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Cinéma : « L'Art de la Fugue »

le 15 mars 2015 - Eric SéVEYRAT - Cinéma - article lu 202 fois

Cinéma : « L'Art de la Fugue »
DR - Agnès Jaoui et Laurent Laffitte

Ce qui ressort de l'Art de la Fugue, c'est l'ennui et la déception. Une phrase discrète dans le générique de fin du film de Brice Cauvin, est une citation de Jacques Rivette : « Le film n'est jamais que l'histoire de ses conditions de production. » On se sent très loin de Rivette.

On voit bien ce qu’a voulu dire Cauvin,  ce délitement des relations amoureuses contemporaines. Les couples se cherchent, se défont, les individus n’arrivent plus à rester ensemble à long terme. Deux divorces sur trois en ville, un sur deux à la campagne.

« L’art de la Fugue » semble faire illustration d’une enquête de l’Insee dans les classes moyennes citadines. Les acteurs sont tous exceptionnels, Agnès Jaoui au-dessus-du lot, qui porte ce film poussif. Avec son caractère à la « Magnani », elle éclaire les séquences les plus ennuyeuses. Pourtant l’idée de ces trois frères pieds nickelés de l’amour est intéressante, mais un peu trop archétypiques pour y croire (un homo, un coureur de jupons, un casanier dépressif). L’intérêt du film repose sur son casting de Rolls Royce, avec une éternelle Marie-Christine Barrault très en forme, un Guy Marchand drôle en papa cardiaque.

Le couple Laffitte-Putzulu à l’écran est plutôt bien réussi, mais pourquoi avoir tout centré sur le personnage de Laurent Laffitte, alors qu’on brûle d’en savoir plus sur les autres, Bedos en business man amoureux, Biolay en divorcé malheureux ? Le film dresse un portrait de ses contemporains fort sympathique, mais sans véritable enjeu. L’art de la fugue ok, parce que personne n’ose s’engager dans la vie, alors que les parents se sont engagés eux, pendant 40 ans, dans une vie de couple sans grand intérêt ? C’est une thèse de sociologie.

On attend les plans intéressants tout le long du film. Si, peut-être eut-il fallu développer l’idée de ces personnages « prétextes » sans texte, qui n’ont pas de répliques, comme Mathilde (Irène Jacob), la maitresse de Louis (Bedos) qui ne parlent pas. Un film prétexte ? Mais pourquoi ?
Eric Séveyrat
« L’Art de la Fugue », de Brice Cauvin, avec Laurent Laffitte, Agnès Jaoui, Nicolas Bedos, Benjamin Biolay, Guy Marchand, Marie-Christine Barrault…

http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19551180&cfilm=201225.html



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