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Cinéma : Birdman "Mourir sur scène"

le 10 mars 2015 - Eric SéVEYRAT - Cinéma - article lu 186 fois

Cinéma : Birdman "Mourir sur scène"
DR - Michael Keaton

« Moi je veux mourir sur scène… ». Dalida l'a chanté, Innaritu (« 21 grammes », « Babel »…) l'a filmé. Il n'y a là rien d'infâmant, au contraire. L'embêtant, c'est que le film aux 4 Oscars, malgré ses indéniables qualités : sincérité, engagement, direction d'acteur, filmage a aussi de gros défauts… ceux de ses qualités. Détails.

Alors que l’on se croirait dans le premier tiers du film, dans une version contemporaine de « Opening Night » de Cassavetes, référence inégalée, on dérive ensuite dans la version théâtre de « Birdy » (Alan Parker), non sans passer par une sorte de vrai-faux « Dernier Métro » (Truffaut).

Pour se complaire ici dans les correspondances, on pense aussi à « All That Jazz » de Bob Fosse . Pourtant, tout partait bien, dans un mélo comme on les aime en Europe, et en France particulièrement sur les affres de la création, de l’enfantement dans la douleur d’une œuvre de mise en scène de théâtre, et la carrière à rebondissements d’un looser du cinéma.

Avec des scènes drôles et osées (l’acteur qui ne peut bander que lorsqu’il est sur scène (Edward Norton). Le côté paradoxal, c’est que l’on apprend que le monde du spectacle outre-Atlantique a les mêmes tics que ceux qui sont reprochés au cinéma en France. Par exemple, on colle des étiquettes aux acteurs : celui-ci est un comique, celui-ci est fait pour les films d’action etc. C’est ce qui fait souffrir par-dessus tout Riggan Thomson, ancienne star du blockbuster « Birdman » 1,2, 3…20 ans auparavant (Michael Keaton, 63 ans, lui-même ayant joué Batman en 1989). Riggan veut fait du théâtre, du vrai, mettre en scène du Raymond Carver sur Broadway, et le jouer.

On n’est plus à Malibu, à New-York, les journalistes citent Roland Barthes. La caméra est à l’épaule, la première moitié en est presque  gâchée, comme si on avait fixé une GoPro sous le nez des acteurs. Le film est en tension du début à la fin, c’est le point positif. Le mélange du « paranormal » avec le reste déroute un peu (Riggan a le pouvoir de déplacer les objets à distance).

Le combat avec la critique assassine et toute-puissante du New-York Times est un peu loupé : (« Tu ne prends jamais de risque avec tes critiques… ») . Ben si justement, elle prend le risque de se faire casser la figure par le metteur en scène mécontent d’un mauvais papier.
 

Eric Séveyrat

Birdman ou (la surprenante vertu de l'ignorance), de Alejandro González Iñárritu avec Michael Keaton, Zach Galifianakis, Edward Norton, Emma Stone, Naomi Watts, Lindsay Ducan…

bande annonce

http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19550298&cfilm=216633.html



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