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Cinéma : Poor lonesome American Sniper !

le 19 février 2015 - Eric SEVEYRAT - Cinéma - article lu 416 fois

Cinéma : Poor lonesome American Sniper !

Avec démagogie et génie, Clint Eastwood a réussi à diviser l'Amérique (Chris Kyle est-il un héros ?). Le film divise aussi sur ses qualités, c'est plus embêtant. Explications.

American sniper qui « cartonne » dans les boxes-offices (350 M$ de recettes en salles rien qu’aux US pour 66 M$ seulement de budget) est une histoire de guerre, avec un angle original sur le biopic  d’un personnage, mort en 2013, qui a marqué les foules outre-Atlantique, Chris Kyle.

Le défaut du film est que le grand Clint a voulu faire « grand public ». La vision yankee un brin manichéenne gène un peu aux entournures au pays de De Gaulle. Même si l’inspecteur Eastwood décortique la « légende » du cow-boy comme un crustacé, depuis les éperons jusqu’au stetson. Il y a sniper et sniper. Un American sniper est un bon sniper. C’est « un berger capable de tuer des loups, pour défendre les brebis » (sic). Et ce filou d’octogénaire de Clint Eastwood, réussit à déchirer la planète US. La guerre d’Irak vue par la petite lorgnette (le viseur de Chris) montre tout  et débute par des tirs fatals et « justifiés » (« ils allaient tuer des nôtres ! ») sur un enfant et une jeune femme (faits réels). L’armée américaine le crédite de 160 morts par balle au bout de son fusil ultra sophistiqué comme dans un jeu vidéo, mais la réalité serait plus proche de 300.  Chris Kyle (excellent Bradley Cooper) rentre donner le biberon à ses rejetons au Texas entre deux « Opex » en Irak où il flingue à tout-va. Mais dans la tête il n’est bien nulle part.

American sniper est somme toute, une bluette (tournée en décor au Maroc), par rapport aux images documentaires bien réelles de Oms (Syrie) en 2013-14, autrement bouleversantes et plus efficaces pour dégoûter de la guerre, vues dans Eau argenté d’Ossama Mohammad (lire notre édition du 9 janvier). « American sniper » a redonné du baume au cœur à bien des vétérans humiliés, embringués jadis par Bush dans une guerre de n’importe quoi. Vu sous cet angle, c’est imparable ! Bravo Clint.

Eric Séveyrat

 



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