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Clextral veut bâtir son usine du futur dans l’Ondaine

Loire le 15 février 2014 - Denis Meynard - Actualités - article lu 1874 fois

Clextral veut bâtir son usine du futur dans l’Ondaine
Georges Jobard estime que le projet porté par Clextral et Aubert & Duval constitue une opportunité pour l'Ondaine, durement frappée par la crise (© Denis Meynard)

Georges Jobard aime rappeler que l’entreprise qu’il préside est devenu leader mondial dans les domaines de l’extrusion bi-vis, avec des applications industrielles diverses, « grâce à la démarche d’innovation et d’internationalisation engagée depuis plusieurs décennies ».

Ce qui permet aujourd’hui à la PME de 265 salariés, dont 220 sont basés à Firminy, de vendre ses réalisations dans 89 pays, pour plus des trois-quarts à l’export.
Tout en poursuivant sur cette lancée, en ne cédant donc pas aux sirènes d’une vision à court terme, le PDG veut s’attaquer à un autre volet qui n’était pas la priorité de ces dernières années : « nous souhaiterions aussi travailler sur le design de l’entreprise, y compris dans sa dimension immobilière, pour nous mettre aux standards de nos principaux concurrents européens », explique-t-il.
Ses deux sites de l’Ondaine ne constituent pas actuellement une vitrine flatteuse pour Clextral, l’entreprise qui veut faire évoluer les choses dans le cadre de son projet d’entreprise baptisé Horizon 2020. Et ce d’autant plus que l’environnement industriel environnant a parfois tendance à se dégrader lorsqu’il est laissé à l’abandon. Comme cela s’est produit avec l’incendie qui a récemment frappé une partie des anciennes installations du suédois Akers, à Fraisses.
Une opportunité a vu le jour au dernier trimestre 2013 avec la confirmation de la fermeture du site Aperam Precision, situé en limites des communes d’Unieux et de Firminy. Ce groupe qui a stoppé sa production d’inox ultra-fin a l’obligation de financer la dépollution des quelque 4,5 ha de terrains, dont la moitié bâtie, qui sont en train de devenir des friches. « Il a aussi le souci de participer à la réindustrialisation du bassin », affirme Georges Jobard.
Clextral a donc fait savoir aux pouvoirs publics et aux acteurs économiques de la région qu’il était intéressé par cet espace libéré pour y regrouper ses activités sur un seul site moderne. Avec à la clef un gros investissement, qu’il est actuellement trop tôt pour chiffrer. Cette démarche a été engagée en concertation avec son voisin Aubert & Duval, actuellement en phase de restructuration mais qui souhaite maintenir une activité sur place, en améliorant son process industriel. Dans cette optique, deux réunions ont été organisées ces derniers mois avec les différents acteurs concernés, sous l’égide de la préfète de la Loire, Fabienne Buccio.
« Mais pour nous, cela n’a pas de sens de rester au milieu de friches industrielles », explique Georges Jobard qui veut capitaliser sur les capacités d’expertise de Clextral, en développant « de la formation, via la création d’une Académie des experts ». Il aimerait par ailleurs voir émerger localement des activités de service liées à l’accueil (hôtellerie, restaurant) qui pourraient aussi bénéficier de la présence du site touristique Le Corbusier.
Le chef d’entreprise ligérien, par ailleurs président national du Fonds pour l’innovation dans l’industrie (F2I), s’adresse donc à tous ceux qui seront en responsabilités dans les différentes collectivités territoriales, après les élections de mars prochain, ainsi qu’au Département et à la Région, pour savoir s’ils sont prêts à accompagner cette reconversion de grande envergure. Dans l’immédiat, l’Etablissement public foncier de l’Ouest de Rhône-Alpes (Epora) va réaliser une étude de faisabilité et animer un comité de pilotage autour du projet.

Denis Meynard



Firminy ou Rennes

« Pourquoi reçoit-on des aides quand on change de département ou de région, et pas dans le cas contraire ? », s’interroge Georges Jobard. Parmi les multiples innovations mises au point au sein de Clextral figure un nouveau procédé de fabrication d’équipements de séchage de protéines de lait à forte valeur ajoutée. Baptisé EPT (Extrusion Porosification Technology), il est présenté comme plus performant et plus économe en énergie que les traditionnelles tours de séchage de lait qu’il ambitionne de supplanter. Clextral a signé une licence de commercialisation avec un organisme de recherche australien en vue de sa commercialisation sur la zone Asie et Pacifique. Son PDG estime que la plate-forme d’essais pour l’Europe, qu’il prévoit d’ici 2015 (un investissement de 5 M€), « pourrait finalement voir le jour à Firminy ». Jusqu’alors, son implantation était plutôt envisagée en Bretagne, au coeur de la production laitière française.



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