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Cinéma : Under the skin, 100 % humain

le 12 juillet 2014 - Eric Séveyrat - Cinéma - article lu 917 fois

Cinéma : Under the skin, 100 % humain
Scarlett Johansson (D.R.)

Comme une prostituée pratiquant son métier avec sa camionnette, Scarlett Johansson (Laura), erre dans les banlieues et les campagnes à l'affut de certains amants, de préférence des hommes seuls, qu'elle entraîne vers une disparition certaine.

L’intérêt esthétique du film de Jonathan Glazer est fait d’une pincée d’effets spéciaux et d’une grosse louche de poésie, de sensualité inquiétante, servie par la plastique et le talent de Scarlett Johansson.

Avec le même sens de la marginalité qu’une Béatrice Dalle, Johansson porte le film, et l’habite jusqu’au bout. Toutes les métaphores du désir sont traitées par Glazer, à qui on a pu reprocher une esthétique de clip vidéo, ce qui ne gêne pas du tout dans Under the skin. Le réalisateur de clips de Massive Attack, Blur, RadioHead, ou Jamiroquaï (pas les plus mauvais non plus !) a aussi signé les films Sexy Beast (2000) et Birth (2004). Le tracé du motard étrange qui ramasse les cadavres laissés çà et là sur les routes ajoute encore des questions à la longue liste qui hante le spectateur, qui est-il, d’où vient-il, que fait-il ? Le sort des pauvres bougres « dévorés » par « la chose » contraste avec l’étonnant bien être cotonneux dans lequel ils finissent tous, comme dans une sorte d’immense utérus, plein de liquide visqueux .Ils semblent vivre sans souffrir jusqu’à se dissoudre comme dans un bain d’acide. Hélas la belle extra-terrestre, qui agit sans méchanceté, sera rattrapée par la connerie des mecs.  La perversité et la brutalité du désir masculin reprend le dessus dans le film et, tout comme dans l’excellente série suédoise Real humans, c’est lorsque les robots (en l’occurrence une extraterrestre) commence à ressentir des sentiments humains, que cela se corse, et que ça tourne mal. Est-ce que cela finit mal ? Pas sûr…

L’étrangeté du silence et la beauté du visage de l’actrice, sur laquelle le cinéaste a complétement craqué, confinent à la métaphysique. Glazer filme Johansson comme Léonard a dû peindre sa Mona Lisa, ou Manet son Olympia. Elle incarne de nombreux mystères, pas seulement ceux de la femme. A voir.

Eric Séveyrat

Under the skin de Jonathan Glazer, avec Scarlett Johansson


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