'amiante ... » même si Vincent Rémy, a souligné le caractère intéressant de certains éléments de patrimoine industriel. Une fois acquis, dépollué et réhabilité par Epora, le quartier pourra accueillir des projets immobiliers. « Il faut imaginer ce que sera la ville de Feurs dans 15 ou 20 ans », a précisé Jean-Pierre Taite.

Renforcement des équipements de la police municipale

Les policiers municipaux de Feurs seront équipés de gilets pare-balles, mais les élus membres du FN ont profité du conseil pour demander leur armement en « pistolets 357 magnum », selon les propres mots de Charles Perrot. Sophie Robert, appuyé par ce dernier, a lancé : « Vous proposez des gilets pare-balles, mais ça sert à quoi si les policiers ne peuvent pas se défendre ? » Tout en soulignant que Laurent Wauquiez, candidat Les Républicains pour les élections régionales, proposait 10 M€ pour équiper les policiers municipaux en armes à feu. Jean-Pierre Taite, tête de liste ligérienne sur la liste de Laurent Wauquiez, a maintenu qu'il ne « souhaitait pas » armer la police municipale forézienne.



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