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Clusters : la Région fait ses comptes

Rhône le 31 juillet 2014 - La Rédaction - Actualités - article lu 3492 fois

Clusters : la Région fait ses comptes
(D.R.)

Rappelez-nous les motivations de la Région pour soutenir des filières dans le cadre des clusters ? Nous avons constaté que pour accompagner efficacement les entreprises et les emmener sur les chemins de l’innovation et de l’international, il fallait partir de leurs préoccupations et de leurs marchés.

Rappelez-nous les motivations de la Région pour soutenir des filières dans le cadre des clusters ?

Nous avons constaté que pour accompagner efficacement les entreprises et les emmener sur les chemins de l’innovation et de l’international, il fallait partir de leurs préoccupations et de leurs marchés. En France, nous avons la fâcheuse habitude de faire beaucoup de recherche académique en espérant qu’elle se diffuse dans les entreprises. Mais ça ne fonctionne pas. En 2004, j’ai été convaincu par la démarche de développement économique que nous avions découverte en Catalogne avec la création des clusters. On part du terrain, des entreprises, et on construit des actions utiles. C’est comme ça que sont nés les premiers clusters rhônalpins comme Aerospace et Automotive.

Dix ans après, l’outil a-t-il répondu à vos attentes ? Quel bilan tirez-vous pour les filières concernées et l’économie locale ?

Quelque temps après, l’Etat a rejoint notre démarche et a créé les pôles de compétitivité. Rhône-Alpes a connu un réel succès car les acteurs ont su travailler en réseau et se déployer. Ainsi, le cluster Eco-énergies a été un bon support de réflexion pour créer le pôle de compétitivité Tenerrdis. Nous avons constaté que les entreprises ont gagné en compétitivité et qu’elles ont bénéficié de business supplémentaire. Avec le cluster Aerospace, les entreprises locales ne sont plus de simples sous-traitantes de rang 3. Elles vendent aujourd’hui leurs solutions innovantes aux grands groupes mondiaux.

La Région vient de terminer l’évaluation de ses douze clusters. Sur quels critères ?

Cette évaluation a été réalisée par le cabinet indépendant Inno TSD basé à Sophia-Antipolis et agréée par la Commission européenne. Parmi les critères étudiés, nous pouvons citer sa gouvernance, son modèle économique, ses finances ; ses axes de développement stratégiques avec notamment sa capacité à travailler en réseau ; ses innovations tournées vers les usages et non pas uniquement technologiques ; son soutien à l’entrepreneuriat ; ses relations avec les partenaires institutionnels…

Quel a été le résultat ?

Neuf ont vu le label de la Région confirmé : Aerospace, Automotive, Eco-énergies, Edit, I-care, Lumière, Montagne, Organics et Sporaltec. Imaginove était à la fois cluster et pôle de compétitivité. Cela ne change rien dans notre soutien. Par contre, l’évaluation pour Allira et Logistique a été négative.

L’agroalimentaire et la logistique sont deux filières de poids en Rhône-Alpes. Que va-t-il se passer pour elles ?

Allira avait déjà fusionné avec R3AP et le PEA-Critt, c’est donc une nouvelle structure qui est en place pour l’agroalimentaire. En ce qui concerne Logistique, un pôle qui ne s’était pas bâti à l’initiative de la Région mais de la filière, il a été intégré à LUTB. Il n’a pas dépassé les 50 adhérents et nos financements n’ont cessé de diminuer faute de projets. Nous avons constaté un problème de gouvernance avec un travers qui a précipité sa chute : le cluster Logistique s’était enfermé dans une démarche très institutionnelle qui l’a desservi. Cette filière sert tout le reste de l’économie locale. Les entreprises ont besoin d’une logistique performante qui doit répondre à des enjeux environnementaux. Dans le contrat de performance renouvelé avec LUTB, il est mentionné que ce secteur de la logistique lui reviendra afin qu’il puisse bénéficier de tous les moyens de LUTB. La question de la logistique ne sera pas abandonnée par la Région mais quand on gère l’argent public, il faut rendre des comptes.

Quelle feuille de route avez-vous donné aux clusters auxquels vous avez renouvelé votre confiance ?

Une convention a été signée pour trois ans. Ils devront favoriser le développement des entreprises de leurs filières, les aider à innover, à exporter, à intensifier les relations inter-entreprises, à travailler la question des ressources humaines et de la montée en compétences des salariés. Nous souhaitons également inciter les clusters et pôles de compétitivité à travailler ensemble, à l’image du projet qui a abouti grâce à la collaboration d’Imaginove, Lyonbiopôle et I-care. Ensemble, ils ont mis au point un système ludique pour régler les implants auditifs des enfants.

Propos recueillis par Stéphanie Polette



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